
C'est avec un très grand plaisir que nous accueillons aujourd'hui Christian Vélot, biologiste français reconnu. Docteur en sciences biologiques et médicales et généticien moléculaire à l'Université Paris-Saclay, ce pédagogue hors pair ose toujours imposer son indépendance d'opinion quoi qu'il puisse lui en coûter. Ses prises de parole pendant la COVID auront éclairé la réflexion de millions d'Européens. Il a pris le temps de rédiger cet article uniquement par sympathie pour nous. Son temps étant si compté que nous tenons à lui témoigner ici toute l'étendue de notre gratitude. Du neuf sur les perturbateurs endocriniens, à part une certaine indifférence générale ? Voyez vous-même. Bonne lecture...
AIMSIB
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par Dr Christian Velot
Introduction
Notre environnement se caractérise aujourd'hui - et depuis plusieurs décennies - par la présence inquiétante et quasi-généralisée de molécules de synthèse étrangères à la vie (xénobiotiques), rémanentes et dangereuses pour la santé, que l'on appelle des POP (polluants organiques persistants). Il s'agit pour la plupart de perturbateurs endocriniens (PE) dont on entend beaucoup parler, mais pour lesquels rien n'est fait de la part des pouvoirs publics, tant pour empêcher leur présence et leur propagation que pour en limiter les effets néfastes.
Définition des perturbateurs endocriniens (PE)
La notion de PE a été introduite en 1991 par Madame Theo Colborn, zoologiste et épidémiologiste américaine, plusieurs décennies après que des biologistes aient alerté la communauté scientifique suite à des observations d'anomalies de l'appareil génital et de troubles de la reproduction de divers animaux exposés dans leur environnement à des polluants chimiques capables d'interférer avec les actions des hormones 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Theo Colborn donne alors à ces polluants le nom de "perturbateurs endocriniens", qu'elle définit comme toute substance ou mélange de substances entrainant des effets néfastes sur la santé de l'organisme qui y est directement exposé et/ou de sa descendance, en raison d'une altération de l'équilibre hormonal résultant de désordres de la fonction endocrinienne. Le système endocrinien est composé de l'ensemble des organes et glandes qui ont la capacité de relâcher des hormones dans le sang. Il comprend les ovaires, les testicules, les glandes thyroïde, parathyroïdes et surrénales, l'hypophyse, l'hypothalamus, le pancréas, ainsi que les cellules sécrétrices d'hormones situées dans le tube digestif, les reins, le cœur et le placenta.
Les PE comprennent notamment les bisphénols (constituants de plastiques), les phtalates (assouplissants de plastique) les parabènes (conservateurs), les composés perfluorés (agents réfrigérants, produits imperméabilisants, anti-taches...), les polybromodiphénylethers (retardateurs de flamme), de nombreux pesticides (insecticides, herbicides, fongicides etc.), les PCB (contaminants des eaux, très persistants et s'accumulant dans les poissons), les dioxines (rejetées principalement par les incinérateurs de déchets), certains métaux lourds (mercure, plomb, cadmium etc.).
PE et maladies chroniques
De nombreuses études ont mis en évidence le lien entre des maladies dites "chroniques" - les fameuses "co-morbidités" dont on a tant entendu parler pendant la crise COVID mais contre lesquelles on n'a pour autant rien fait, le masque et le gel hydro-alcoolique n'y pouvant rien... - et l'exposition à des produits chimiques tels que les bisphénols 10, 11, le plomb 12, les pesticides 13, 14, les dioxines 15, les phtalates 16 et autres perturbateurs endocriniens. 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27
Ces maladies chroniques incluent les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l'obésité, les troubles neuro-dégénératifs, les anomalies de différenciation sexuelle et du développement...
Dès 2008, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alertait sur l'explosion des maladies chroniques alors responsables de 63% des décès dans le monde (soit 36 millions de morts) dont 29% avaient moins de 60 ans 28. On assiste notamment à une explosion des cancers 29, 30, 31, 32, 33 qui ont augmenté de 33% entre 2005 et 2015 34, ainsi que des maladies cardiovasculaires 35. En 2015, le cancer a causé plus de 8,7 millions de décès dans le monde et a été la deuxième cause de décès derrière les maladies cardiovasculaires. 36
Une particularité des PE est qu'ils sont, dans la grande majorité, lipophiles. Ils n'ont donc aucune difficulté à traverser la bicouche lipidique qui constitue la membrane de chacune de nos cellules (membrane plasmique), et vont s'accumuler dans nos tissus gras, et donc dans le cerveau dès lors qu'ils sont en capacité de franchir la barrière hémato-encéphalique.
Une autre caractéristique est leur très grande stabilité, qui en fait des molécules bio-accumulables : la dose absorbée aujourd'hui s'ajoute à celle absorbée hier, avant-hier, la semaine dernière, voire les années précédentes. C'est la raison pour laquelle la notion de DJA (Dose Journalière Admissible) n'a aucun sens pour les PE. Cette stabilité varie d'une famille de PE à une autre, voire d'un PE à un autre au sein d'une même famille. Les plus stables sont sans doute les PCB, dont la demi-vie (temps nécessaire pour qu'ils disparaissent à 50%) peut atteindre 2700 ans ! Le fait que la fabrication et l'utilisation de ces substances soient interdites en France depuis 1987 ne signifie donc pas que nous ne sommes plus concernés - et loin de là - par leur pollution. Leur large utilisation dans de nombreux secteurs a entrainé une contamination généralisée de l'environnement et notamment de tous les milieux aquatiques. Les poissons les accumulent par filtration et par consommation d'autres poissons. L'Humain est donc largement contaminé par les PCB à travers son alimentation.
Bien que les causes environnementales soient toujours multifactorielles, il est clair que les agents chimiques ayant des propriétés de perturbation endocrinienne, y compris de nombreux pesticides et autres polluants, ont joué - et jouent encore - un rôle important tant dans l'expansion des maladies chroniques humaines que dans le déclin de la biodiversité animale.
PE et influence sur l'environnement
La question que nous pouvons alors nous poser est de savoir pourquoi ces substances ont été et sont encore si facilement et si massivement autorisées à la commercialisation malgré leur dangerosité. L'une des raisons est que l'évaluation règlementaire n'est pas du tout adaptée à ces nouveaux polluants persistants que sont les perturbateurs endocriniens (PE). En effet, il ne s'agit pas de poisons classiques, et leurs propriétés font qu'ils peuvent aisément passer à travers les mailles de la toxicologie règlementaire (TR), laquelle n'est donc pas du tout adaptée à ces polluants.
- Premièrement, contrairement à un poison "classique", les PE n'ont évidemment pas les mêmes effets selon le sexe [10, 11, 16, 23]. Or la TR considère qu'une disparité des effets entre les rats (animaux sur lesquels sont en général réalisées ces études de TR) mâles et femelles est due à la variabilité naturelle des rats et non à la molécule testée.
- Deuxièmement, alors que les effets des PE ne sont pas toujours proportionnels à la dose testée 37, 38, 39, la TR s'appuie sur la fameuse formule de Paracelse - "C'est la dose qui fait le poison" - qui prédit donc que les effets doivent être proportionnels à la dose, c'est-à-dire que la réponse effet-dose doit donner lieu à une droite croissante (réponse monotone). Avec les PE, au contraire, la réponse effet-dose donne souvent une courbe en cloche ou une courbe en U. De plus, dans la TR, le nombre de doses testées est seulement de deux. Or par deux points passe nécessairement une droite. Si les deux doses choisies sont telles quel les effets générés sont du même ordre, la réponse sera alors une droite horizontale, laissant supposer que les effets sont indépendants de la dose. Si les deux doses choisies sont telles que la dose la plus forte donne des effets moindres (partie descendante de la courbe en cloche ou en U), alors la réponse obtenue sera une droite décroissante, laissant penser que les très fortes doses seraient peu nocives... Il faut donc au minimum trois doses pour révéler une réponse en cloche ou en U typique d'un PE.
- Troisièmement, les PE n'ont pas les mêmes effets selon la période à laquelle nous y sommes exposés : le développement embryonnaire et fœtal est la période de plus grande susceptibilité en termes d'exposition 40, 41. Si certaines conséquences peuvent être visibles dès la naissance (malformations génitales, variation de la distance ano-génitale, etc.), les effets sont souvent différés et n'apparaissent qu'à l'adolescence (puberté) ou à l'âge adulte, voire même aux générations suivantes, alors même que ces dernières n'ont pas été exposées à ces polluants 42, 43 (effets trans-générationnels). Cette transmission sur plusieurs générations à partir d'une exposition intra-utérine porte le nom de "mémoire fœtale", et repose sur des mécanismes épigénétiques, c'est-à-dire sur une perturbation de la capacité d'un certain nombre de gènes à s'exprimer ou au contraire à s'éteindre en réponse à des signaux extérieurs médiés par les hormones. La TR, telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui, est là encore incapable de déceler ces effets puisqu'elle consiste le plus souvent soit en des tests toxicologiques aigus qui durent trois mois chez des rats adultes, soit en des tests toxicologiques chroniques effectués pendant deux ans (vie entière des rats), mais rarement en des tests sur des rates en gestation, et encore moins avec analyse de la progéniture tout au long de leur vie et des générations suivantes. Selon les lignes directrices actuelles de la TR, les études sur les effets multi-générationnels se limitent à l'analyse de la fonction reproductrice après deux générations chez les rats ; et uniquement lorsque le produit chimique testé est censé être reprotoxique.
- Quatrièmement, nous sommes en général exposés non pas à un PE isolé mais à des mélanges. C'est notamment le cas des formulations commerciales de pesticides comprenant un principe actif déclaré et des "adjuvants" (co-formulants). Alors que la plupart des formulations commerciales sont plus toxiques que l'ingrédient actif déclaré 44, 45, seul ce dernier est évalué dans le contexte de la TR. Pour qu'un pesticide soit autorisé à la mise sur le marché, il suffit en effet que son seul principe actif déclaré le soit.
En outre, certains co-formulants se sont avérés être, en tant que tels, plus toxiques que l'ingrédient actif lui-même. C'est par exemple le cas dans les formulations du Roundup, de l'amine de polyoxyéthylène (POEA) et de l'alkylpolyglucoside (APG), lesquels se sont avérés être 250 fois plus perturbateurs endocriniens que le principe actif déclaré (glyphosate) lui-même. 46
Mais demain ?
Une révision totale de la toxicologie règlementaire est donc indispensable pour empêcher que de nouveaux représentants de cette immense catégorie de polluants n'entrent sur le marché et continuent à contaminer notre environnement et à impacter notre santé pour de nombreuses générations à venir.
Force est de constater que nous disposons dans notre pays d'un système de soins très performant mais, en revanche, d'un très mauvais système de santé. La santé est ce qui permet de ne pas avoir recours aux soins, c'est-à-dire de prévenir - ou plutôt d'empêcher - les pathologies. Mais le terme de prévention a été totalement galvaudé. Par exemple, on qualifie de prévention le fait de rechercher la présence de sang dans les selles, ou encore de faire des mammographies régulières. Or il ne s'agit là nullement de prévention mais de détection précoce. La prévention, c'est faire en sorte qu'il n'y ait pas de sang dans les selles ou de tumeurs mammaires. La prévention, c'est s'attaquer aux causes des maladies.
C'est notamment interdire tous les poisons - pesticides, métaux lourds et autres perturbateurs endocriniens - qui sont pulvérisés, disséminés dans notre environnement, et qui imprègnent l'air que nous respirons et les aliments que nous ingérons !
Mais cela demande du courage, notamment celui d'oser s'attaquer à tous les lobbys industriels et les intérêts économiques à court terme qui placent le profit au-dessus de la santé !
Conclusion
Alors qu'un certain nombre de décideurs viennent larmoyer sur les plateaux-télé à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre le cancer ou pendant Octobre rose, c'est sans sourciller que, dans les jours suivants, ces mêmes personnes promeuvent le recours à de tels poisons, comme on le voit encore actuellement avec la volonté de ré-autoriser des néonicotinoïdes dans le cadre de la funeste loi Duplomb.
Espérons que la justice permette aux générations futures d'obtenir réparation. C'est sans doute pourquoi - pour paraphraser Coluche - certains élus préfèrent mettre de l'argent dans les prisons que dans l'école, car à l'école, ils savent qu'ils n'y retourneront pas...
Dr Christian Vélot - Dr en Sciences biologiques et médicales, généticien moléculaire, Université Paris-Saclay
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