Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a vivement critiqué l'Union européenne pour ses reproches formulés contre Téhéran au sujet des restrictions imposées à la navigation maritime dans le détroit stratégique d'Ormuz. Baghaï a rappelé que Bruxelles a elle‑même discrètement donné son feu vert aux agressions menées par les États-Unis et le régime israélien contre la République islamique d'Iran.
Esmaïl Baghaï a tenu ces propos dans un message publié samedi sur X, après que la haute responsable de l'Union européenne pour la politique extérieure, Kaja Kallas, a prétendu que l'Iran violait le droit international en imposant des restrictions au transit dans cette voie maritime stratégique.
L'Iran a fermé le détroit aux navires appartenant à ses ennemis et à leurs alliés à la suite des vagues d'attaques lancées à partir le 28 février par les États‑Unis et le régime israélien contre la République islamique d'Iran.
Le 7 avril, le président américain Donald Trump a annoncé une trêve de deux semaines contre l'Iran après que la fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux de l'énergie. Cela a entraîné une chute brutale de sa popularité auprès de l'opinion publique américaine en raison de la flambée des prix de l'essence.
Washington a toutefois maintenu le blocus naval qu'il avait ordonné contre l'Iran, ce qui a conduit Téhéran à fermer en représailles le détroit d'Ormuz samedi.
Dans son message, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a souligné que l'Union européenne voulait tenter de donner des leçons à l'Iran sur sa conduite dans le détroit d'Ormuz, alors que Bruxelles a "discrètement donné son feu vert" aux agressions militaires américano-israéliennes contre la République islamique d'Iran.
Baghaï a fait ainsi allusion au refus de l'Union européenne de s'opposer avec fermeté à ce conflit et au fait que plusieurs de ses États membres ont permis aux ennemis l'utilisation de leur espace aérien pour mener des attaques contre la République islamique d'Iran.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a également fustigé Bruxelles pour son inaction face aux atrocités commises contre les Iraniens pendant cette guerre.
"Inutile de faire la morale ; l'incapacité chronique de l'Europe à appliquer ses propres préceptes a transformé son discours sur le droit international en une hypocrisie flagrante", a-t-il ajouté.
"Aucune règle de droit international n'interdit à l'Iran, État côtier, de prendre les mesures nécessaires pour empêcher que le détroit d'Ormuz ne soit utilisé pour mener des agressions militaires contre ses intérêts", a affirmé Baghaï.
"La notion de"passage en transit inconditionnel"à travers le détroit, a été caduque dès lors que la guerre déclenchée par l'alliance américano-israélienne a amené des moyens militaires américains aux abords de cette voie maritime", a-t-il conclu.
