13/04/2026 dedefensa.org  9min #310903

Rapsit-Usa2026 : 'Civil War', Phase I

 Bloc-Notes  

Pour vraiment appuyer sur ce point crisique de l'actualité, et ainsi mettre en évidence son importance que nous estimons essentielle, nous nous attachons à la présentation d'un long commentaire d'un jeune "influenceur", Luke Touma, sur 'Mediate Actualités' le 12 avril , évidemment parfaitement interprété en français par l'IA (avec tous les soupçons de manipulation qui vont avec). Ce "point crisique", c'est la rupture interne au sein de MAGA, entre Trump et ses principaux soutiens sur leurs chaînes indépendantes, - ses "influenceurs" pro-trumpistes qui ont largement sinon majoritairement contribué à sa popularité et à son élection. Le commentaire de Touma intervient alors que Trump a publié un nouveau très, très long texte sur son 'Truth Social' attaquant à nouveau les mêmes cibles, toutes affectées et infectées d'un très bas QI.

La rupture s'est faite sur les questions de la publication des dossiers Epstein et de la guerre en Iran, deux crises qui trahissent directement les promesses de campagne de Trump, et toute la philosophie des mouvements qui souscrivent à MAGA, - les paléoconservateurs, les 'America Firsters', les isolationnistes antiwar, - bref, tout ce qui nourrit le populisme de droite aux USA (et ne déplaît pas au populisme de gauche).

C'est un "point crisique" à un "moment-charnière", estime Touma, parce que Trump, comme on le voit, ne démord pas de ses attaques contre tous ceux qui ont rompu ; ses attaques d'une façon grossière et bouffe, sa façon en un sens d'ailleurs souvent comique d'invraisemblance... Et les autres, les personnes visées, répondent vertement comme elles ont l'habitude de faire, et le climat ne cesse de se dégrader en renforçant leur opposition à un Trump de plus en plus furieux de leurs ripostes, et tout cela évidemment sur les réseaux sociaux, en plein éclairage de la communication "de guerre civile"... C'est la "guerre civile"-MAGA, la 'Civil War' dans sa première phase...

"La guerre civile Maga n'a jamais été aussi intense qu'en ce moment après que Donald Trump a publié un long message cinglant sur Truth Social la nuit dernière attaquant sans retenue Tucker Carlson, Megan Kelly, Alex Jones, Candace Owens et Marjorie Taylor Green. On a des insultes, des attaques personnelles, des attaques sur la carrière. Il y va à fond. C'est du Trump classique et c'est vraiment le cas.

" J'ai déjà dit qu'on avait franchi un cap quand Tucker a interpellé Trump nommément, le décrivant comme maléfique et ignoble et disant qu'il se prend pour Dieu. Eh bien, on ne fait que commencer ici."

Ce qu'il y a de gauche dans cette droite

L'intérêt de cette furieuse agitation communicationnelle, c'est qu'elle nous conduit à prendre de tels événements de façon plus sérieuse, une fois qu'on a réussi à l'identifier en évitant de passer par le canal labyrinthique pavé de chausse-trappes et bordés de miroirs déformants de la presseSystème percée de ses trous de corruption et des complots divers édifiés pour nous intriguer. Prendre ces événements"plus au sérieux", c'est découvrir que toute cette rupture de l'élite populiste de droite réagissant à la félonie de Trump devenu leur"roi George"avec sa folie, met en évidence des opinions et des caractères populistes qui s'opposent aux grandes options capitalistes poursuivies par Trump et jusqu'ici piliers du vieux parti républicain, le 'Great Old Party'.

Touma le remarque en nous rappelant que les visions économiques et sociales de cette faction sont clairement plus progressiste que la politique suivie pat Trump. Ce qui les rapproche des populistes de gauche, bien entendu...

"C'est un moment charnière. Ces personnes ont quitté la coalition Maga et elles ne reviendront pas. Tucker, Megan Kelly, Candice et les autres vont en quelque sorte lancer leur propre faction du mouvement conservateur qui sera plus paléoconservatrice et isolationniste. America First a effectivement des opinions économiques qui seraient traditionnellement considérées comme progressistes ou de gauche, même si leurs opinions sociétales sont très conservatrices, n'est-ce pas ?

"C'est un peu ce qui constitue cette nouvelle coalition qu'on voit se former. Non, des gens comme Tucker Carlson veulent limiter l'IA, ils veulent limiter la délocalisation. Ils veulent probablement augmenter le salaire minimum. Tucker a déjà déclaré qu'il voulait que les logements soient plus abordables pour les jeunes Américains et qu'il ne se soucie pas du fait que le PIB soit utilisé comme indicateur du succès de l'économie ou de la prospérité du pays. Ce sont généralement des points de vue économiques plus progressistes. Non, je pense donc qu'ils vont probablement se séparer et agir de leur côté."

"Ça devient fou, mec"

Bref, on nous met sur cette piste que nous avons  déjà reniflée et qui apparaît de plus en plus grandiose et vraiment révolutionnaire, et qui bien entendu échappe à tous les observateurs chenus et européens de la politique intérieure américaine-américaniste. L'"influenceur" de la droite Nick Fuentès, populiste et un peu fou, rêvant de reprendre le rôle de Charlie Kirk, l'assassiné qui devenait anti-Israël, observe cela dans ses moments de calme et nomme ce phénomène une "évolution en fer à cheval", avec les deux extrêmes ayant tendance à se rapprocher.

Le vertige prend alors notre commentateur Touma lorsque lui vient à l'esprit qu'Alex Jones et Candace Owens ont déjà demandé qu'on applique à Trump le sort réservé par le 25ème Amendement !

"Je veux dire, est-ce qu'on va voir ça ? Parce que des dizaines de membres démocrates du Congrès ont signé pour utiliser le 25e amendement afin de destituer Trump du pouvoir. À présent, des figures de droite comme Alex Jones dans son émission et Candace Owens sur Twitter réclament toutes deux l'usage du 25e amendement. Dans les commentaires d'anciens partisans de MAGA disent que, bon, il faudrait utiliser le 25e amendement. Donc je veux dire, est-ce que on va avoir un soutien bipartite pour une démarche visant à utiliser la Constitution afin de destituer le président ? Ça devient fou, mec."

Quelque part dans son commentaire, Touma remarque en effet que jamais la droite extrême et la gauche extrême ont été aussi en accord sur un thème de cette importance, - "Jamais, mec"...

Pousser la logique à son terme : un troisième parti ?

Cela bien réalisé, les obstacles apparaissent par rapport à la situation actuelle, tout en admettant que dans une dynamique métapolitique pareille bien des obstacles classiques sont dispersés d'un simple coup de patte. Mais, comme l'on est prudent, on s'interroge tout de même sur ce qui oppose la droite populiste qui reste de droite, et la gauche populiste qui reste de gauche. C'est le cas de bien des questions sociétales nouvellement venues, comme l'avortement et l'immigration, sans se laisser aller à explorer le délire du wokenisme.

Fuentès est pour la création d'un troisième partie. Touma en appelle aux abstentionnistes qui ne votent pas parce qu'ils constatent que des problèmes centraux pour eux, comme les guerres extérieures et toute la politique hégémoniste-impérialiste, ne sont jamais abordées, - alors qu'un troisième partie se mettrait en place justement sur la mise en cause radicale de ces problèmes.

"Maintenant, c'est Nick Fuentès qui a dit cela essentiellement dans son émission. Il a vraiment expliqué qu'il pense qu'il faut un nouveau parti politique. C'est exactement ce que je décris. Et il considère que les gauchistes doivent accepter le fait que nous allons expulser des gens et que vous n'aurez pas droit à l'avortement. Et je ne sais pas. Je ne sais pas parce qu'évidemment je pense que les gens de droite dans ce camp America first sont tellement profondément religieux et tellement attachés à leur christianisme que je ne les vois pas faire ces concessions. Je veux dire pour tout le parti conservateur la question la plus importante avant que Trump ne cache les dossiers Epstein et ne nous entraîne dans une guerre avec l'Iran, c'était l'immigration. C'était un sujet sur lequel Trump gagnait toujours et tout le mouvement conservateur pensait que l'immigration était devenue incontrôlable, qu'il y avait beaucoup trop d'immigrés illégaux et qu'il fallait en expulser beaucoup. Non.

" Donc je ne pense pas que nous verrons les conservateurs America first faire cette concession. Il est aussi peu probable que les gauchistes progressistes fassent des concessions sur ces questions sociétales. Mais ce sera intéressant d'avoir ces deux grandes bases d'électeurs et d'Américains, vous savez. Et d'un point de vue plus macro, même les abstentionnistes qui sont d'accord sur tant de choses, qui sont d'accord pour pas de nouvelles guerres, qui sont d'accord sur plus d'emploi et de meilleurs salaires sont nécessaires ici ainsi que des logements plus abordables. La technologie est hors de contrôle, il faut limiter l'IA et les entreprises. Ce sera intéressant.

"Mec, Trump leur fait vraiment la guerre et ça va être vraiment amusant de lire encore plus de messages comme celui-ci parce que tu sais Alex Jones, Candace, Marjorie Taylor Green, ces personnes répliquent. Donc cette guerre civile Maga, on n'a pas l'impression qu'elle va se terminer de sitôt."

L'art d'aller jusqu'au bout

Alors, une telle aventure est-elle possible ? Aucune réponse n'est possible, voilà qui est le plus sûr (et le plus prudent quoique le moins imaginatif). Restent quelques constats rendant compte de conditions totalement inhabituelles et complètement incontrôlables, qui ont de plus en plus pris le contrôle des choses et mettent en évidence l'impuissance de toutes nos vieilles structures paralysées et paisiblement pourries :
• l'état d'esprit, ou plutôt l'état de folie de Trump, fait que le président ne peut une seconde envisager la moindre concession, ne serait-ce que tactique et temporaire, à ceux qu'il juge être des traîtres et des intrigants. Il est pris au piège de sa furieuse vindicte, de son incapacité à admettre quelque faiblesse ou erreur de sa part dans son comportement d''Artist of the Deal', donc décidé à tenir constamment embrasée cette querelle où il ne cesse de presser l'adversaire, et renforçant de ce fait la résolution du susdit adversaires et le climat invitant à une telle fermeté ;
• ces fureurs et cette agressivité sont, de chaque côté puisque les unes alimentent les autres, promises à s'exprimer et à constamment s'amplifier grâce à la puissance du système de la communication et de la volonté des deux côtés protagonistes, experts ô combien en ces matières, d'en faire constamment et de plus en plus usage ;
• l'incapacité de Trump d'établir des liens de loyauté et de légitimité, y compris avec d'autres factions et tendances, ne fait qu'aggraver l'agressivité de ses autres adversaires, que ce soit sa femme resservant une dose du scandale Epstein, les Iraniens emportés par le succès et l'habileté de leur formidable résistance, les piètres Européens, de plus en plus piètres mais sautant sur la moindre occasion de sauver leur face au moindre risque (dans ce cas, quelques piqures de moustique au géant déchaîné qui les asservit).

Trump est donc le parfait 'Terminator' de ce pan de l'intrigue qu'est la chute de l'Empire ; précisons que c'est le pan intérieur, tandis que la chute du pan extérieur est encore plus avancée avec l'aide de l'Iran et d'Israël dans des rôles de composition antagonistes. Ces agitations ne cesseront pas d'alimenter l'incendie tant que les dernières pierres et les derniers lauriers de l'Empire n'auront pas été consumés. "C'est promis c'est écrit, mec".

Mis en signe le 13 avril 2026 à 18H45

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