20/04/2026 ssofidelis.substack.com  5min #311579

Le Grand Israël et l'attaque sur l'Iran

Par  José Goulão, le 19 avril 2026

Une défaite de l'Iran représenterait un renforcement majeur de la domination stratégique impérialiste sur un continent eurasien aux ressources vitales.

Le concept n'a rien de nouveau, et les États-Unis ont lancé l'offensive contre l'Iran pour éviter qu'Israël n'ait à s'en charger

Éliminer l'Iran est une obsession sioniste, et la condition sine qua non à la création d'un "nouveau Moyen-Orient".

Deux intérêts majeurs convergent pour liquider un Iran indépendant. Washington entend "finir le boulot" de la conquête stratégique de l'Asie occidentale commencée avec la destruction de l'Irak en 1991 et poursuivie en 2003. Et le sionisme veut franchir une étape majeure et décisive vers la création du Grand Israël, son vieux rêve colonial.

La conquête sioniste du territoire "du Nil à l'Euphrate" est sans lien avec l'ambition du "retour du peuple élu vers la terre promise".

Israël est un État colonial peuplé d'étrangers, issus pour la plupart de communautés de Juifs convertis d'Europe et des États-Unis, des populations dont l'origine ethnique ou culturelle ne présente aucun rapport avec les Palestiniens pratiquant la religion juive.

Le Grand Israël serait un immense territoire géostratégique, décisif pour assurer la domination sioniste sur l'ensemble de la région au service d'un impérialisme de type occidental.

À cette fin, un nouveau "tracé" du Moyen-Orient s'impose, que seule l'élimination des gouvernements indépendants de la région permettrait de réaliser. L'impérialo-sionisme a commencé par détruire l'Irak, s'est ensuite attaqué à la Libye et à la Syrie, a neutralisé l'Égypte, massacré le Liban et continue d'exterminer le peuple palestinien.

Pour achever le "boulot", l'Iran doit être éliminé. C'est pourquoi le cessez-le-feu n'a aucune valeur. L'Iran sait qu'Israël prendra l'initiative - comme c'est déjà le cas au Liban - et imposera à nouveau à Trump de suivre sa stratégie. En attendant, le président des États-Unis multiplie les provocations, avec la tentative de blocus des ports iraniens pour forcer Téhéran à attaquer la marine américaine et créer ainsi un prétexte pour rompre le cessez-le-feu.

Israël a investi massivement pour atteindre son objectif de rayer l'Iran indépendant de la carte. Le Mossad a même réussi à recruter le commandant suprême des Gardiens de la Révolution, le général Ismail Qaani. Les Gardiens de la Révolution constituent le corps d'élite de la République islamique et le pilier de "l'Axe de la Résistance" - composé de Téhéran, du Hezbollah libanais et du gouvernement de Damas déchu - seul bastion de résistance à l'impérialisme dans la région.

Le général Qaani était le successeur du légendaire général Qassem Soleimani et a pris ses fonctions après que Soleimani a été tué sur ordre de Trump lors d'une frappe de précision à l'aéroport de Bagdad en janvier 2020.

La trahison de Qaani a finalement été exposée par les "miracles" successifs qui ont marqué sa vie récente :

  • En septembre 2024, il quitte une réunion dans un bunker inconnu du sud de Beyrouth quelques minutes avant le bombardement israélien meurtrier qui tue le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et la direction du parti
  • En juillet de la même année, le chef du Bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, est assassiné par le Mossad alors qu'il se trouve sous la protection de Qaani dans des installations hautement sécurisées des Gardiens de la Révolution à Téhéran
  • Toujours en 2024, à Téhéran, le général Qaani échappe à un raid aérien chirurgical et meurtrier contre un bâtiment qu'il avait quitté peu avant d'être frappé par les États-Unis
  • Le 28 février de cette année, le chef des Gardiens de la révolution assiste à une réunion avec l'ayatollah Khamenei et la plupart des hauts dirigeants iraniens, mais quitte le bâtiment huit à quinze minutes avant le bombardement qui élimine le guide spirituel
  • Ce même jour, les frappes aériennes américaines et israéliennes ont fait preuve d'une précision remarquable contre bon nombre des installations de défense les plus sensibles de la République islamique.

Malgré la trahison et les conséquences désastreuses de l'agression, l'Iran se relève, résiste, contre-attaque, et a imposé un cessez-le-feu humiliant au sionisme impérialiste. Les dictatures du Golfe, Israël et les bases militaires américaines de la région ont subi des dégâts considérables et n'ont pas connu un seul jour de répit sous les missiles et les drones iraniens. Téhéran a fermé le détroit stratégique d'Ormuz et maintient l'économie mondiale sous une pression croissante, à tel point que Trump a même sollicité l'aide des pays européens de l'OTAN et, fait surprenant, de la République populaire de Chine pour briser le blocus. La tentative de blocus des ports iraniens est également destinée à sanctionner la Chine pour son opposition à l'agression contre l'Iran.

Les peuples vivant depuis des millénaires en Iran ont appris que seule la résistance, l'organisation et la patience permettent de lutter contre des ennemis technologiquement supérieurs. Et qu'une guerre d'usure se mène à distance, via des pressions indirectes, et sur la durée. L'impérialisme, quant à lui, donne des signes que le temps ne joue pas en sa faveur.

La résistance d'un Iran indépendant est cruciale. Sa défaite représenterait un renforcement majeur de la domination stratégique impérialiste sur le continent eurasien, dont la position géostratégique lui confère une importance vitale. Elle ouvrirait grand la porte au projet du Grand Israël et à l'instauration d'un régime mondialiste néolibéral inhumain, précipitant les peuples du monde vers un avenir terrifiant.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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