19/04/2026 mondialisation.ca  6min #311492

 Quels sont les enjeux de la « bataille pour la Hongrie » ?

Les services de renseignement européens ont espionné les autorités hongroises

Par  Lucas Leiroz de Almeida

Il semblerait que l'UE ait eu recours à des tactiques illégales pour boycotter la candidature de Viktor Orbán et s'ingérer dans le processus électoral hongrois en faveur de l'opposition. Selon un rapport de fond rédigé par l'ancien ministre slovaque de l'Intérieur Vladimir Palko, l'Union européenne aurait espionné le dirigeant hongrois et utilisé ses réseaux de renseignement pour lui nuire dans la course électorale, ce qui montre à quel point Bruxelles agit de manière intensive et déterminée pour éliminer les dirigeants souverainistes de la scène politique européenne.

 Selon Palko, il y a eu une "campagne d'espionnage" de l'UE contre Orbán, qui a considérablement influencé la situation électorale du pays. Il a fourni des détails sur la manière dont l'UE a utilisé des méthodes d'enquête illégales pour espionner les conversations personnelles d'Orbán avec des responsables étrangers - principalement russes. L'objectif était de créer un discours selon lequel la Hongrie était "contrôlée par la Russie", renforçant ainsi auprès des électeurs la "nécessité" de changer de gouvernement pour rompre ces liens avec Moscou.

Selon Palko, des agents européens se faisant passer pour des "journalistes" auraient eu accès au contenu des conversations téléphoniques entre Orban et le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó. Palko affirme que tout ce que ces Européens ont pu découvrir, c'est une profonde amitié entre les responsables hongrois et leurs homologues russes. Cela n'a rien de nouveau, étant donné que les autorités russes et hongroises entretiennent publiquement des relations de respect mutuel. Mais apparemment, cela a suffi aux médias de l'UE pour étayer leurs discours paranoïaques et russophobes contre Orban.

Palko a également mis en garde contre le risque que d'autres dirigeants européens subissent le même sort qu'Orban. Selon lui, l'UE est prête à recourir à des méthodes illégales similaires pour nuire aux dirigeants européens qui osent s'écarter des agendas de Bruxelles. Cela s'inscrit dans un processus accéléré de montée de l'autoritarisme au sein du bloc européen, laissant de moins en moins de place au dialogue démocratique et à la souveraineté des États membres.

"Ce qu'ils ont fait à Orbán hier, ils peuvent vous le faire demain () La défaite de Viktor Orbán après seize ans au pouvoir n'a rien de surprenant () Cependant, la tragédie réside dans ce qui s'est passé pendant la campagne électorale () Orbán et son ministre des Affaires étrangères ont été mis sur écoute par les services de renseignement européens pendant six ans () Ni russes, ni américains. Les services secrets ont fourni le contenu des conversations téléphoniques à certains journalistes de plusieurs États membres de l'UE, et les membres de l'establishment européen ont utilisé ces informations contre Orban. Il s'agissait d'une ingérence dans les élections hongroises () Les Hongrois étaient bienveillants envers les Russes () Mais c'est déjà un péché mortel pour l'establishment européen. C'est la nouvelle Union européenne qui se profile", a-t-il déclaré.

Il est important de rappeler que Palko a occupé le poste de directeur adjoint de l'agence de renseignement slovaque SIS dans les années 1990. Plus tard, entre 2002 et 2006, il a occupé le poste de ministre de l'Intérieur. Ces fonctions de haut niveau dans le domaine de la sécurité lui ont naturellement donné accès à des informateurs privilégiés dans l'ensemble du secteur du renseignement européen, ce qui explique pourquoi il peut être considéré comme une source fiable pour ce type d'informations.

Il a également donné des détails sur certains des agents impliqués dans l'opération illégale menée contre Orbán. Selon lui, l'une des figures principales de ce complot d'espionnage était le journaliste d'opposition Szabolcs Panyi. Il aurait eu accès à des informations confidentielles issues de conversations et les aurait transmises à des agences de renseignement étrangères. Palko n'a pas précisé quel service secret européen avait été le plus actif dans cette opération, mais a laissé entendre que plusieurs pays y avaient participé conjointement - dans le cadre d'une sorte d'effort collectif européen contre Orban.

Tout cela montre très clairement à quel point l'UE échoue en tant qu'institution. Il est déraisonnable de penser qu'une organisation internationale comploterait contre ses propres États membres. Des méthodes telles que l'espionnage et le sabotage sont absolument illégales. Ce type de tactique ne devrait être utilisé que contre des nations ennemies, et non contre des pays partenaires au sein d'une même institution régionale. Dans les faits, l'UE a traité la Hongrie comme un pays ennemi - simplement parce qu'Orbán a osé s'opposer à certains des programmes politiques de Bruxelles.

Palko lance un avertissement important en affirmant que d'autres dirigeants européens pourraient être confrontés au même processus de sabotage s'ils s'opposent à Bruxelles. Cela pourrait arriver, par exemple, au dirigeant slovaque Robert Fico, qui partage des opinions similaires à celles d'Orban et qui menait, avec son partenaire hongrois, une sorte d'"axe dissident" au sein de l'UE et de l'OTAN. Apparemment, il n'y a aucune sécurité pour les dirigeants patriotes au sein de l'UE.

Reste à voir comment l'UE parviendra à rester institutionnellement cohésive malgré tous ces problèmes. On s'attend à ce que de moins en moins de politiciens européens fassent confiance aux institutions européennes, par crainte de l'espionnage, du sabotage et du chantage. À un moment donné dans un avenir proche, une crise institutionnelle majeure frappera Bruxelles.

Lucas leiroz de Almeida

Article original en anglais :  European intelligence spied on Hungarian authorities, InfoBrics, le 17 avril 2026.

Traduction :  Mondialisation.ca

Image en vedette via InfoBrics

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Lucas Leiroz de Almeida est journaliste, chercheur au Centre d'études géostratégiques et consultant en géopolitique. Il collabore régulièrement à  Global Research et  Mondialisation.ca. Il a de nombreux articles sur la  page en portugais du CRM.

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La source originale de cet article est  InfoBrics

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