16/04/2026 reseauinternational.net  22min #311212

L'Abondance est déjà là... mais on nous la vole

par Philippe Bergerac

Introduction

L'abondance post-rareté n'est plus une promesse lointaine.

Elle est techniquement possible aujourd'hui.

L'intelligence artificielle, l'énergie solaire devenue quasi gratuite, la fusion nucléaire qui s'accélère et l'automatisation généralisée peuvent faire tendre vers zéro le coût de production des biens et services essentiels. Des expériences concrètes de revenu universel de base le prouvent déjà : plus de créativité, plus de bien-être, moins de violence et de stress.

Pourtant, nous n'y avons pas droit.

Parce que le capitalisme en crise, pour continuer à faire du profit, doit tout optimiser au maximum. Et comme il n'entend pas la notion de bien commun, il doit optimiser au maximum y compris et surtout l'être humain : le prévoir, le contrôler, le rationner, et l'éliminer s'il devient inutile.

La même technologie qui pourrait libérer l'humanité est donc capturée, verrouillée et détournée par une poignée d'acteurs qui refusent de la partager. Attention ! Il n'y a ici pas de complot : ce ne sont pas les complots qui font l'Histoire ; c'est l'histoire des forces productives qui, régulièrement, utilise au besoin le complot pour avancer et écarter ce qui la gêne. Y compris par les crises, les "pandémie", le génocide (vendéens, sans-culottes, indiens, populations russes, irlandais, arméniens, cambodgiens, chinois,... qui est un moyen brutal d'écarter les obstacles (résistances paysannes, structures féodales, populations "inutiles" ou "en trop") afin de laisser les forces productives capitalistes se déployer plus librement.

Derrière les beaux discours sur la "transition" et l'"innovation", se cache une réalité brutale : l'abondance matérielle est en train de devenir l'abondance pour une minorité, accompagnée d'un contrôle renforcé sur la majorité.

ZOOM sur la VALORISATION (faire du profit) d'un "COMMUN" : les fonds marins

L'analyse s'effectue dans le cadre suivant factuel et bien réel : la baisse tendancielle du taux de profit pousse le capitalisme à conquérir de nouveaux fronts comme, par exemple, les fonds marins ou à miser sur l'abondance technologique pour relancer l'accumulation, à savoir, la recherche de nouvelles sources de profit.

La valorisation d'un "commun" qui, par définition, était gratuit avant : les fonds marins.

Le capitalisme, confronté à la baisse tendancielle du taux de profit, conquiert aujourd'hui les fonds marins comme nouvelle source d'accumulation massive. Ce n'est plus une hypothèse : c'est une réalité en cours d'exécution.

Chiffres et faits chocs qui interpellent :

  • L'Autorité internationale des fonds marins (ISA) a déjà délivré 31 contrats d'exploration couvrant plus de 1,5 million de km² (surface équivalente à 3 fois la France) ;
  • La zone Clarion-Clipperton (Pacifique) à elle seule contient 21 milliards de tonnes de nodules polymétalliques riches en nickel, cobalt, manganèse et cuivre - métaux indispensables aux batteries des voitures électriques et à la "transition verte" ;

  • La valeur potentielle de ces nodules est estimée à plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars.
  • L'entreprise The Metals Company (TMC), la plus avancée, vient d'obtenir le feu vert américain pour une zone commerciale de 65 000 km² (plus grande que certains pays européens) et prévoit d'extraire jusqu'à 20 millions de tonnes de nodules par an d'ici quelques années ;
  • Le marché mondial du deep-sea mining, encore embryonnaire, est projeté passer de ~5,6 milliards $ en 2026 à 16 à 40 milliards $ d'ici 2032-2033 ;
  • Les Blue Bonds (obligations bleues) ont déjà levé plus de 15 à 19 milliards $ pour "protéger" les océans... tout en finançant indirectement leur exploitation industrielle.

L'élément le plus choquant : On s'apprête à détruire des écosystèmes abyssaux uniques qui ont mis des millions d'années à se former, pour extraire des métaux destinés à "sauver la planète".

Des espèces encore inconnues de la science vont disparaître avant même d'être découvertes. C'est la marchandisation ultime des communs : l'océan, patrimoine commun de l'humanité, transformé en mine à ciel ouvert sous-marine.

Cette conquête des fonds marins illustre parfaitement la logique décrite dans notre analyse : quand les marchés terrestres sont saturés, le capital va chercher de nouvelles frontières, même au prix de la destruction irréversible de ce qui restait encore gratuit.

Le scénario d'abondance après la rareté : données sourcées et expériences concrètes réussies

"Là où il y a une volonté, il y a un chemin", proverbe chinois traditionnel

L'abondance après la rareté désigne un état où les coûts de production supplémentaires des biens et services de base tendent vers zéro grâce à l'intelligence artificielle, à la robotique, à l'énergie très abondante (solaire et fusion nucléaire) et à l'automatisation généralisée.

Ce n'est pas de la science-fiction : c'est une trajectoire observable, mais qui dépend fortement de la propriété des moyens de production.

Données énergétiques (clé de tout)

• Solaire : le coût moyen actualisé du solaire à grande échelle est tombé à environ 0,043 dollar par kilowattheure en moyenne mondiale en 2024, avec des records à 0,027-0,033 dollar par kilowattheure dans les régions très ensoleillées.

91% des nouveaux projets d'énergies renouvelables sont moins chers que le charbon ou le gaz neuf.

En 2024, entre 553 et 601 gigawatts de solaire ont été installés, soit une hausse de 29%.

Les projections de l'Agence internationale de l'énergie indiquent que les énergies renouvelables représenteront plus de 90% des nouvelles capacités électriques d'ici 2035.

• Fusion nucléaire : accélération spectaculaire.

La société Helion Energy, financée notamment par Sam Altman, vise à fournir 50 mégawatts à Microsoft d'ici 2028, soit l'équivalent de 36 500 années de chauffage + eau chaude pour un seul foyer français de 4 personnes.

La société Commonwealth Fusion Systems, soutenue par Google et Nvidia, cible une usine commerciale dans les années 2030.

Le financement privé est passé de 1,7 milliard de dollars en 2020 à 15 milliards de dollars fin 2025.

L'Agence internationale de l'énergie place la fusion au même niveau que les autres technologies émergentes, avec des records techniques atteints en 2025 (plasma stable et gain d'énergie positif).

Intelligence artificielle et automatisation

McKinsey estime en novembre 2025 que 57% des heures de travail aux États-Unis pourraient être automatisées avec les technologies existantes (contre 30% en 2023).

Goldman Sachs prévoit une augmentation de 1,5% du produit intérieur brut mondial grâce à l'intelligence artificielle d'ici 2035 et de 3% d'ici 2055.

Selon PwC et McKinsey, les secteurs exposés à l'intelligence artificielle voient leur productivité par employé tripler.

Vinod Khosla prévoit en 2026 que 80% des emplois pourraient être automatisables d'ici 2030, avec une forte baisse des prix.

Expériences concrètes réussies : revenu universel de base et pilotes d'abondance

• Au Kenya, l'organisation GiveDirectly mène depuis 2018 la plus grande expérience de revenu universel de base au monde.

Plus de 20 000 personnes reçoivent environ 0,75 dollar par jour pendant 12 ans (ou un versement unique équivalent).

Les résultats après deux ans montrent une hausse de l'entrepreneuriat, une meilleure sécurité alimentaire et logement, une réduction de 50% des violences domestiques, une augmentation de 6% du sentiment de bonheur et une baisse de 10% du stress.

Les bénéficiaires n'ont pas réduit leur travail ; ils ont au contraire investi et gagné davantage.

Le versement unique s'est révélé encore plus efficace pour les gros investissements.

• En Finlande (2017-2018) : 2000 chômeurs ont reçu 560 euros par mois sans condition. Il n'y a pas eu d'augmentation significative de l'emploi, mais une nette amélioration du bien-être : moins de stress, meilleure santé mentale et satisfaction de vie plus élevée (+0,5 point sur 10).

Les participants se sentaient libres de se lancer dans des projets créatifs.

• Autres expérimentations : plus de 122 essais aux États-Unis entre 2017 et 2025 montrent globalement des effets positifs sur la santé mentale et la stabilité, sans forte désincitation au travail.

Des modèles théoriques indiquent qu'un revenu universel de base financé par la taxation des super-profits de l'intelligence artificielle et de l'énergie deviendrait viable si la productivité explose.

Limite structurelle : l'abondance est techniquement à portée de main (énergie quasi gratuite + intelligence artificielle entraînant des coûts de production supplémentaires proches de zéro), mais elle est politiquement bloquée par la concentration de la propriété (quelques entreprises contrôlent les centres de données, les modèles d'intelligence artificielle et la production d'énergie) : Palantir, Oracle,... et la mentalité ouvertement anti-démocratique de leur dirigeants (mentalité des "Lumières sombres" véhiculée par Curtis Yarvin)

Sans logiciels libres largement diffusés, sans redistribution et sans gouvernance décentralisée, on risque une abondance réservée à une minorité accompagnée d'un contrôle renforcé sur la majorité.

Objectivement, factuellement, c'est vers ce quoi on se dirige.

DÉMONSTRATION

Une abondance matérielle (grâce à l'intelligence artificielle et à l'énergie abondante) profite surtout à une petite minorité, tandis que le contrôle social et économique se renforce sur la majorité, faute de :

  • diffusion massive de logiciels libres,
  • redistribution réelle et
  • gouvernance décentralisée.

Voici les faits concrets et vérifiables :

1. Contrôle numérique en cours de déploiement

Le portefeuille numérique d'identité européen (EUDI Wallet) avance rapidement. La date limite est fixée à décembre 2026 pour que chaque État membre propose au moins un portefeuille fonctionnel. Plusieurs pays (France, Italie, Pologne) sont en tête et plusieurs autres sont en bonne voie.

La certification de sécurité est en cours, et les entités réglementées (banques, services publics, etc.) devront l'accepter à partir de 2027.

Cela crée une infrastructure de traçabilité croisée (identité, consommation énergétique, données carbone) qui n'existait pas auparavant.

2. Concentration extrême du pouvoir de calcul (clé de l'abondance)

La puissance de calcul pour l'intelligence artificielle est très concentrée chez quelques acteurs :

• Google détient environ 25% de la capacité mondiale via ses processeurs maison, suivi de Microsoft,

• Oracle et Palantir. Les dépenses en centres de données dépassent 600 milliards de dollars en 2026 pour ces entreprises seules.

Les modèles ouverts progressent vite et se rapprochent des performances des modèles propriétaires sur de nombreux tests, mais l'infrastructure physique (les centres de données et les puces les plus puissantes) reste aux mains d'une poignée d'entreprises.

Sans accès démocratisé à cette infrastructure, l'abondance reste captive.

3. Marchés de contrôle (carbone et consommation)

Le nouveau marché carbone pour les bâtiments et les transports (ETS 2) est reporté à 2027-2028 pour des raisons pratiques, mais le suivi des émissions a commencé dès 2025.

Cela renforce le mécanisme de prix sur la consommation quotidienne des ménages, sans redistribution significative des recettes vers les citoyens.

4. Absence de redistribution et de gouvernance décentralisée

Aucun revenu universel de base à grande échelle n'a été adopté en Europe ou aux États-Unis.

Les expérimentations restent limitées et locales.

Il n'y a pas non plus de taxation massive des super-profits de l'intelligence artificielle ni de diffusion obligatoire des modèles et de l'infrastructure, à savoir :

  • rendre publics et gratuits les modèles d'IA les plus avancés et
  • partager les moyens physiques qui font fonctionner ces IA.

Zoom sur les outils de contrôle détenus par les élites adeptes des "Lumières sombres" de Curtis Yarvin

Les figures influentes comme Peter Thiel, Larry Ellison, Alex Karp, JD Vance (vice-président US) et Curtis Yarvin (philosophe de la "Dark Enlightenment" = "Lumières sombres") défendent ouvertement...

... une vision hiérarchique, anti-démocratique et techno-féodale (1).

Ils contrôlent directement ou indirectement plusieurs outils puissants de surveillance et de gouvernance :

• Palantir (Alex Karp) : intelligence artificielle de surveillance utilisée par les États, les armées et les services de police pour analyser en temps réel des masses de données et identifier les "récalcitrants" ou les comportements jugés à risque.

• Oracle (Larry Ellison) : partenaire clé des grands projets gouvernementaux d'intelligence artificielle, dont Stargate ; Ellison a déclaré publiquement que l'intelligence artificielle permettra une "supervision totale" des citoyens.

• Starlink et projets de Peter Thiel / Elon Musk : infrastructure de communication mondiale qui renforce le contrôle des flux d'information et de données.

• Influence politique directe : Peter Thiel a financé massivement JD Vance, le vice-président US ; Yarvin est cité comme référence majeure par ces cercles et a été invité d'honneur lors d'événements liés à l'administration Trump actuelle.

Ces outils ne sont pas neutres : ils sont conçus pour trier, surveiller et optimiser la société selon une logique de domination-soumission.

(1) Les "Lumières sombres" sont une critique anti-démocratique et anti-égalitaire assumée qui voit dans le capitalisme techno-accéléré la seule force capable de remplacer la démocratie par un nouvel ordre hiérarchique et gouverné comme une entreprise privée. C'est exactement la mentalité que l'on retrouve aujourd'hui chez Thiel, Ellison, Karp, Vance (vice-président US) et une partie de la Silicon Valley. Elles sont l'idéologie de survie du capitalisme dans sa phase terminale (voir annexe)

L'objectif n'est pas le bien commun ou la démocratie, mais la maximisation de la valeur du territoire (efficacité, sécurité, rentabilité).

En résumé

• Techniquement, l'abondance est à portée de main ;

• Politiquement et structurellement, les outils de contrôle (identité numérique, marchés carbone, concentration du calcul et systèmes de surveillance détenus par ces élites) se mettent en place plus vite que les outils de partage.

Le scénario hybride classique qu'on décrit (voir pièce jointe), à savoir, abondance pour une minorité, contrôle renforcé sur la majorité, est donc la trajectoire la plus probable à horizon 10-15 ans, sauf si des contre-forces massives (mobilisation populaire, avancées décisives en logiciels libres et/ou changements politiques majeurs) interviennent.

On sent quand même que tout esprit de révolte est tué dans l'œuf : ingénierie sociale par la peur, la culpabilisation, lavage des cerveaux, wokisme, etc. (1)

C'est une analyse factuelle basée sur les données disponibles aujourd'hui et non pas une prédiction inévitable.

(1) Les outils de neutralisation de la révolte

• Ingénierie par la peur : climat, pandémies, insécurité, "crises" permanentes. Elles justifient le contrôle (quotas carbone, identité numérique, surveillance) tout en rendant toute contestation "irresponsable".

• Culpabilisation individuelle : on transforme des problèmes structurels (baisse du taux de profit, enclosures / valorisation des communs) en fautes personnelles (empreinte carbone, privilèges, "comportements toxiques"). Résultat : l'énergie de révolte est retournée contre soi ou contre le voisin.

• Lavage des cerveaux et division culturelle : le wokisme et les guerres identitaires (genre, race, orientation) occupent tout l'espace médiatique et intellectuel. Ils fragmentent la conscience de classe des classe populaires et moyennes en micro-conflits identitaires. Au lieu de s'unir contre la concentration du pouvoir économique et technologique, on se bat sur des questions symboliques qui ne menacent pas les structures réelles.

Addiction numérique et distraction : algorithmes, réseaux sociaux et flux d'information calibrés maintiennent une population en état de saturation cognitive permanente.

Ces techniques ne sont pas nouvelles, mais elles ont gagné en efficacité grâce à l'intelligence artificielle et à la concentration du pouvoir de calcul que nous avons évoquée (Palantir, Oracle, Google, etc.).

Elles servent directement la logique immanente du capital en crise :

gérer, voir éliminer la "surpopulation relative",

empêcher toute remise en cause des nouveaux marchés (eau, air, fonds marins, carbone,... et maintenir la stabilité pendant que l'accumulation se poursuit ailleurs.

Ce n'est pas une fatalité absolue.

Oui, l'esprit de révolte est largement tué dans l'œuf aujourd'hui. Mais l'Histoire montre que ces dispositifs idéologiques et psychologiques tiennent tant que les conditions matérielles ne deviennent pas trop insupportables pour la majorité.

Quand la précarité, la stagnation ou la perte de sens deviennent trop massives, les mécanismes de pacification peuvent craquer (on l'a vu à différentes époques).

En fait, quand le frigo sera vide, la Télévision pourra dire ce qu'elle voudra : le spectateur ne l'écoutera plus.

ANNEXE : Pourquoi l'esprit "Lumières sombres" et ces entreprises arrivent précisément maintenant ?

Parce que nous sommes entrés dans la phase terminale de la crise de reproduction du capitalisme.

La baisse tendancielle du taux de profit a atteint un point où les contre-tendances classiques (globalisation, financiarisation, destruction par les guerres ou pandémies) ne suffisent plus à restaurer durablement la profitabilité.

Le capitalisme arrive à la fin de son cycle historique :

  • les marchés terrestres sont saturés ;
  • la composition organique du capital (c/v), à savoir, la part des machines (c) - qui ne créent pas de valeur - par rapport aux salaires (v), est extrêmement élevée grâce à l'automatisation et à l'IA ;
  • la démocratie, devenue trop lente et trop "populaire", commence à gêner l'accumulation.

Dans cette situation, une fraction des élites technologiques (Thiel, Ellison, Karp, Yarvin, Vance...) propose une solution radicale : remplacer la démocratie par une gouvernance corporate (souverainetés privées).

C'est la réponse logique du capital en agonie : quand l'État-nation démocratique ne permet plus d'imposer les contre-tendances nécessaires (contrôle total, rationnement, marchandisation totale des communs), on le remplace par des entreprises souveraines qui peuvent agir sans frein parlementaire ni opinion publique.

Les Lumières sombres ne sont donc pas une mode intellectuelle : c'est l'idéologie de survie du capital dans sa phase terminale.

Comment cet esprit arrive-t-il concrètement ?

  • Les super-profits de l'IA et des data centers (Stargate, xAI, Oracle, Palantir) génèrent des richesses colossales qui permettent à ces acteurs de financer directement la politique (Thiel a mis 15 millions $ sur Vance ; Ellison finance Trump ; etc.) ;
  • Ils contrôlent déjà l'infrastructure critique : calcul, énergie, données, communication (Starlink).
  • Ils ont compris que la démocratie est devenue un obstacle à la vitesse et à la brutalité nécessaires pour la prochaine vague de profits (marchés carbone, fonds marins, identité numérique, etc.).

Vie concrète que cette fine équipe va nous faire vivre dans les 10-15 ans (2035-2040)

Voici des exemples réalistes et précis, déjà en cours de déploiement :

  • Notre identité numérique (EUDI Wallet + scoring intégré) : dès 2027-2028, notre téléphone ou notre carte contiendra notre identité, notre empreinte carbone, notre historique médical, nos déplacements et nos achats. Un algorithme Palantir/Oracle nous donnera un score global (crédit social soft) ; score qui n'aura pas été défini démocratiquement. Score bas = restrictions automatiques (limite de voyage, limitation d'énergie, priorité moindre pour les soins, etc.).
  • Quotas carbone et énergie individuels : en 2028-2030, chaque foyer aura un quota carbone annuel. Si nous dépassons ce quota, notre chauffage baisse automatiquement, notre voiture électrique se verrouille partiellement et nos courses en ligne sont limitées. Les Blue Bonds et les marchés carbone monétisent cela.
  • Travail et revenus : 50-60% des emplois actuels seront automatisés ou "augmentés". Ceux qui restent seront ultra-précarisés. L'UBI (revenu universel de base) sera testé... mais conditionné à notre score comportemental. Refus de certaines tâches ou opinions "à risque" → baisse ou suppression de l'allocation.
  • Ville et logement : les smart cities (comme la future Gaza reconstruite ou les projets de Thiel en Amérique latine) deviendront le modèle. Tout est surveillé 24/7 (caméras + IA). Notre loyer, notre accès aux services et notre droit de circuler dans certains quartiers dépendront de notre score.
  • Santé et corps : Oracle et Palantir auront accès à nos données médicales en temps réel. Refus de certaines "mises à jour" ou thérapies géniques recommandées → impact sur notre score et nos droits.
  • Liberté d'expression : les algorithmes de Starlink et des réseaux contrôlés par ces acteurs filtreront ce que nous pouvons voir et dire. Pas de censure frontale, mais un "soft censorship" par invisibilité ou par score.

En résumé, la vie quotidienne ressemblera à un mélange entre la Chine actuelle (crédit social) et une entreprise privée ultra-hiérarchique : nous serons des "clients" ou des "employés" du système, plus des citoyens. Nous aurons des droits tant que nous serons utiles et dociles. Sinon, nous serons progressivement exclus des flux d'abondance.

C'est exactement ce que prévoit la mentalité des Lumières sombres : une société de patchworks où les plus performants vivent dans des zones de luxe high-tech, et la majorité dans des zones de contrôle et de rationnement.

Tout cela n'est pas une dystopie de science-fiction. Ce sont les contre-tendances logiques et déjà en cours de déploiement face à la crise terminale du capitalisme.

2 EXEMPLES DE PRETEXTES POUR NOUS FAIRE ENTRER DANS CE MONDE DE CONTRÔLE : la GUERRE en IRAN et le "CLIMAT"

1. LA GUERRE EN IRAN peut parfaitement servir à créer artificiellement des pénuries énergétiques pour justifier et accélérer la mise en place de ces outils de contrôle

Comment ça s'articule concrètement :

  1. Création de pénurie énergétique réelle ou perçue L'Iran est un acteur majeur du pétrole et du détroit d'Ormuz (20% du pétrole mondial y transite). Une guerre ou un blocus prolongé fait immédiatement monter les prix du pétrole et du gaz → choc énergétique mondial, surtout en Europe qui dépend encore fortement des importations.
  2. Justification politique du rationnement Face à la pénurie (ou à la hausse des prix), les gouvernements européens peuvent alors dire : "Il faut rationner pour sauver la planète et la sécurité nationale." Cela permet d'instaurer rapidement :
    • des passes énergétiques (QR code ou application qui limite ta consommation d'électricité, de gaz, de carburant) ;
    • des quotas carbone individuels ;
    • l'EUDI Wallet couplé à un suivi énergétique en temps réel.
  3. Double bénéfice pour le capital en crise
    • Destruction de capital : infrastructures iraniennes détruites = destruction massive de capital surabondant.
    • Nouveaux marchés et contrôle : la pénurie justifie la création de nouveaux actifs (marchés de droits à polluer/à consommer de l'énergie) et surtout l'accélération du contrôle social numérique sur les populations occidentales.

C'est exactement le même mécanisme identifié pour la pandémie de Covid (accélération de la numérisation et du contrôle) ou pour la guerre en Ukraine (accélération de la transition énergétique et du rationnement).

En résumé clair : la guerre en Iran peut servir d'accélérateur puissant pour créer une pénurie artificielle (ou amplifiée) qui rend politiquement acceptable l'instauration de passes énergétiques, de QR codes de rationnement et de tout l'arsenal de contrôle technocratique que l'Europe prépare déjà (ETS2, EUDI Wallet, scoring carbone).

Le Sri Lanka a déjà franchi le pas en avril 2026 : QR code obligatoire pour acheter du carburant, quotas stricts, contrôle digital direct.

Le Bangladesh est en train de suivre : rationnement énergétique, coupes de courant et préparation d'un système numérique de contrôle de la consommation.

Ces deux pays montrent concrètement comment une pénurie énergétique (amplifiée ou créée par la guerre en Iran) permet d'instaurer très rapidement des passes énergétiques et des outils de rationnement numérique.

C'est précisément le mécanisme que l'Europe prépare déjà avec l'ETS2, l'EUDI Wallet et le scoring carbone : la guerre fournit le prétexte parfait pour accélérer ce qui était déjà en chantier. Ce n'est pas nécessairement l'objectif unique de la guerre, mais c'est une contre-tendance logique et très efficace dans la phase terminale du capitalisme.

2. L'instrumentalisation du réchauffement climatique : un nouveau front d'accumulation et de contrôle

Dès les années 1970, des figures centrales du capitalisme comme David Rockefeller et surtout Maurice Strong (le véritable architecte du mouvement environnemental mondial) ont perçu très tôt la crise structurelle du capitalisme et la saturation des marchés traditionnels. Ils ont alors fait du CO₂ anthropique le levier central d'une double stratégie brillante :

  1. Création de nouveaux marchés En transformant l'air, le carbone, la biodiversité et les océans en actifs monétisables. La Charte de la Terre (Earth Charter), les sommets de Rio (1992), les COP successives et les marchés carbone (EU ETS en tête) ont permis de faire naître des secteurs entiers : crédits carbone, économie verte, économie bleue, obligations vertes et bleues. Ce qui était gratuit devient un actif financier ;
  2. Justification du contrôle social accru En utilisant la peur d'une catastrophe climatique imminente, ils ont rendu politiquement acceptable la mise en place progressive d'outils de rationnement et de surveillance : quotas carbone individuels, identité numérique énergétique, scoring comportemental. Le discours catastrophiste permet de faire accepter à la population ce qui serait autrement vu comme une atteinte aux libertés : contrôler sa consommation, ses déplacements et ses comportements.

Le mécanisme est particulièrement cynique : les grands pollueurs (pays émergents et grandes multinationales) continuent souvent leur développement ou leurs activités sans contrainte réelle, tandis que la population occidentale, déjà largement décarbonée (notamment la France grâce au nucléaire), se voit imposer des efforts coûteux et disproportionnés pour un impact climatique marginal.

Ainsi, ce qui était présenté comme un sauvetage de la planète est en réalité une formidable contre-tendance au service du capital en crise : création de nouvelles sources de profit et mise en place d'un contrôle social plus fin et plus accepté grâce à la peur.

La France, exemple typique d'abus et de cynisme

La France illustre parfaitement l'instrumentalisation du CO₂.

Elle ne représente que moins de 1% des émissions mondiales et a déjà réduit ses émissions de près de 30% depuis 1990 (grâce notamment à son parc nucléaire). Pourtant, on lui impose des efforts colossaux : environ 1000 € par an et par foyer fiscal jusqu'en 2050 (investissements climatiques, rénovation obligatoire, taxe carbone, etc.).

Le résultat climatique réel ? Une baisse de température planétaire de l'ordre de 0,001 à 0,002 °C d'ici 2100. Autant dire rien.

Pendant ce temps, la Chine et l'Inde continuent de construire massivement des centrales à charbon (l'Inde a plus de 100 projets en cours ou en préparation). Pour ces pays, l'accès à l'électricité reste synonyme d'espérance de vie et de développement. Ils s'assoient donc ouvertement sur les préconisations du GIEC.

Cette histoire du CO₂ anthropique apparaît alors pour ce qu'elle est : une farce de très mauvais goût. On demande à la France, déjà largement décarbonée, des sacrifices coûteux et inutiles, tandis que les vrais grands émetteurs poursuivent leur industrialisation. Le tout pour créer de nouveaux marchés (quotas carbone, économie verte) et justifier un contrôle social accru sur les populations occidentales.

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