Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a condamné la dernière incursion d'un groupe de colons israéliens dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa ainsi que les restrictions sévères imposées par l'armée israélienne aux fidèles palestiniens.
Dans une brève déclaration lundi soir, Esmaïl Baghaï a dénoncé les atrocités israéliennes perpétrées dans les territoires occupés et les attaques illégales du régime contre le Liban et d'autres États de la région.
Il a souligné que la communauté internationale a l'obligation juridique et éthique de s'opposer à cette tendance et de poursuivre en justice tous les responsables de ces crimes.
Le haut diplomate iranien a souligné que l'esplanade des Mosquées compte parmi les lieux les plus sacrés de l'islam, dénonçant la profanation de ce site par le régime de Tel-Aviv. Il a affirmé que cette profanation s'inscrivait dans sa politique d'altération du caractère islamique et historique d'al-Qods et constituait une provocation envers les musulmans du monde entier.
Baghaï a ensuite appelé l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et les nations musulmanes à prendre des mesures efficaces pour neutraliser les agissements du régime israélien qui portent atteinte à l'identité islamique et historique d'al-Qods.
Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir, connu pour sa ligne dure, a mené une incursion dans l'esplanade des Mosquées dimanche. Il s'est filmé à l'intérieur et a déclaré que les colons juifs se sentaient désormais chez eux.
Dans une vidéo diffusée par son cabinet, Ben-Gvir s'adresse à la caméra depuis l'intérieur de l'esplanade : "Aujourd'hui, vous avez l'impression d'être chez vous."
"Il reste encore du travail. Il reste encore des améliorations à apporter", a-t-il ajouté. "Je n'arrête pas de presser le Premier ministre d'agir toujours plus. Nous devons aller encore plus loin, toujours plus haut."
Ces propos faisaient directement référence à sa campagne ambitieuse visant à faciliter l'accès des colons extrémistes à l'esplanade des Mosquées.
Ben-Gvir se rend régulièrement à Al-Aqsa lors des fêtes juives et a déclaré à plusieurs reprises que "le statu quo régissant le site n'est plus en vigueur."
Le statu quo est un accord international vieux de plusieurs décennies qui reconnaît le caractère islamique d'Al-Aqsa et confère aux autorités musulmanes, administrées par le Waqf jordanien, le contrôle de l'accès, du culte et de l'entretien de l'esplanade.
En vertu de cet accord, les visites de Juifs sur le site sont autorisées, mais les Juifs n'ont pas le droit d'y prier.
Parallèlement, le gouvernement jordanien a officiellement condamné la visite de Ben-Gvir à Al-Aqsa.
Le gouvernorat d'al-Qods a également condamné l'incursion du rabbin israélien Eyal Tsinov dans l'enceinte de la mosquée al-Aqsa et ses prières talmudiques récitées sur les marches menant au Dôme du Rocher.
Dans un communiqué, le gouvernorat a qualifié cet acte de "violation flagrante du caractère sacré du lieu et d'atteinte aux sentiments des musulmans" et a averti que de tels incidents s'inscrivent dans "une escalade systématique visant les lieux saints islamiques de la Ville sainte".
Le gouvernorat a également signalé que des colons avaient érigé une grille en fer entre le marché de Qataneen et la Porte de Fer, près de l'Association des jeunes de la Vieille Ville et du quartier de Hosh al-Zorba, dont une partie avait déjà été occupée par des colons.
Il a décrit l'érection de cette grille comme une attaque contre un monument historique, ce qui a profondément modifié le caractère du quartier, renforçant les restrictions à la circulation des Palestiniens.
