10/04/2026 french.presstv.ir  5min #310620

Le démenti d'Epstein par Melania Trump a sidéré les médias américains

Dans une déclaration publique, Melania Trump, épouse du président américain, a prétendu n'avoir eu aucun lien avec le délinquant sexuel, Jeffrey Epstein. Cette déclaration a déconcerté Washington et les médias américains, attisant le feu du scandale alors que la Maison-Blanche est déjà aux prises avec de lourdes crises internes et internationales.

Prenant la parole pendant moins de six minutes à la Maison-Blanche, la Première dame américaine a dit : "Je ne suis pas une victime d'Epstein. Epstein ne m'a pas présentée à Donald Trump".

Cette prise de parole non programmée, du même endroit où son mari s'était récemment exprimé sur l'agression contre la République islamique d'Iran, n'a pas semblé répondre à une urgence particulière, selon les observateurs.

En effet, aucun regain de spéculations sur d'éventuels liens entre Melania Trump et Jeffrey Epstein n'avait été constaté ces derniers jours.

Dans sa brève déclaration, Melania Trump est aussi revenue sur un échange d'emails datant de 2002 avec Ghislaine Maxwell, alors complice emprisonnée d'Epstein. Elle a minimisé pourtant ce message, le qualifiant de "correspondance banale" et de "note insignifiante". Elle avait toutefois signé l'email "Love, Melania", tandis que Maxwell ouvrait sa réponse par le surnom affectueux "Sweet pea".

La stupeur était immédiate, et ce, de tous bords politiques

Jacqui Heinrich, correspondante à la Maison-Blanche pour la chaîne d'information Fox News, a affirmé à l'antenne que son équipe était perplexe : "Nous cherchons à comprendre pourquoi elle a fait ça aujourd'hui. Ça nous a vraiment semblé venir de nulle part".

"J'ai contacté tous les noms de mon téléphone, même le président, sans obtenir la moindre explication", a-t-elle ajouté.

De plus, le New York Post, tabloïd pro-Trump appartenant à Robert Murdoch, a partagé la confusion : "On ne comprend pas pourquoi la Première dame a choisi ce moment pour organiser cette conférence de presse, alors que la Maison-Blanche cherche à tourner la page de l'affaire Epstein", a écrit le journal.

Malgré la volonté affichée de Melania Trump de prendre ses distances par rapport au scandale, le président américain a effectivement côtoyé Epstein durant une période de près de vingt ans. Les deux hommes avaient été photographiés à Mar-a-Lago en 2000.

Donald Trump lui-même avait salué Epstein lors d'une interview en 2002, le décrivant comme "très agréable". Il avait ajouté : "Il n'y a pas de doute - Jeffrey aime beaucoup sa vie sociale".

Le moment choisi par Melania Trump pour faire cette déclaration est d'autant plus énigmatique que Washington est accaparé par sa guerre en Iran sans atteint ses objectifs, tandis que certains soutiens du président Trump se mettent à prendre leurs distances à cause des accusations de crimes de guerre. C'est dans ce contexte que la récente déclaration de la Première dame ramène le scandale Epstein au premier plan.

James Sample, professeur de droit américain, a livré une analyse contrariante : "La guerre qui avait relégué l'enquête sur le dossier Epstein aux faits divers depuis cinq semaines se passe si mal que la Première dame se sent obligée de faire une déclaration impromptue sur l'affaire Epstein -une affaire dont l'administration voulait tant se débarrasser. Ils l'ont remise toutefois à la table en pleine guerre internationale, alors qu'il y a 48 heures, le président menaçait de détruire toute une civilisation".

"En moins de 48 heures, nous sommes passés de la menace de crimes de guerre à une tentative de distraction", a poursuivi James Sample en faisant référence à la virulente attaque verbale de Donald Trump contre la civilisation iranienne. Dès mardi, cette menace a été qualifiée de "génocidaire" et considérée comme "crime de guerre".

À noter que les États-Unis et le régime israélien ont lancé le 28 février une guerre non provoquée contre la République islamique d'Iran. Ils ont tué en martyr le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que plusieurs hauts responsables et commandants militaires et des civils.

Au cours de l'une des attaques les plus meurtrières, les forces américaines ont pris pour cible une école primaire dans la ville de Minab, dans la province de Hormozgan (sud), ce qui a causé le martyre de 170 personnes, majoritairement des enfants.

Cependant, des opérations de représailles ont été menées avec puissance par l'Iran contre les intérêts américains et israéliens. L'Iran a également exercé son contrôle sur le détroit d'Ormouz, forçant ainsi Washington à accepter la proposition de cessez-le-feu en dix points de Téhéran, des discussions étant prévues ce week-end à Islamabad, capitale du Pakistan.

"Une bonne façon de faire diversion"

Dans ce contexte, la confusion autour de la gestion par l'administration américaine du scandale autour du dossier Epstein alimente les spéculations sur une instrumentalisation de la politique étrangère comme écran de fumée.

Le podcasteur Joe Rogan a récemment établi un lien direct entre ces deux crises, suggérant que la guerre en Iran a été intentionnellement intensifiée pour détourner l'attention de l'opinion publique américaine de l'affaire Epstein.

Au micro de l'humoriste Arsenio Hall sur son podcast, Rogan a évoqué les menaces proférées par Donald Trump de faire poursuivre les journalistes qui enquêtent sur la guerre en Iran, alors que personne ne serait inquiété pour les révélations liées à l'affaire Epstein.

Arsenio Hall a acquiescé, et a qualifié, pour sa part, ce revirement diplomatique de "technique classique de diversion".

"C'est simple, les dossiers Epstein sortent [...] et soudain, on part en guerre contre l'Iran, et c'est une bonne façon de détourner les conversations sur certains sujets", a ajouté Rogan.

Faisant un parallèle avec 1998 -quand le président Bill Clinton avait ordonné le bombardement de l'Irak alors qu'il était au cœur du scandale Lewinsky-, Joe Rogan a ironisé sur les discussions internes de la Maison-Blanche : "Il faut les distraire, ça devient trop compliqué".

Les critiques de Rogan -pourtant réputé d'être proche de Donald Trump- ont fait écho à un malaise croissant au sein de la base populaire du président américain. Beaucoup de partisans du camp "America First" expriment vivement leur opposition à une nouvelle guerre en Asie de l'Ouest et leur frustration face aux promesses non tenues de transparence sur l'affaire Epstein.

Cette théorie semble séduire de plus en plus l'opinion publique américaine. D'après les résultats d'un sondage mené le 11 mars par Drop Site, Zeteo et Data For Progress, 52% des 1 272 personnes interrogées ont estimé que la guerre en Iran était, tout au moins en partie, conçue pour détourner l'attention du scandale autour du dossier Epstein.

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