
par Rorik Dupuis Valder
L'intelligence artificielle, par définition, convient avant tout aux gens dépourvus d'intelligence naturelle.
Je ne comprends pas bien comment l'on peut s'enthousiasmer à l'idée d'un monde sous l'emprise de l'IA. Qui peut défendre une telle vision d'horreur à part des geeks névrosés, des gros naïfs et des technocrates sans âme ? Ne voient-ils donc pas le danger arriver ?
On se souvient de ces gens, pendant la période du Covid, qui jouaient les nonchalants en relativisant la tyrannie vaccinale : "Allez, c'est juste une petite piqûre..." Avec la démocratisation incontrôlable de l'IA, on retrouve ce genre de vicelards : "Allez, c'est juste un outil technologique..." Ouais t'as raison. Mais t'es juste débile ou tu le fais exprès ?
Personnellement, tout cela a plutôt tendance à me déprimer. Les textes, les images, les sons, tout devient faux. Comment faire confiance aux autres, dans ces conditions ?
Les gens doués ont l'habitude d'être copiés, jalousés. Ils acceptent de servir de modèles, plus ou moins secrètement, aux gens sans consistance. Cela fait probablement partie du jeu. Aidés de leur prothèse numérique, les gens sans consistance se croient désormais doués : c'est assez inquiétant.
En bousculant les hiérarchies naturelles, l'IA s'impose comme l'arme des escrocs et des incompétents, prêts à régner au nom de l'égalité transhumaniste.
J'imagine que dans les prochaines années on verra de plus en plus d'honnêtes gens se défaire, radicalement, de tous ces gadgets asservissants. Ils retrouveront le plaisir - et la nécessité - de plonger les mains dans la terre, de contempler les étoiles en bonne compagnie. Cela leur suffira.
J'imagine que l'on verra des communautés d'honnêtes gens se former loin des villes, loin des impasses de la surinformation, animées par cette idée subversive, pourtant simple : l'Homme mérite mieux que la dictature algorithmique.
J'imagine qu'on leur rendra la tâche difficile. Que l'Administration les traquera comme des bandits.
Mais ils résisteront.
Pour leurs enfants.
Pour ceux qu'ils aiment.
Pour la Liberté.
Et dans quelques décennies, quand l'IA aura atrophié les cerveaux des humains "civilisés", il subsistera ici et là dans les montagnes de petits groupes de "sauvages" aux facultés de discernement encore intactes.
Est-ce vraiment cela, le progrès ?
Rorik Dupuis Valder, auteur de Carnets de la colline