
• Les États membres du Conseil de coopération du golfe ont déposé, le 7 avril 2026, un projet de résolution (S/2026/273) devant le Conseil de sécurité. Ce texte proclame que la République islamique d'Iran n'a aucun droit de fermer le détroit d'Ormuz - ou celui de Bab el-Mandeb - à la navigation internationale ni de priver les peuples du monde de ces ressources essentielles à la vie. Le texte n'a pas été adopté, la Russie et la Chine y ayant opposé leur veto.
• La délégation chinoise a dénoncé un texte déséquilibré, qui "ne condamne qu'une partie" au lieu d'identifier "les causes réelles du conflit" et d'œuvrer au dialogue et à la paix. "Les États-Unis et Israël sont les instigateurs de ce conflit et nous les exhortons à faire cesser immédiatement leurs opérations militaires", a-t-elle lancé, avant de demander à l'Iran de ne plus s'attaquer aux pays du Golfe et à tenir compte des intérêts des pays du Sud.
• "Il est inadmissible d'ignorer la cause première de la crise au Proche-Orient", a renchéri la délégation russe selon qui le texte écarté visait à "donner carte blanche à la poursuite des actions agressives et à une nouvelle escalade", au moment où le président des États-Unis "menace de détruire l'Iran si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert". L'adoption d'une telle résolution "unilatérale" aurait compromis toute perspective de reprise du processus de négociation et fait obstacle aux initiatives de paix menées actuellement par des États tels que la Chine, le Pakistan et la Türkiye. Notant que la question de la sécurisation du détroit d'Ormuz "ne peut être résolue qu'avec la participation de tous les pays riverains bordant cet important corridor de transport", y compris l'Iran, elle a indiqué que le projet alternatif russo-chinois soulignera que la garantie d'une véritable liberté de navigation dans le détroit "ne peut être obtenue que par la cessation des hostilités et la conclusion d'un accord négocié".
• Dénonçant un texte "indéfendable", dont "l'objectif est de laver les crimes de guerre commis par les États-Unis et Israël contre l'Iran", la délégation iranienne a affirmé que les "actes licites" pris par son pays dans le détroit d'Ormuz l'ont été en plein respect de la Charte des Nations unies et du principe de légitime défense. "Actuellement, le détroit reste ouvert, sauf aux navires associés aux agresseurs", a-t-elle maintenu.
Cet article est extrait du numéro 170-171 de "Voltaire, actualité internationale". Le monde change vite. Abonnez-vous à notre lettre confidentielle hebdomadaire ; une source exceptionnelle d'information sur la transition vers un monde multipolaire.