Quo vadis, homo europeus ?
• En miroir de notre époque, les échos de la décadence. • Depuis le début du XXème siècle et l'identification par Sabina Spielrein, proche de Freud et de Jung, de la "pulsion de mort" existant dans l'instinct sexuel sous le nom de masochisme. • L'auteur de cet essai, A. Moncada, estime que ce caractère psychologique a conduit l'Europe et l' homo europeus vers la décadence et l'autodestruction telles qu'on les observe aujourd'hui. • Arnold Spengler est cité en référence comme prophétique.________________°_________
17 avril 2026 (16H50) - Voilà un sujet de A. Moncada qui nous passionnera, sur le site espagnol de 'socialismomultipolaridad.blogspot.com' ( traduction française sur 'euro-synergies.hautetfort.com'). Le titre nous donne l'essentiel du propos : :
"Essai sur le masochisme, la décadence de l'Europe et la volonté d'autodestruction"
Il y est question d'une visite à la psychanalyse avec Sabina Spielrein, élève de Freud et collègue (et peut-être maîtresse) de Carl Gustav Jung. Il y est question de la "pulsion de mort" que Spielrein estime logée au fond de l'inconscient humain, une face cachée de l'instinct sexuel :
"Pour comprendre le panorama vaste et sombre qui s'étend devant nous, il faut partir d'une découverte qui a ébranlé les fondements mêmes de la jeune science psychanalytique: la notion, formulée par Sabina Spielrein, selon laquelle au plus profond de l'instinct sexuel humain se niche une pulsion paradoxale, un désir de souffrance qui n'est pas une simple pathologie individuelle mais une composante structurelle de la vie psychique."
L'auteur parle de cette découverte au sens biologique du terme pour expliquer la naissance et le développement collectif de cette "pulsion de mort", comme cause centrale et fondamentale de la décadence sinon de l'effondrement de la civilisation occidentale. Deux développement majeurs sont cités :
• La "guerre civile européenne", selon l'expression employée par Ernst Nolte dans son essai de 1987 (' La Guerre civile européenne (1917-1945)'), avec une différence de la datation de départ. Nolte qui entend faire une analogie entre le communisme et le nazisme pour définir ce bouleversement, ouvre sa "guerre civile" en 1917, année de la prise de pouvoir par les bolchéviques. Manifestement, Moncada a une autre idée en tête, qui n'est plus du temps des querelles idéologiques assez morbides (décompte des millions de morts) sur le communisme par rapport au nazisme.
• L'immigration massive qui touche l'Europe depuis bientôt quarante ans. On connaît aussi bien cette thèse qui fait de cette événement une sorte d'"invasion" favorisée par le "Capital" pour faire entrer du "sang frais" pour "travailleurs à très bon marché" et faiseurs d'enfants. dans une Europe en état d'effondrement démographique. C'est une autre forme de décadence et d'effondrement, nous dit Moncada.
• Le tout est couronné par une référence évidente à Oswald Spengler et son 'Declin de l'Occident' perçu comme une œuvre visionnaire et prophétique. On ne discutera pas ce jugement.
"Et c'est ici, à ce point de densité conceptuelle maximale, que la voix d'Oswald Spengler résonne avec une force presque prophétique. Car Spengler, dès les années 1920, avait compris quelque chose que la plupart de ses contemporains préféraient ignorer: que les cultures, à l'instar des organismes vivants, naissent, grandissent, s'épanouissent, déclinent et meurent, et que la civilisation occidentale, cette prodigieuse culture faustienne qui avait étendu sa domination à l'ensemble de la planète, était déjà entrée dans sa phase finale, dans son hiver."
Accepter la décadence
L'on sait également, comme le rappelle Moncada, que Spengler qui prévoyait toutes ces choses terribles, après tout ne passait pas ces chapitres principaux à geindre à ce propos. Spengler est, comme d'autres, un homme "de cycle", qui n'accepte pas la vision linéaire et progressiste de l'histoire, il s'en faut de beaucoup. Pour lui, la décadence est un fait irréfragable, l'achèvement nécessaire d'une civilisation. La chose n'est pas éloignée du Kali Yuga qu'on trouve en bonne place dans la pensée de Guénon, ou éventuellement de notre GrandeCrise dans la mesure où elle représente bien l'actuel destin de notre civilisation (et du monde si l'on veut bien, puisque la modernité occidentale est une infection, - un COVID si l'on veut bien, - qui a touché le monde entier).
"Le masochisme de l'Européen, cette volonté de dissolution que nous avons décrite en suivant Spielrein, n'est que le corollaire psychologique de cette décadence objective: lorsqu'une culture ne croit plus en elle-même, lorsqu'elle a perdu la foi en ses propres dieux et en ses propres lois, elle commence à désirer sa propre mort, à chercher chez l'autre, chez l'étranger, chez le barbare, la force qu'elle-même ne possède plus. Spengler nous a également enseigné que la décadence n'est pas, à proprement parler, quelque chose qu'il faille déplorer ou célébrer; c'est simplement un fait, une phase du cycle vital qu'aucune culture ne peut éluder."
Cela bien admis, il nous reste quelques remarques qu'attirent, à notre sens, l'analogie de Moncada, avec la participation de Spengler et du marxisme. Elles le transforment, si affinités, autant dans la forme que dans le fond et dans la chronologie.
Échos des années 1920
Nous détaillons, tout en les résumant avec ce que nous espérons être une souplesse remarquable, toutes ces remarques qui n'annulent pas l'analogie mais qui la nuancent diablement et lui donnent une dimension différente, métaphysique sans nul doute.
• Il y a un passage de l'individualisme (la psychologie de la "pulsion de mort" clairement rattachée à l'école freudienne) au collectivisme jungien (extension collective d'un phénomène psychologique qui le transforme de facto et par transmutation en un événement métaphysique). Nous entrons alors dans le domaine de la cosmologie "cyclique" qui donne une autre vision, moins spenglérienne, de notre actuelle phase de décadence.
• L'intrusion de la "lecture marxiste" (du Capital) présentant cette idéologie comme un parasite finalement utile au capitalisme est une idée certes répandue, mais que l'on pourrait juger mise à mal par d'autres événements que la seule immigration, durant les dernières décennies. Cette immigration a tendance, de plus en plus nettement, à se diviser en deux branches, dont aucune ne nous paraît satisfaisante pour le "Capital" :
1). Une branche intégrationniste, très minoritaire, qui recherche l'assimilation des populations migrées aux cultures occidentales, ce qui ne facilite guère la liquidation des populations autochtones ;
2). Une branche communautariste très majoritaire, qui renforce la notion tribale de groupe, et conserve sinon accentue avec fermeté certains aspects culturels des migrants aux dépens des normes libérales et capitalistes.
• Nous ne voyons pas là-dedans une matière humaine apte à faire des "esclaves" obéissant aux normes de nos élites qui favorisent l'immigration. Par ailleurs, s'il y a du désarroi et de la confusion, c'est bien au sein de ces élites qu'on les trouve, également chez les milliardaires et les privilégiés qui les peuples. Au contraire, les autochtones ("Nous, homo europeus"), qui devions devenir "esclaves" d'une façon ou l'autre, devenons des révoltés à l'énergie de plus en plus difficiles à brider, des émeutiers ayant compris qu'une chaîne internet vaut tous les pavés du monde... Nous finirions par croire, - et c'est d'ailleurs l'évidence, - que ces élites sont bien les masochistes de la pièce, psychologiquement selon les individus et collectivement en tant que caste avec ses Epstein et ses Trump.
Mais nous sommes des années 2020...
Certes, Spengler avait raison, mais il avait raison en son temps, et d'une tout autre manière que celle qu'il aurait à trouver s'il vivait parmi nous, dans les années 2020. Ce qu'il avait observé et qui reste absolument actuel, c'est la dimension tragique de l'histoire qui fait de la décadence et de l'effondrement une fatalité. Quant aux élites-"esclaves", leur présence nous a permis de faire un bon mot : " tragédie-bouffe", l'un des legs les plus marquants de la séquence.
Grâce à eux, le masochisme conduit à l'autodestruction, et nous avons notre compte, notre 'Global Reset' à nous, comploteurs bénis. Contrat rempli, - vous autres, politicailles, journaleux, maquereaux en super-jet vers l'île de l'Atlantide blottie dans les Caraïbes, et milliardaires puant le maquereau faisandé !
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