
par Vincent Gouysse
Alors que le IVe Reich atlantiste (l'agresseur !!!) et ses pleureuses politico-médiatiques obscènes se scandalisent aujourd'hui d'être "victimes" du "chantage" iranien (ou devrions plutôt nous dire des contre-sanctions et de la guerre asymétrique iraniennes, car la vengeance est un plat qui se mange froid), il est d'abord essentiel de rappeler que l'Iran a survécu à des décennies de sanctions économiques occidentales unilatérales et illégales Résilience remarquable, d'autant que l'Occident est déjà presque à genoux après à peine plus d'un mois de riposte militaire et de contre-sanctions iraniennes ! Pour bien établir les responsabilités historiques de la crise actuelle, au-delà même de la question de souligner que l'Iran a été attaqué par la coalition américano-sioniste en pleines négociations pour la deuxième fois consécutive en moins d'un an, il est essentiel de souligner que c'est l'Occident collectif qui a initié et soutenu la longue guerre multiforme préparatoire contre l'Iran... d'ailleurs rendue possible par l'emprise du tentaculaire lobby sioniste, garde chiourme des banksters atlantistes au Moyen-Orient, et éternel bras armé des Yankees qui lui ont toujours conféré la plus totale impunité dans ses innombrables crimes en Palestine occupée et au Liban...
Si le (sinistre) clown psychopathe de la Maison-Blanche est indéniablement bon pour l'asile psychiatrique, cela ne disculpe pour autant pas le Congrès américain qui n'a strictement rien fait de concret depuis plus d'un mois pour mettre un terme à l'aventure "trumpiste" en Iran : toujours pas de destitution en vue !
La raison fondamentale en est simple : "Vol au-dessus d'un nid de sionistes", remake sio-nazi du film de Miloš Forman !... Sur la composition graphique ci-dessus, les membres du Congrès américain financés par le lobby sioniste AIPAC sont surlignés en rouge. Ce sont donc 324 des 435 membres du Congrès (soit les ¾) qui sont donc sponsorisés/contrôlés par le Sionistan...
Nous avons pour notre part à plusieurs reprises traité du "cas" iranien depuis 2010 :
• Le réveil du dragon (2010) - "La farce du nucléaire iranien : l'arroseur arrosé..." → voir pages 285 à 314
• 2010-2011 : Le réveil du dragon s'accélère ! (2011) → voir pages 108 à 118
• 2011-2012 : Reprise... de la crise ! (2012) → voir pages 166 à 182
• COVID-19 - De l'ampleur de l'effondrement économique de l'Empire Atlantiste à venir (2020)
Nous ne sommes donc pas à l'évidence des "pro-iraniens de la dernière pluie" et ne sommes donc pas du tout surpris de son formidable potentiel de résistance face au fascisme atlantiste aujourd'hui totalement décomplexé...
Vincent Gouysse, pour marxisme.online, le 14/04/2026
*
Voici donc un des chapitres relatant cette lâche "guerre de cent ans" livrée par les banksters atlantistes contre l'Iran (source : Vincent Gouysse, 2011-2012 : Reprise... de la crise !, 2012)
"La mise en échec des plans impérialistes occidentaux en Syrie a contribué à durcir considérablement leur attitude à l'égard de l'Iran, lequel est indéniablement la véritable cible des velléités occidentales contre le régime syrien.
Les pays impérialistes en déclin ont d'abord considérablement durci leurs sanctions économiques à l'égard de Téhéran, avec à la clef une crise diplomatique majeure. À l'automne 2011, le parlement iranien a ainsi exigé le retrait de l'ambassadeur britannique à Téhéran au travers d'un ultimatum en représailles à la décision de Londres de rompre toutes les transactions financières avec l'Iran.826
Parmi les dernières sanctions économiques figure la mise en place d'un embargo sur les importations de pétrole iranien et d'exercer une pression considérable sur l'impérialisme chinois, mais aussi l'Inde et la Corée du Sud pour qu'ils en fassent de même, en brandissant la menace de sanctions contre les pays qui refuseraient d'instaurer un embargo sur leurs importations de pétrole iranien. Les représentants politiques chinois et la presse officielle chinoise sont évidemment irréductiblement hostile à une telle option, déterminés à ne pas voir la Chine "emboîter à l'aveuglette le pas aux États-Unis".
La presse officielle chinoise n'a pas manqué de souligner que "les sanctions imposées par les États-Unis aux pays achetant du pétrole à l'Iran", "prennent le monde en otage".
Le but des sanctions économiques occidentales est évidemment de mettre l'Iran "en difficulté financière". Surtout, les pays impérialistes en déclin espèrent de ces sanctions qu'elles auront "un fort impact sur la population, confrontée à la hausse des prix et à la chute du rial", dans l'espoir évidemment qu'elle se soulève contre ses dirigeants !
Il est vrai que les pays impérialistes ne rechignent guère à prendre en otage ou à massacrer les populations civiles quand la défense de leurs intérêts l'exige.
Reste qu'il n'est pas certain que ce nouveau bras de fer tourne à l'avantage des pays impérialistes en déclin, car si l'Iran parvient à briser l'embargo pétrolier occidental, qui risque d'être très perméable, ces derniers risquent de perdre très gros.
En effet, ce ne sont pas les premières sanctions économiques occidentales que doit affronter l'Iran. Au cours des dernières années, celles-ci ont échoué à faire rentrer l'Iran dans le troupeau. Au contraire, l'Iran a sensiblement progressé en matière d'autonomie énergétique et industrielle. En 2011, la production d'essence du pays a ainsi pour la première fois satisfait les besoins du pays et l'Iran a pu cesser d'en importer. Les autorités iraniennes visent aujourd'hui une nouvelle étape : continuer à augmenter les capacités de raffinage du pays afin d'exporter non plus du pétrole brut, mais des produits pétroliers raffinés.
Loin d'effrayer le régime iranien, celui-ci a même "facilité" la mise en place de l'embargo occidental sur ses exportations de pétrole.
En effet, avant-même l'application par l'UE de cet embargo qui devait entrer en vigueur à partir du 1er juillet, l'Iran montra que ces menaces de l'effrayaient pas en instaurant son propre embargo, de manière encore plus rapide et radicale ! C'est ainsi qu'à la fin du mois de janvier, le parlement iranien vota "l'arrêt de toutes ses exportations pétrolières vers les pays de l'Union européenne". Ces dernières représentaient 18% des exportations pétrolières de l'Iran - un chiffre à comparer aux 21% que représente la Chine, et la perte de ce client ne met donc pas fondamentalement en danger les exportations de pétrole iranien.
Le ministre iranien du pétrole ajouta que l'embargo iranien sur ses exportations de pétrole ne serait pas une mesure temporaire et que "l'Iran allait mettre définitivement fin à ses exportations pétrolières vers certains pays européens", c'est-à-dire au premier chef vers ceux qui se sont montrés les plus obstinément hostiles à Téhéran, à l'instar du Royaume-Uni et de la France. Les représailles iraniennes entrèrent rapidement en vigueur. C'est ainsi qu'en février, des pétroliers venus charger un demi million de barils de pétrole brut à destination d'une raffinerie grecque furent contraints de repartir à vide.
Mais la menace d'un embargo pétrolier n'est pas la seule arme employée pour faire plier Téhéran. Depuis l'automne 2011, la rage de l'État sioniste a décuplé, et le premier ministre israélien affirme régulièrement vouloir attaquer les sites nucléaires iraniens. Cet été, l'État sioniste disait même s'être "préparé au scénario d'une guerre de 30 jours sur plusieurs fronts", une véritable "guerre-éclair contre l'Iran".
Comme les impérialistes allemands il y a plus de sept décennies, les pays impérialistes en déclin continuent donc aujourd'hui de prétendre pouvoir anéantir la résistance des peuples en quelques semaines.
Si les sionistes avancent aujourd'hui ces prétentions, c'est évidemment pour tenter de convaincre l'opinion publique israélienne de la supériorité militaire écrasante de l'État sioniste face à l'Iran, et ainsi de la relative innocuité de la contre-attaque iranienne, afin que la population israélienne soutienne une telle agression.
Notons au passage qu'à l'instar de nombreux pays impérialistes en déclin, l'État sioniste connaît aujourd'hui une situation économique difficile et en cours de dégradation. De janvier à juillet 2012, il a en effet vu le solde négatif de son commerce extérieur de biens se creuser à 7,5 milliards de $ US dans un contexte de baisse des exportations (- 11,3% en glissement annuel à 36,3 milliards de $ US) et de légère hausse de ses importations (+ 1,6% à 43,7 milliards de $ US).
Cette récession combinée à l'austérité budgétaire génèrent comme on l'a vu un malaise et des troubles sociaux croissants au sein même de la population hébraïque. C'est sans aucun doute afin de reléguer au second plan ces contradictions sociales grandissantes que l'impérialisme sioniste hésite aujourd'hui à s'engager dans une politique à peine moins belliqueuse à l'égard de ses voisins - au premier chef le Liban et l'Iran -, que celle pour laquelle opta en son temps l'impérialisme nazi face à la crise économique qui ravageait l'Allemagne : la guerre et les agressions coloniales comme moyen de relance économique et de destruction des concurrents directs !
Les prétentions sionistes sont évidemment démenties par les déconvenues occidentales récentes en Afghanistan.
En dépit du début de retrait des forces d'occupation étrangères et d'une évidente baisse d'intensité de leurs missions, sortant notamment moins souvent de leurs camps retranchés, l'année 2012 demeure l'une des plus meurtrières pour l'OTAN, avec 347 tués au début du mois d'octobre.
Même au sein de leurs bastions, les forces d'occupation ne sont plus à l'abri, comme l'a illustré la récente attaque menée par une quinzaine de résistants talibans contre une base de l'OTAN. Armés de fusils automatiques et de lance-roquettes, ils ont pendant quatre heures infligé de lourds dommages à cette base, détruisant notamment six avions de combats américains et tuant deux marines.
"Jamais de telles pertes matérielles n'avaient été infligées en dix ans de conflit en Afghanistan aux forces de la coalition".
Notons au passage que cette attaque avait été menée en représailles à un film américano-israélien jugé particulièrement insultant pour l'Islam. Intitulé Innocence of Muslims, ce long-métrage caricatural à très faible budget a embrasé la rue dans de nombreux pays à forte confession islamique, à l'instar de la Libye, de l'Égypte, de la Tunisie, du Yémen, du Soudan, du Pakistan, de l'Afghanistan et du Bangladesh. Cet embrasement, qui a conduit à l'attaque des représentations diplomatiques américaines dans plusieurs de ces pays, a notamment provoqué la mort de l'ambassadeur américain en Libye. Cet embrasement illustre surtout l'image désastreuse que véhicule l'impérialisme américain auprès des peuples de la région.
"Qu'un film aussi grossier que cette Innocence des musulmans puisse si facilement enflammer les foules rappelle combien les États-Unis restent vulnérables au Proche-Orient et au Moyen-Orient. La dernière enquête du Pew Research Center a montré que l'image des États-Unis s'est encore dégradée dans les pays musulmans sous la présidence d'Obama, avec 15% d'opinions favorables en 2012, contre 25% en 2009. Sur ce fonds incandescent, la moindre provocation, si ridicule soit-elle, peut encore tuer".
Si l'image de l'impérialisme américain est aussi mauvaise dans les pays où il a cherché à se poser en "libérateur", on imagine ce qu'elle peut-être dans un pays où il est dès le début apparu en agresseur, à l'instar de l'Afghanistan !
Dans ces conditions, la déroute afghane que nous avions déjà mise en évidence est de plus en plus palpable et admise par les médias bourgeois d'Occident eux-mêmes. On ne compte plus les attaques venant des rangs des forces de sécurité et de l'armée afghane - déjà plus d'une vingtaine depuis le début de l'année -, des attaques dont la multiplication a amené à plusieurs reprises les occupants à suspendre et à ralentir "ses opérations de formation et d'appui à l'armée afghane".
Il faut dire que quand les recrues afghanes ne retournent pas leurs armes contre leurs "bienveillants" formateurs, c'est pour mieux pouvoir déserter et rejoindre les rangs de la résistance afghane avec armes et bagages...
De l'aveu même de la presse bourgeoise d'occident, "la multiplication de ces incidents révèle une animosité croissante entre les forces étrangères et les Afghans qu'ils sont censés former".
En bref, cette décennie d'occupation coloniale est un échec complet pour les pays impérialistes en déclin. Non seulement la résistance afghane n'a pu être anéantie, mais elle prend même désormais naissance au sein des troupes régulières sensées la combattre !
Alors que la presse française reconnait aujourd'hui que "les onze années d'intervention militaire de l'OTAN n'ont rien changé à l'Afghanistan", que ce soit en termes d' "éradication des talibans", de lutte contre l'analphabétisme ou d'évolution de la "condition féminine" - l'un des leitmotiv "humanitaires" qui avait servi à justifier l'occupation coloniale aux yeux de l'opinion publique occidentale, elle s'inquiète ouvertement d'un "irrésistible retour des talibans" après 2014, alors même que les talibans bénéficient d'un "soutien populaire" face à un "gouvernement qui n'a plus aucune légitimité". Exporter la "démocratie", qu'ils disaient !
Même dans le domaine de la construction de nouvelles infrastructures, les forces d'occupation ont été incapables de tenir leurs promesses et les centaines de millions de dollars alloués à cette tâche (routes, centrales électriques, etc.) ont de l'aveu même des responsables américains "été dépensés en vain" alors que "le gros du travail" de "la plupart des projets" "n'a pas encore commencé" et qu'ils "ne pourront être menés à terme avant le départ des troupes en 2014".
Comme l'a récemment reconnu le président afghan, aujourd'hui manifestement "désenchanté", cette décennie n'a absolument rien apporté de bon au peuple afghan, alors que la "corruption" "atteint des sommets" et que les forces de sécurité régulières sont incapables d'assurer leur propre sécurité face à la multiplication des attaques.
Dans ce contexte, les relations des pays impérialistes en déclin avec le Pakistan ont continué à se dégrader. Il leur faut en effet trouver un bouc-émissaire pour justifier leur échec. Et quoi de mieux pour cela que la trahison d'un "allié" dans lequel on avait confiance ?
Au début de l'automne 2011, Washington avait ainsi publiquement accusé son "allié" de jouer un double-jeu en "exportant la violence en Afghanistan", désignant notamment "les insurgés afghans du réseau Haqqani comme le bras armé des services secrets pakistanais".
Une accusation qui avait échaudé Islamabad, fatigué de voir sa souveraineté territoriale régulièrement violée par les drones américains qui bombardent "régulièrement des repaires supposés d'extrémistes islamistes en territoire pakistanais". L'assassinant ciblé de Ben Laden par un commando américain au printemps 2011, alors qu'il passait une retraite paisible au Pakistan, n'a il est vrai rien arrangé entre Washington et Islamabad.
À la fin du mois de novembre, la frappe d'un drone américain tua "par erreur" 25 militaires pakistanais, provoquant le courroux d'Islamabad qui bloqua en représailles les convois d'approvisionnement de l'OTAN à destination de l'Afghanistan.
Or les routes pakistanaises permettaient de convoyer 70% du ravitaillement nécessaire aux troupes de l'OTAN. Au printemps 2012, en dépit des pressions de Washington, les routes pakistanaises étaient toujours fermées aux convois de l'OTAN, Islamabad mettant comme préalable à leur réouverture des excuses publiques et l'arrêt des frappes de drones sur le territoire pakistanais. Une "impasse prolongée" qui irrite naturellement Washington.
Voilà pour le théâtre afghan. Qu'en serait-il en Iran, si d'aventure les pays impérialistes en déclin se hasardaient à vouloir faire parler les canons pour réduire au silence un dangereux oiseau de mauvaise augure ? Les pays impérialistes en déclin ne se risqueront naturellement jamais à poser le moindre pied sur le sol iranien et se contenteront de détruire tel ou tel objectif à distance. Mais la haine populaire contre l'agresseur occidental serait-elle moindre ? De toute évidence, non.
Or les moyens militaires du régime iranien, en particulier ses moyens de riposte à distance, sont sans commune mesure de ceux dont dispose l'Afghanistan.
De ce fait, nombreux sont ceux qui sont conscients que le rapport de force n'est pas aussi nettement à l'avantage de l'État sioniste, y compris au sein des État-major des pays impérialistes en déclin. Nombreux sont ceux qui craignent d'abord la résistance que pourrait opposer l'Iran, sans oublier les conséquences économiques et géopolitiques internationales, enfin le risque d'embrasement de l'ensemble du Moyen-Orient. La situation pourrait dégénérer et échapper à leur contrôle dans toute la région.
Téhéran a d'ores et déjà fait savoir "que toute frappe militaire contre l'Iran aurait des "conséquences terribles" pour Washington et ses alliés". Outre une riposte militaire immédiate, Téhéran procéderait à la fermeture du détroit d'Ormuz par lequel transite 40% des exportations mondiales de pétrole.
Une éventualité qui effraie les pays impérialistes en déclin, bien conscients que les missiles de Téhéran ont la portée et les capacités d'interdire l'accès du détroit à tout navire. Comme nous l'avons déjà souligné, Téhéran bénéficie de transferts de technologies militaires nord-coréennes et chinoises. Fort de ces partenariats, l'Iran se lance aujourd'hui dans la production "en série" d'avions de combat, de missiles, de drones, de sous-marins et de véhicules militaires. En outre, on sait que l'Iran possède aujourd'hui la capacité de coordonner ces systèmes d'armement au moyen de son système de positionnement Shahed.
Une capacité que l'Iran doit au développement de son jeune secteur spatial qui a permis le lancement réussi d'un petit satellite d'observation en février dernier. Dès 2013, l'Iran pourrait lancer des satellites beaucoup plus lourds, jusqu'à une tonne en orbite terrestre basse, alors un que le pays est sur le point d'achever la construction d'un nouveau centre spatial.
Au vu du rapide accroissement des technologies balistiques iraniennes, la menace iranienne de fermer le détroit d'Ormuz n'est de toute évidence pas à prendre à la légère. De l'aveu même de la presse bourgeoise d'occident, "la menace est sérieuse" alors que "les Iraniens disposent d'une panoplie de missiles fournis par Pékin", à l'instar du missile terre-mer Ghader. D'une portée théorique de 200 km, il est vraisemblablement dérivé des redoutables missiles chinois YJ-83 et YJ-82.
Etant donné que le seul langage que comprennent les pays impérialistes en déclin est celui du rapport de force militaire, l'Iran a régulièrement continué à faire étalage de ses nouveaux muscles au cours des derniers mois, en organisant régulièrement des manœuvres militaires et des essais de nouveaux systèmes d'armements (missiles variés, drones de bombardement, etc.).
Cet automne, l'Iran procèdera notamment à "un exercice de défense aérienne d'envergure" qui mobilisera "toutes les unités militaires" à travers "tout le pays". Cet exercice inclura le système Bavar 373, jugé "beaucoup plus avancé que le système S-300" russe par les autorités iraniennes. Nous avions déjà parlé de ce nouveau missile anti-aérien iranien que nous avions défini être une production sous licence du système chinois HQ-9.
Dans ces conditions, les cercles dirigeants des pays impérialistes en déclin jugent qu'une attaque israélienne serait "illogique et irresponsable" du fait qu'elle pourrait "causer plus de dommages que de bénéfices".
Cette "divergence croissante entre les États-Unis et Israël sur la gestion de la crise nucléaire iranienne" n'a évidemment pas échappé à l'impérialisme chinois. Alors que l'État sioniste fait le forcing avant que "la fenêtre pour une frappe militaire [ne] se referme" définitivement, l'impérialisme américain craint davantage "les conséquences graves d'une frappe militaire, y compris en termes de représailles contre les intérêts américains, d'instabilité dans la région et d'impact sur une économie mondiale déjà fragilisée".
L'impérialisme américain a lui-même reconnu via son secrétaire à la Défense redouter les répercussions multiples d'une attaque israélienne contre Téhéran.
Au cours des derniers mois, l'impérialisme américain a de toute évidence fait son maximum pour tenir fermement la laisse de son rottweiler.
"Le gouvernement américain estime qu'il y a encore du temps et de l'espace pour régler le problème nucléaire iranien, alors qu'Israël exige l'établissement d'une ligne rouge".
Au début du mois de mars dernier, le président américain avait ainsi reçu le premier ministre israélien à Washington afin de "le convaincre de renoncer à des frappes sur la République islamique".
"L'État hébreu est en effet soumis à des pressions redoublées de la part de son allié américain pour renoncer à attaquer l'Iran".
De même, une attaque préventive contre les sites nucléaires iraniens, ne fait pas l'unanimité au sein de l'appareil d'État sioniste, que ce soit dans les cercles politiques ou dans l'armée. D'abord, l'efficacité de ces frappes ne serait pas assurée dans la mesure où nombre de sites industriels iraniens sensibles sont souterrains, à l'instar du site d'enrichissement d'uranium de Fordo qui compte aujourd'hui 700 centrifugeuses en service. Outre sa probable inefficacité, d'aucuns estiment qu'une telle attaque "pourrait avoir des conséquences "catastrophiques" pour l'État hébreu".
Même la "hiérarchie militaire" sioniste est "réticente à agir sans l'appui de l'Oncle Sam" alors que le gouverneur de la Banque centrale d'Israël juge que les hostilités plongeraient le pays dans "une sévère crise économique". Selon une étude publiée par la filiale israélienne de la Coface, les dommages directs induits par "les ripostes militaires" de l'Iran pourraient se chiffrer à près de 12 milliards d'euros, soit plus de 5% du PIB israélien, sans compter les dommages à plus long terme induits par "la chute de l'activité industrielle et commerciale".
Bien conscient de ces hésitations, l'Iran n'a cessé de clamer être prêt à affronter ceux qui le menacent ouvertement. Les vociférations des pays impérialistes en déclin n'ont de toute évidence en rien entamé la détermination de Téhéran à jouir de "son droit inaliénable au nucléaire" et à poursuivre son programme nucléaire civil.
Aujourd'hui, les tentatives occidentales multiples visant à saboter le programme nucléaire iranien ont manifestement échoué, qu'il s'agisse de l'assassinat ciblé de scientifiques iraniens du secteur nucléaire ou de la conception de virus informatiques tels Stuxnet et Flamme.
Aujourd'hui, l'arrogance des pays impérialistes en déclin est telle et le social-chauvinisme est si répandu en leur sein que leurs élites ne cherchent même plus à nier leurs crimes.
Ainsi, le New York Times a récemment confirmé que c'était bel et bien l'administration américaine - depuis Bush à Obama -, qui était "à l'origine du virus Stuxnet qui a durement touché les centrifugeuses iraniennes en 2010". De même, le Washington Post à rapporté que le virus informatique Flamme visant à tracer et surveiller les réseaux informatiques iraniens avait été "développé conjointement" par "les États-Unis et Israël".
Pourtant, même dans ce domaine, la riposte iranienne a été foudroyante.
Afin de s'assurer que de telles attaques informatiques seront désormais impossibles, l'Iran vient "de connecter toutes ses administrations à un réseau intranet national, séparé de l'internet mondial". En outre, les autorités iraniennes projettent d'ouvrir ce réseau à l'ensemble de la population iranienne d'ici mars 2013... De quoi compliquer fortement l'accès depuis l'extérieur aux réseaux d'information iraniens et ainsi contrarier sérieusement la cyber-guerre américano-sioniste !
Aujourd'hui, les crimes de cyber-piraterie font indéniablement partie de la "guerre secrète" que mènent les pays impérialistes en déclin contre l'Iran, une guerre dans laquelle les crimes de sang ont également leur place.
"L'ingénieur en chimie Mostafa Ahmadi Roshan a péri dans l'explosion d'une bombe magnétique placée par un motard sur sa voiture. Pour la quatrième fois en deux ans, un spécialiste iranien du nucléaire a été tué en Iran. (...) À chaque attaque, c'est le même rituel : la République islamique pleure son mort et accuse dans la foulée Israël et les États-Unis, pendant que l'État hébreu frappe par son silence. Aucun démenti ni même aucune confirmation, ou seulement une étrange sensation de satisfaction. (...) Le silence est de mise en Israël", explique une source bien informée sur place. "Aucun politique ne parle. Quant aux journalistes, ils sont soumis à la censure et se cantonnent à citer la presse étrangère". Ainsi, en août dernier, c'est à l'hebdomadaire allemand Spiegel qu'une source au Mossad a annoncé que l'assassinat du scientifique iranien Darioush Rezainejad, tué en juillet, avait été piloté par Israël".
Ces attaques ont vraisemblablement ralenti le programme nucléaire iranien, mais ne l'ont pas stoppé. Surtout, elles n'ont pu que renforcer la cohésion nationale en Iran et susciter la sympathie des élites bourgeoises des pays dépendants, mais aussi de l'impérialisme russe et de l'impérialisme chinois qui souhaiteraient voir prendre fin la domination militaire de leurs concurrents occidentaux sur le monde.
Face au durcissement de la guerre occidentale "secrète" contre l'Iran - encore un secret de Polichinelle -, Pékin et Moscou sont plus que jamais restés aux côtés de l'Iran.
Le début de l'année 2012 avait ainsi vu la Russie menacer "de lever à n'importe quel moment l'embargo sur la livraison de systèmes sol-air russes S-300 à l'Iran" "en fonction de sa perception de ses intérêts nationaux". En d'autres termes, si l'Occident se hasardait à agresser l'Iran, Moscou se réserverait le droit d'intervenir
De même, cet été a vu le feuilleton de la centrale nucléaire de Bouchehr connaître un heureux épilogue, le réacteur n°1 ayant atteint sa pleine capacité de production le 30 août 2012, c'est-à-dire le jour de l'ouverture du sommet du mouvement des Non-alignés. Une coïncidence fortuite ? Et ce n'est qu'un début dans la mesure où les autorités iraniennes prévoient de lancer la construction du deuxième réacteur nucléaire de la centrale dès 2013. De quoi faire décupler la fureur du régime sioniste et de ses alliés dans les années à venir !...
Les relations sino-iraniennes sont pour leur part au beau fixe, alors qu'une partie du pétrole iranien exporté vers la Chine est payé en yuans, mais aussi en biens et services importés de Chine. Une manière pour les deux parties de diminuer leur dépendance au dollar et de promouvoir la "réforme du système monétaire mondial" qu'elles appellent régulièrement de leurs vœux...
De telles initiatives ne peuvent que déplaire à Washington et à ses alliés en ce qu'elles constituent un bien dangereux exemple s'il venait à trop se généraliser.
Enfin, on a de nouveau pu voir une forte convergence entre Téhéran, Moscou et Pékin autour de l'affaire du drone furtif américain RQ-170 Sentinel capturé en excellent état à la fin de l'année 2011 par l'Iran via une prise de contrôle électronique alors qu'il violait l'espace aérien iranien. Comme quoi il n'y a pas que les USA qui soient rodés à la guerre électronique...
L'affaire constitua évidemment "une perte importante pour l'armée américaine, en raison des particularités techniques de cet appareil" qui en font un "véritable bijou technologique".
Quelques mois plus tard, au printemps 2012, les autorités iraniennes annoncèrent être parvenues à "décrypter le code" du drone et en donnèrent la preuve en dévoilant une partie de son historique GPS. Elles affirmèrent également avoir entamé la production d'une copie du drone.
Des ambitions à ne pas prendre à la légère dans la mesure où l'Iran semble déterminé à faire appel aux compétences et à l'expérience de certains de ses alliés pour mener à bien cette tâche.
On a ainsi récemment appris qu'un groupe de dix-sept experts chinois, composé d'experts techniques de l'APL et de l'AVIC, était arrivé en Iran quelques jours seulement après sa capture afin d'examiner le drone américain. Pékin et Téhéran discutent aujourd'hui "des détails de la coopération portant sur le reverse-engineering du RQ-170". Moscou n'a également pas caché son intérêt pour le drone américain.
Encore un transfert de technologies dont l'impérialisme américain risque de se mordre les doigts !
Au contraire de l'État sioniste, dont le programme nucléaire militaire est de l'aveu même de la presse occidentale un "secret de polichinelle", l'Iran n'a de toute évidence pas besoin de la dissuasion nucléaire pour décourager d'éventuels agresseurs ou faire du chantage à ses voisins. Le Spiegel souligne ainsi que l'État sioniste dispose aujourd'hui de trois sous-marins diesel livrés par l'Allemagne déjà équipés ou sur le point d'être "équipés" "avec des missiles de croisière à têtes nucléaires", les charges nucléaires possédant une puissance unitaire de l'ordre de 5 kilotonnes, soit "la moitié d'Hiroshima".
S'il ne fait aucun doute que l'État sioniste dispose aujourd'hui de l'arme nucléaire que lui ont fourni ses alliés occidentaux au mépris du TPN, il ne fait pas davantage de doute que l'Iran "ne cherche pas la bombe atomique". De l'aveu même de la presse bourgeoise d'Occident, "si Téhéran poursuit bien des recherches pouvant aboutir à la capacité de fabriquer une arme atomique, il ne souhaite plus s'en doter depuis 2003". Telle est la conclusion à laquelle aboutit un récent rapport des services de renseignements américains.
Seul le lobby sioniste et ses alliés continuent aujourd'hui de prétendre le contraire pour tenter de justifier les sanctions économiques et les menaces militaires contre l'Iran, ce dernier apparaissant de plus en plus comme un dangereux opposant à la poursuite de la domination occidentale sur le Moyen-Orient. Plus que jamais, l'Iran symbolise aujourd'hui la volonté des élites bourgeoises des pays dépendants de s'affranchir de l'oppressante tutelle occidentale, leur désir de mettre en concurrence les marchandises et les investissements occidentaux avec ceux de puissances émergentes sans avoir à craindre leur fureur.
Pour Téhéran, les récentes menaces proférées par le régime sioniste relèvent d'ailleurs davantage de la "propagande" et de la "guerre psychologique" que d'une réelle volonté d'en découdre. Téhéran n'en a pas moins réaffirmé que toute agression israélienne contre son territoire se verrait opposer une réaction "très rapide et écrasante".
Notons que si l'État sioniste a récemment brandi la menace d'une attaque imminente des installations nucléaires iraniennes, c'est sans aucun doute conformément aux appréciations des autorités iraniennes, dans le but de saboter le 16ème sommet du mouvement des Non-alignés qui s'est tenu à Téhéran à la fin du mois d'août 2012.
À cette occasion, Téhéran a pris la tête du mouvement des Non-alignés dont il est devenu le porte-étendard pour les trois prochaines années. Tout un symbole alors qu'à la veille du sommet le régime iranien proclamait encore que "les pays de la région" allaient "en finir prochainement avec la présence des usurpateurs sionistes sur la terre de Palestine", pressentant ainsi la disparition imminente de la "tumeur cancéreuse" que constitue "le régime sioniste".
"[Les Occidentaux] disent qu'ils veulent un nouveau Proche-Orient, nous voulons aussi un nouveau Proche-Orient mais dans le nôtre il n'y a aura plus de traces des sionistes. (...) Les sionistes partiront et la domination américaine sur le monde prendra fin".
Des positions réaffirmées dernièrement dans des interviews données par le président iranien au Washington Post et à CNN alors qu'il était de passage à New York à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de l'ONU.
"Quand nous disons [qu'Israël doit être] effacé, nous disons que l'occupation [en Palestine] doit être effacée de la surface de ce monde. Que ceux qui cherchent la guerre doivent être effacés et éradiqués".
Pour Ahmadinejad, si les sionistes menacent l'Iran, c'est parce qu'ils "se voient dans une impasse". Pour lui, leur insistance à demander aux USA la fixation d'une "ligne rouge" revient à "imposer leurs vues aux États-Unis" et "devrait être vue comme une terrible insulte et prise comme telle par le peuple des États-Unis".
De toute évidence, les élites iraniennes sont aujourd'hui bien conscientes de divergences croissantes entre Washington et Tel-Aviv sur le traitement de la question iranienne et semblent bien décidées à souffler sur les braises de la discorde...
Dans ces conditions, la volonté occidentale de créer un embargo diplomatique et économique totale contre l'Iran est en train d'échouer. Sur le plan diplomatique, le dernier sommet du mouvement des Non-alignés de Téhéran a constitué pour eux un nouveau et cuisant échec, puisqu'il a réuni les délégations de 120 pays, représentées notamment par une trentaine de chefs d'État et de gouvernement ainsi que 70 ministres des Affaires étrangères.
De l'aveu même de la presse occidentale, "force est de constater" que "l'isolement [diplomatique de l'Iran] parait relatif" alors que les pays présents au sommet de Téhéran représentent "la majorité de la population mondiale".
"Ultime pied-de-nez, le leader iranien a eu le loisir de fustiger l'organe phare de l'ONU en face d'un invité de marque : le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, visiblement irrité. À la surprise générale, ce dernier a décidé de faire le voyage à Téhéran, en dépit des critiques américaines et israéliennes, qui l'exhortaient à ne pas servir la propagande du régime iranien. Un sérieux camouflet pour le groupe des 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité + l'Allemagne)".
Au cours de ce sommet, l'Iran ne manqua évidemment pas d'utiliser la tribune qui lui était offerte pour dénoncer la poursuite de la colonisation sioniste ainsi que les agressions coloniales occidentales. L'Iran réaffirma également son opposition à la volonté des pays impérialistes en déclin de "s'arroger un monopole sur la production de combustible nucléaire". L'Iran dénonça enfin "la structure de l'ONU" comme "injuste" et "non-démocratique" avant d'affirmer que "le monde ne devrait pas être contrôlé par une poignée de régimes dictatoriaux". Un discours qui, toujours de l'aveu de la presse des pays impérialistes en déclin, "fait mouche chez de nombreux pays en voie de développement, présents à ce sommet".
De son côté, la presse officielle chinoise souligna qu'en organisant avec succès ce sommet, Téhéran avait "brisé le blocus diplomatique de l'Occident". Relayant les impressions de la presse américaine, l'agence de presse Xinhua remarqua que le sommet de Téhéran avait "créé un sentiment de frustration à Washington" et témoignait du fait "que l'influence occidentale au Moyen-Orient était sur le déclin". Plus que jamais, "la ferme attitude de défi" de l'Iran "[met] en péril les intérêts stratégiques américains au Moyen-Orient".
L'impérialisme chinois en est parfaitement conscient et hésite de moins en moins à appuyer là où ça fait mal. Quelques jours à peine après la clôture du sommet de Téhéran, le président du Comité permanent de l'APN - c'est-à-dire l'une des principales figures politiques chinoises -, arrivait en Iran sur invitation du parlement iranien pour une visite officielle de quatre jours.
Une visite à l'occasion de laquelle il pût s'entretenir longuement avec le président iranien et le président du parlement iranien, sans aucun doute dans le but de peaufiner les détails et le calendrier de leur stratégie de mise en déroute des pays impérialistes en déclin
De toute évidence, si les cercles dirigeants occidentaux tentent aujourd'hui de tenir en laisse l'État sioniste, c'est parce qu'ils craignent qu'une aventure militaire contre l'Iran ne dégénère et ne contribue finalement qu'à accélérer leur perte d'influence au Moyen-Orient et dans le monde entier.
Le poids croissant du commerce et des investissements chinois sur le continent africain illustre le déplacement du centre de gravité de l'économie capitaliste mondiale de l'Occident vers l'Orient. Les derniers mois ont naturellement vu l'impérialisme chinois poursuivre son intelligente politique de séduction des élites bourgeoises-compradore du continent.
Si la Chine ne rechigne pas à accorder des aides alimentaires d'urgence à l'Afrique - à l'instar des 70 millions de dollars d'aide alimentaire octroyée par le gouvernement chinois au début de l'automne 2011 alors que le nord-est de l'Afrique souffrait de la sécheresse et de la famine -, son levier de prédilection n'en reste pas moins celui du renforcement de la coopération agricole sino-africaine, seul moyen d'assurer la "sécurité alimentaire" du continent et de mettre un terme à sa dépendance à la philanthropie internationale.
Dans cette optique, la Chery Heavy Industry Co., une filiale du constructeur automobile chinois, a récemment annoncé un plan d'investissement de 260 millions de $ US dans sept pays africains visant à établir des centres d'opération africains destinés à promouvoir l'utilisation du machinisme agricole. Les investissements chinois dans la promotion de l'agriculture africaine constituent naturellement une lueur d'espoir pour les peuples du continent.
La Chine possède en effet une très riche expérience et d'indéniables compétences dans le secteur agricole. Notons au passage que celles-ci sont de plus en plus reconnues même en ce qui concerne les marchés de niche qui sont aujourd'hui l'apanage des pays impérialistes en déclin. Dans le domaine viticole, les progrès de la Chine sont ainsi sensibles, même si son ambition dans ce domaine ne sera jamais - au vu des ressources arables limitées du pays -, d'exporter de grands volumes, mais davantage de satisfaire une partie de sa consommation domestique. Aujourd'hui, les meilleurs vins du Ningxia n'ont plus rien à envier aux vins de table du vignoble bordelais.
"Les gens doivent changer d'opinion sur les vins chinois", remarquait Fiona Sun, rédactrice de la Revue du vin de France après sa participation à une dégustation en aveugle ayant récemment opposé cinq vins chinois à cinq vins de Bordeaux. "Les Chinois s'en sortent très, très bien", remarquait un autre membre du jury.
Mais qui sait, une fois la sécurité alimentaire du continent africain assurée, l'impérialisme chinois s'y lancera peut-être dans la production viticole à grande échelle...
Cette parenthèse fermée, il est évident qu'à l'heure où la récolte de céréales a souffert de la sécheresse aux USA et dans le bassin de la mer Noire, à l'heure où l'Inde a enregistré une mousson tardive augurant une mauvaise récolte, il faut s'attendre à "une flambée mondiale du cours des grains" et à la perspective de possibles nouvelles "émeutes de la faim" dans les mois à venir.
Dans ces conditions, les médias des pays impérialistes en déclin en sont réduits à dénoncer leur propre "gabegie alimentaire" et par exemple le fait que 40% de la production américaine de maïs sera convertie en carburant alors qu'à l'autre bout du monde, un milliard de "mal-nourris" luttera pour sa survie !
Notons au passage que cette situation de déficit de la production céréalière mondiale ne devrait avoir qu'un impact très limité sur l'inflation des produits alimentaires en Chine, alors que les autorités chinoises s'attendent à enregistrer "une nouvelle bonne récolte" cette année, ce qui permettra de garantir un "marché intérieur" "stable". Le pays est en effet autosuffisant en ce qui concerne le riz, le blé et le maïs, et seule la production de viande sera impactée par la hausse des cours du soja (importé à 70%).
Les investissements chinois dans la promotion des techniques agriculturales modernes et du machinisme agricole en Afrique permettront à l'impérialisme chinois de remplir un double objectif, à savoir en premier lieu celui d'étendre les débouchés pour ses produits industriels, et en second lieu celui de participer à la naissance d'une agriculture africaine moderne qui servira de point de départ à la future expansion des capitaux industriels chinois sur le continent africain, un phénomène de "délocalisation industrielle chinoise" aujourd'hui à l'état embryonnaire à l'heure où certaines entreprises chinoises "ont commencé à y déménager leurs chaînes de production".
Avec la tenue à Pékin de la 5ème Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, l'été 2012 a surtout fourni l'occasion à l'impérialisme chinois de réitérer son attachement à ce continent d'importance stratégique.
A l'occasion de ce forum, l'impérialisme chinois annonça une forte hausse des crédits dédiés au développement des infrastructures, de l'agriculture et de l'industrie manufacturière africaines.
A 20 milliards de $ US, ils représentent le double du de ceux accordés à l'occasion de la conférence trisannuelle précédente de Charm el-Cheikh, "un geste qui reflète la présence croissante de la république populaire sur ce continent". Depuis 2009, la Chine est le premier partenaire commercial du continent et en 2011, le volume du commerce bilatéral sino-africain a atteint un nouveau record à 166,3 milliards de $ US, un chiffre en hausse de 83% par rapport à 2009. Dans le même temps, le stock des IDE chinois en Afrique a progressé de 60% à 14,7 milliards de $ US.
Alors que la crise économique mondiale "a fait tourner l'attention du Continent Noir vers l'Orient" et que ses élites sont inquiètes "du retour du colonialisme en Afrique", la Chine compte aujourd'hui "saisir cette occasion pour engager un dialogue avec l'élite africaine".
"Après tout, la démocratie, la liberté et les droits de l'homme ne sont pas exclusifs au monde occidental. La Chine a besoin de rattraper la tendance et de discuter de la démocratie et du développement avec les pays africains qui ont subi des siècles de pillage colonial et suivent un chemin cahoteux vers le développement et la démocratie".
Et peu importe si "l'essor des relations sino-africaines surprend l'Occident" et lui fait grincer des dents. Aujourd'hui, l'impérialisme chinois n'hésite plus à répondre du tac au tac aux "accusations de "néocolonialisme" chinois" jugées "injustes" au regard du passif de l'Occident en la matière...
Ce fil stratégique est indéniablement à l'œuvre aujourd'hui, alors que l'impérialisme chinois prend un plaisir non dissimulé à rappeler les "crimes odieux" commis par les pays impérialistes en déclin en Afrique au cours des derniers siècles, une manière de lutter contre l'influence des "médias occidentaux" qui "passent leur temps à diaboliser la Chine et son rôle en Afrique". Il faut dire que "conscient de ses crimes", l'Occident "sait qu'à présent, il pourrait "perdre" l'Afrique", et l'unanimité de la presse bourgeoise occidentale sur la question ne démontre qu'une chose, à savoir que "le niveau de la brutalité infligée aux peuples africains par les pays européens et les États-Unis les contraint à se serrer les coudes entre coupables".
"La Chine est "dangereuse" parce qu'elle est différente et qu'elle ne fait pas ce que les puissances occidentales ont fait en Afrique. (...) Pour l'Occident, attaquer la Chine sur des sujets concernant l'Afrique n'est rien moins qu'une lutte pour la survie - ou, plus exactement, pour la survie de son ordre mondial et de son contrôle colonial sur le continent. Puisque l'Occident défend son contrôle sur les vies des peuples d'Afrique et le pillage de leurs ressources, la Chine n'a plus aucune raison de prendre des gants.
Elle doit parler avec plus de force et de clarté, au nom de son propre peuple et au nom de ceux qui de par le monde n'ont pas eu le droit à la parole pendant des siècles. Et elle devrait commencer à poser certaines questions inconfortables à l'Occident".
Que faut-il retenir des évènements récents au Niger, en Côte d'Ivoire, en Libye, en Syrie, au Mali, etc. ?
Outre des intérêts économiques et géopolitiques directs souvent évidents - tels le fait de s'accaparer le pétrole libyen ou de mettre la pression sur l'Iran en s'en prenant à la Syrie, l'un de ses alliés régionaux majeurs -, ces ingérences grossières dans les affaires intérieures de pays bourgeois-compradore permettent aux pays impérialistes en déclin de faire diversion, et notamment de faire oublier leur piteux échec et leur déroute flagrante en Afghanistan.
Il s'agit pour eux de démontrer qu'en dépit de leur décomposition économique croissante et de la défiance elle aussi croissante de certains régimes bourgeois-compradore à leur égard, ils conservent un pouvoir de nuisance élevé et qu'il faut donc encore compter avec eux pour quelques années encore !
N'en déplaise aux impérialistes chinois qui dans un article du Quotidien du Peuple, déclaraient encore récemment que "l'époque de la guerre et de la violence révolutionnaire est une époque révolue et [que] notre monde est entré dans une nouvelle époque caractérisée par la paix et le développement". Il faut dire que l'impérialisme chinois voudrait bien éviter "une nouvelle guerre froide".
Il préfèrerait évidemment voir ses concurrents malheureux se résoudre à accepter leur inexorable perte d'influence. L'impérialisme chinois craint en effet certainement qu'une telle atmosphère d'agressions coloniales, de guerres larvées et d'excitation des rivalités ethniques ne puisse à terme être favorable au soulèvement des peuples des pays dépendants
Aussi longtemps que l'impérialisme chinois n'aura pas rattrapé et dépassé ses concurrents en déclin en termes de développement de sa puissance militaire et en particulier de ses forces de projection, la tentation sera grande pour eux de tenter de compenser leur faiblesse économique croissante par la "diplomatie" des canons...
De l'aveu même de la presse bourgeoise d'Occident, la "bataille pour la chute de Bachar el-Assad" est aujourd'hui un des épisodes "d'une nouvelle guerre froide "soft⇒ opposant "les États-Unis et l'UE avec l'Arabie saoudite et le Qatar" à "la Russie, la Chine, l'Iran et les pays qui refusent les diktats occidentaux⇒.