Xu Li, CGTN Français
À l'heure où le concept de "communauté de destin pour l'océan", proposé par le président chinois Xi Jinping en 2019, entre dans sa septième année, il invite à une réflexion approfondie sur cet espace qui couvre plus de 70 % de la surface du globe. Berceau de la vie, vecteur d'échanges et levier du développement durable, l'océan se trouve aujourd'hui au cœur des équilibres futurs de l'humanité ;
Pourtant, il est soumis à des tensions croissantes, à la fois environnementales et géopolitiques.
La gouvernance des océans se trouve actuellement à un tournant décisif. D'un côté, le changement climatique, la pollution marine, la surexploitation des ressources et l'érosion de la biodiversité constituent des défis globaux, auxquels aucune nation ne peut répondre isolément. De l'autre, les rivalités stratégiques, les différends maritimes et la compétition pour l'accès aux ressources tendent à fragmenter cet espace commun. La situation actuelle dans le détroit d'Ormuz en est une illustration frappante. L'océan, qui devrait représenter un facteur d'unité, risque de se transformer en une source de frictions.
Dans ce contexte, l'idée avancée par le président Xi Jinping d'une "communauté de destin pour l'océan" propose une lecture fondée sur l'interdépendance. Elle s'inscrit en rupture avec les logiques de confrontation ou de rivalité à somme nulle, en mettant l'accent sur la responsabilité partagée et la coopération. Sans prétendre constituer une réponse unique, cette approche contribue à nourrir le débat international sur les modalités d'une gouvernance maritime plus inclusive.
Trois dimensions essentielles la structurent. En matière de sécurité, elle met en avant la construction de mécanismes de confiance et le règlement pacifique des conflits, dans un contexte marqué par des tensions maritimes persistantes. À cet égard, certaines initiatives concrètes, telles que la participation de la Chine aux missions d'escorte dans le golfe d'Aden, illustrent la possibilité de coopérations internationales visant à sécuriser les routes maritimes.
Sur le plan environnemental, elle insiste sur la nécessité de renforcer la protection des écosystèmes marins et de promouvoir une relation plus équilibrée entre les activités humaines et l'océan. Les efforts engagés ces dernières années en matière de protection du littoral, de restauration des écosystèmes marins ou de lutte contre la pollution témoignent d'une prise de conscience croissante de ces enjeux. Cette vision fait écho à une formule souvent reprise par le président Xi Jinping : "Nous devons chérir l'océan comme nous chérissons notre vie."
Sur le plan du développement, elle met en avant le potentiel d'une économie bleue ouverte et coopérative, source d'opportunités pour tous. Des initiatives telles que le développement de "la Route de la soie maritime" ou des plateformes de services logistiques intégrés comme "Silk Road Maritime" s'inscrivent dans cette idée de connectivité accrue et de coopération économique autour des espaces maritimes.
Reste désormais à passer des principes à la mise en œuvre. L'adhésion aux cadres multilatéraux, le respect du droit international et le développement de coopérations concrètes, qu'il s'agisse de recherche scientifique, de protection de l'environnement ou d'infrastructures maritimes, constituent des éléments déterminants pour crédibiliser ces orientations.
L'avenir des océans ne saurait être dissocié de celui de l'humanité. Face à des défis qui ignorent les frontières, aucune solution purement nationale ne peut s'imposer. Dans cette perspective, les différentes initiatives, y compris celles portées par la Chine, méritent donc d'être examinées, discutées et mises à l'épreuve du dialogue international.
Seule cette voie permettra à l'océan de rester un espace de coopération plutôt que de division, au plus grand bénéfice des générations futures.
XU LI
CGTN Français
