
par Ayşe Başhoruz
La mairie de Saint-Étienne, dirigée par le maire Régis Juanico, a annoncé vouloir établir un jumelage avec une collectivité palestinienne, en substitution à un partenariat existant depuis 1974 avec la ville israélienne de Nof HaGalil.
La municipalité de Saint-Étienne (Loire), dirigée par le maire Régis Juanico à la tête d'une majorité de gauche hors La France insoumise, a annoncé vendredi 17 avril la "construction d'un jumelage" avec une collectivité palestinienne, selon le média français BFMTV. Cette démarche vise à remplacer le partenariat établi en 1974 avec la ville israélienne de Nof HaGalil.
La mairie affirme vouloir "placer son action de coopération sous l'égide du droit international et de la solidarité humaine", et évoque la volonté de créer "un nouvel acte fort de coopération internationale" avec une entité palestinienne. Elle estime par ailleurs que les échanges avec Nof HaGalil, ville d'environ 50 000 habitants, sont "suspendus de fait".
Le jumelage avec Nof HaGalil (anciennement Nazareth Illit) remonte à 1974, sous la municipalité de Michel Durafour. La ville israélienne avait été créée dans les années 1950 dans le cadre d'un projet de développement de la Galilée.
Dans son communiqué, la mairie de Saint-Étienne justifie ce changement par des considérations politiques et humanitaires, évoquant notamment la situation à Gaza et affirmant, selon les propos rapportés, une "vive préoccupation face à la tragédie du peuple palestinien".
L'annonce a immédiatement suscité des critiques du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en région Auvergne-Rhône-Alpes. L'organisation estime que cette décision "ne sert ni la paix ni la justice" et "alimente les fractures", appelant les élus à la "responsabilité".
La prise de position municipale intervient également à la veille d'un rassemblement organisé par plusieurs organisations, dont La France insoumise Saint-Étienne, Urgence Palestine et l'Association France-Palestine Solidarité, réclamant la rupture du jumelage avec Nof HaGalil, selon le même média.
Sur le plan local, la décision municipale pourrait entraîner une réorganisation des coopérations internationales de la ville. Le futur jumelage avec une collectivité palestinienne n'a pas encore été formalisé.
À ce stade, aucune date officielle n'a été annoncée concernant la mise en place effective du nouveau jumelage avec une collectivité palestinienne. La municipalité indique poursuivre ses discussions dans ce sens, tandis que des mobilisations sont annoncées lors du prochain conseil municipal.
source : Agence Anadolu