24/04/2026 french.presstv.ir  4min #312052

L'Iran prévient les États arabes contre toute contribution à l'agression américano-israélienne

Téhéran a rejeté une déclaration adoptée lors d'une réunion d'urgence de la Ligue arabe qui condamne les opérations défensives iraniennes menées lors de la récente guerre israélo-américaine.

Le 23 avril, les ministres arabes des Affaires étrangères ont tenu une réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes et ont adopté une déclaration anti-iranienne qui dénonce les attaques de représailles de l'Iran contre plusieurs sites militaires américains répartis dans les pays de la région. Ils exigent que l'Iran verse des compensations pour les dommages causés.

Par le biais du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, Téhéran a catégoriquement rejeté ladite déclaration et a appelé la Ligue arabe à "modifier son approche afin qu'elle ne soit plus influencée par les positions unilatérales et non constructives de certains membres".

Il a souligné l'engagement indéfectible de la République islamique d'Iran envers les principes de la Charte des Nations Unies, notamment l'interdiction du recours à la force et le respect de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de toutes les nations.

Au sujet des frappes récentes, M. Baghaï a rappelé que les actions de l'Iran étaient strictement défensives : "Les actions défensives de la République islamique d'Iran contre les bases et installations militaires américaines installées dans plusieurs pays de la rive sud du golfe Persique ont été menées dans le cadre du droit inhérent à la légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations Unies, et en réponse à l'agression militaire des États-Unis et du régime sioniste contre l'Iran."

Faisant référence aux règles établies du droit international concernant la non-intervention, il a prévenu les pays voisins contre le risque encouru si leur territoire devait être utilisé pour des attaques contre l'Iran.

"Les gouvernements régionaux qui, de quelque manière que ce soit - que ce soit en facilitant l'accès, en fournissant des bases ou en offrant un soutien logistique ou de renseignement - ont mis leur territoire et leurs installations à la disposition des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d'Iran, portent une grande responsabilité au niveau internationale et doivent rendre des comptes", a-t-il indiqué.

M. Baghaï a récusé la déclaration de la Ligue arabe et ainsi recentré le débat sur les causes profondes de la crise régionale. "L'instabilité et l'insécurité chroniques qui règnent au Moyen-Orient sont le résultat de la présence et des interventions militaires d'acteurs extrarégionaux, ainsi que de la poursuite de l'occupation et du plan colonial visant à anéantir les Palestiniens", a-t-il estimé. "Feindre d'ignorer cette réalité évidente ne fera que perpétuer et aggraver l'insécurité".

Malgré les frictions diplomatiques, Téhéran est déterminé à renforcer la confiance et la coopération mutuelles entre les nations voisines.

Le pays exhorte ses voisins à "comprendre leurs responsabilités juridiques et politiques, à éviter d'adopter des positions susceptibles d'attiser les tensions et à s'engager sur la voie d'une interaction constructive fondée sur le respect mutuel".

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une agression illégal contre l'Iran, ce qui a entraîné le martyre du Leader de la Révolution islamique, l' Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que de hauts commandants militaires, en violation flagrante de la souveraineté du pays.

Les pays arabes du golfe Persique ont autorisé les régimes agresseurs à utiliser leur territoire et leur espace aérien pour lancer leurs attaques contre l'Iran. Au total, les forces armées iraniennes ont lancé 100 vagues de frappes de représailles contre des cibles sensibles et stratégiques des Etats-Unis et d'Israël dans toute la région.

Le 8 avril, quarante jours après le début de la guerre, un cessez-le-feu de deux semaines négocié par le Pakistan est entré en vigueur, mais le premier cycle de négociations entre Téhéran et Washington n'a pas abouti à un accord en raison des exigences excessives de la partie américaine.

Au terme de ces deux semaines, le président américain Donald Trump a prolongé unilatéralement la trêve, déclarant que son administration attendrait une proposition iranienne pour un deuxième cycle de pourparlers à Islamabad.

Toutefois, Téhéran s'est abstenu de s'engager dans un deuxième cycle de négociations, estimant que les exigences extravagantes de Washington et le "blocus naval" de l'Iran sont les deux obstacles majeurs à la conclusion d'un accord de paix.

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