
Par Jon Queally, le 17 avril 2026
Vendredi matin, le principal Démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants a annoncé l'ouverture d'une enquête "approfondie" sur les allégations d'enrichissement personnel de Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, qui a occupé le poste très en vue d'envoyé de la Maison Blanche au Moyen-Orient tout en
"sollicitant, selon le député Jamie Raskin, des milliards de dollars auprès des monarchies du Golfe pour [ses] entreprises commerciales privées".
Dans une lettre adressée à Kushner, le Démocrate du Maryland lui reproche, en encourageant les investissements dans sa société d'investissement internationale, A Fin Management LLC (Affinity) et en occupant le poste d'"envoyé spécial pour la paix" de l' administration Trump, d'avoir créé "un conflit d'intérêts flagrant et inexcusable" aux yeux du peuple américain.
Alors que Raskin souligne que Kushner a promis à plusieurs reprises de rester en dehors du gouvernement pendant le second mandat de Trump et, plus encore, qu'il ne lèverait pas de fonds pour Affinity pendant cette période, ces deux promesses ont été "rapidement" oubliées.
En avril 2022, le New York Times a rapporté comment Kushner a obtenu un investissement de 2 milliards de dollars auprès d'un fonds souverain dirigé par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, plus connu sous le nom de MbS. En 2018, pendant le premier mandat de Trump, des enquêtes ont été exigées suite aux accusations selon lesquelles des liens financiers antérieurs laissaient entendre que MbS avait Kushner " à sa botte".
Selon la lettre de Raskin publiée vendredi :
"La société d'investissement de M. Kushner, Affinity Partners, a accumulé environ 6,16 milliards de dollars d'actifs en gestion, dont 1,2 milliard rien que l'année dernière, avec un pourcentage extraordinaire de 99 % de ses fonds provenant de ressortissants étrangers. Parmi ceux-ci figurent des fonds souverains gérés par les gouvernements de l' Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. Dans le même temps, M. Kushner a endossé un rôle central dans des négociations géopolitiques sensibles à travers le Moyen-Orient et au-delà."Malgré des assurances publiques explicites selon lesquelles il éviterait à la fois de servir au sein du gouvernement et de collecter des fonds pendant le second mandat du président Trump, M. Kushner a fait exactement l'inverse. Il s'est immiscé dans les conflits mondiaux les plus instables en tant qu'un des principaux négociateurs des États-Unis, tout en accroissant ses liens financiers avec des gouvernements étrangers et en approfondissant leur imbrication".
Évoquant la complicité honteuse des États-Unis dans les attaques incessantes d'Israël contre Gaza ainsi que la guerre illégale déclenchée par Trump contre l'Iran, M. Raskin accuse dans sa lettre adressée à M. Kushner :
"Votre décision de jouer un dualisme totalement inconciliable et contraire à l'éthique mine la politique étrangère américaine depuis le retour du président Trump à Washington en 2025".
Notant que le prince héritier d'Arabie saoudite reste
"votre plus gros investisseur par l'intermédiaire d'Affinity et dispose donc d'un levier financier significatif sur" Kushner, Raskin rappelle au gendre du président que "vous ne pouvez pas être à la fois diplomate et pion financier de la monarchie saoudienne. Vous ne pouvez pas représenter fidèlement les États-Unis avec les milliards de dollars saoudiens et émiratis qui gonflent toutes les poches de tous les costumes de votre garde-robe".
Forte de ces considérations, a expliqué Raskin, l'enquête de la commission judiciaire de la Chambre des représentants examinera
"votre attitude et celle de votre cabinet en vue de recueillir des informations essentielles à la réforme de nos lois sur la corruption, des dispositions relatives aux conflits d'intérêts, d'autres lois et règles régissant la conduite des employés du gouvernement et des agents spéciaux, ainsi que la loi FARA".
La lettre, qui dresse une liste de requêtes, exige que M. Kushner fournisse un compte rendu détaillé de ses communications avec divers partenaires d'investissement et entités liées à ses activités commerciales et à sa fonction d'envoyé spécial du président, avec une date butoir fixée au 30 avril pour s'y conformer.
"Cette enquête est une priorité pour notre commission dans les prochains mois", indique la lettre de M. Raskin. "Nous attendons de vous une coopération totale et que vous nous fournissiez tous les documents utiles relatifs à vos intérêts commerciaux, à votre patrimoine familial, ainsi qu'à la fusion et à la convergence de vos fonctions et missions gouvernementales".
Traduit par Spirit of Free Speech