L'US Navy a confirmé qu'un drone de surveillance MQ-4C Triton s'est écrasé le 9 avril dans la région du golfe Persique. L'incident est désormais qualifié d'accident, bien que les circonstances de sa disparition restent floues.
Après la disparition soudaine de l'appareil des sites de suivi de vol en ligne alors qu'il survolait le golfe Persique, plusieurs sources ont rapporté qu'il avait été abattu par la défense aérienne iranienne.
Le MQ‑4C est un appareil nettement plus rare et plus précieux que le chasseur‑bombardier F‑15E, le drone MQ‑9 et les autres aéronefs abattus par les forces iraniennes ou leurs alliés. Seul le drone E‑3 Sentry AWACS de l'US Air Force, détruit au sol en Arabie saoudite, possède une valeur supérieure.
Alors que l'E‑3 est un appareil vieillissant dont le retrait du service était prévu dans les 15 prochaines années, le MQ‑4C constitue un outil de pointe, toujours en production pour la marine américaine.
Chaque MQ‑4C est estimé entre 235 et 250 millions de dollars, et son coût très élevé explique que seuls vingt exemplaires aient été mis en service.
La destruction d'un tel appareil par la défense aérienne iranienne ne serait pas totalement inédite. Le 20 juin 2019, un drone RQ‑4A Global Hawk, étroitement apparenté et développé pour l'US Air Force, avait été abattu par le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
À cette époque-là, l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies, Majid Takht Ravanchi, avait indiqué que l'appareil "avait survolé le détroit d'Ormuz jusqu'au port de Chabahar en mode furtif complet, après avoir désactivé son système d'identification et mené une opération d'espionnage manifeste. Alors que l'appareil [américain] regagnait l'ouest de la région, près du détroit d'Ormuz, en dépit des avertissements radio répétés, il a pénétré dans l'espace aérien iranien".
Plus récemment, depuis fin février, les forces iraniennes ont abattu environ 17 drones MQ‑9, ainsi que plusieurs drones d'autres types, dont le Heron israélien.
Le Triton est un dérivé du MQ‑4 Global Hawk, spécialisé dans la surveillance maritime. Ces appareils disposent d'une autonomie de plus de 13 000 kilomètres, indispensable à une surveillance continue de vastes zones. Leur cellule renforcée leur permet de résister aux conditions météorologiques océaniques difficiles et de maintenir leur position au‑dessus des océans quelles que soient les conditions.
Chacun d'eux intègre le radar multifonction actif AN/ZPY‑3, conçu pour assurer une surveillance maritime à 360° et capable de suivre des navires sur de vastes étendues. Ils embarquent également des capteurs électro‑optiques et infrarouges, ainsi que des systèmes de détection électronique des signaux.
Grâce à des liaisons de données en temps réel via satellite, ils servent de nœuds au sein de réseaux de surveillance plus vastes, partageant leurs données avec les forces navales, aériennes et terrestres. Ces appareils sont particulièrement indispensables dans le Pacifique, bien que leur capacité de survie ait été remise en question à plusieurs reprises.
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Avant la disparition soudaine de ses systèmes de suivi de vol, le MQ‑4C Triton abattu par l'Iran a connu une perte d'altitude spectaculaire, passant de son altitude de croisière habituelle d'environ 15 240 mètres à moins de 3 048 mètres, selon des rapports.
À ce moment‑là, le drone semblait regagner sa base aéronavale de Sigonella, en Italie, après avoir achevé une mission de surveillance dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz, a indiqué l'US Navy.
Au moment de sa descente, le transpondeur du drone a émis un signal de détresse. Il a d'abord transmis le code 7400, indiquant une perte de communication avec les contrôleurs au sol, puis est passé au code d'urgence 7700. Bien que ce dernier code signale une situation d'urgence en vol, il n'en précise pas la nature.
En 2019, l'Iran avait abattu un drone de surveillance RQ‑4 BAMS‑D de l'US Navy au‑dessus du golfe d'Oman et avait exhibé l'épave de l'appareil sans pilote.
Un autre MQ‑4C a été détecté mercredi lors d'une mission de routine au‑dessus du golfe Persique.
La semaine dernière, la publication spécialisée dans la défense TWZ a noté que les drones Triton seraient probablement essentiels pour la surveillance du golfe Persique et du détroit d'Ormuz, en particulier durant le cessez‑le‑feu fragile entre les États‑Unis et la République islamique d'Iran.
