26/04/2026 ssofidelis.substack.com  4min #312200

Fusillade à la Maison Blanche... Trump et ses signaux contradictoires sur les négociations avec l'Iran

Par  Larry Johnson, le 26 avril 2026

Le débat sur la possibilité d'une reprise des attaques contre l'Iran a été éclipsé par la fusillade perpétrée par un tireur isolé - apparemment un enseignant californien de 31 ans - qui a couru dans les couloirs de l'hôtel Washington Hilton, où se tenait le dîner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche. Ce dîner a déjà été qualifié par le passé de "bal des nerds". Le tireur n'est pas entré dans la salle. Il a été abattu à l'extérieur après avoir tiré sur un agent des forces de l'ordre, qui a ainsi pu tester la qualité de son gilet pare-balles.

Les médias présentent cet événement comme une nouvelle tentative d'assassinat contre Donald Trump, même si le tireur a été maîtrisé et arrêté dans le hall à l'extérieur du lieu de la réception. Compte tenu du manque d'informations concernant les deux tentatives précédentes contre Trump - à savoir à Butler, en Pennsylvanie, et au club de golf de Trump en Floride -, il est compréhensible que certains - moi y compris - se demandent si cette fusillade est authentique ou s'il s'agit d'un coup monté. Voyons si la Maison Blanche va manipuler cet événement dans les jours à venir pour justifier une nouvelle politique ou une nouvelle action de l'administration Trump. Une attaque contre l'Iran, peut-être ?

En parlant de l'Iran, Donald Trump continue de se comporter de manière erratique. Il suffit de lire ses commentaires de ces deux derniers jours.

Le 24 avril 2026 (vendredi), le président Trump a fait plusieurs commentaires sur les pourparlers de cessez-le-feu et de paix en cours entre les États-Unis et l'Iran, dans un contexte post-conflit instable marqué par des frappes, un blocus naval et des tensions dans le détroit d'Ormuz :

Lors d'un entretien téléphonique avec Reuters, il a déclaré que l'Iran s'apprêterait à faire une offre destinée à satisfaire les exigences américaines. Il a déclaré : "Ils font une offre et nous verrons bien", tout en précisant qu'il n'en connaît pas encore les détails.

Interrogé sur les partenaires de négociation en Iran, il a répondu :

"Je ne veux pas m'exprimer là-dessus, mais nous traitons avec les personnes actuellement aux commandes".

Il avait précédemment exprimé son incertitude quant au leadership iranien et à l'identité de ceux qui détiennent le véritable pouvoir.

La Maison Blanche a annoncé que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient au Pakistan le lendemain (25 avril) pour des pourparlers menés sous l'égide du Pakistan, le vice-président JD Vance se tenant prêt à intervenir. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a noté "certains progrès" de la part de l'Iran.

Le 25 avril 2026 (samedi), Trump a annulé le voyage prévu des émissaires après que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a quitté le Pakistan sans engager de dialogue direct avec les États-Unis :

Il a publié un message sur Truth Social annonçant l'annulation, déplorant les longs trajets (par exemple, environ 18 heures de vol) et affirmant que cela n'en vaut pas la peine pour des pourparlers non productifs. Il a souligné que les États-Unis disposent d'un fort levier de pression ("Nous avons toutes les cartes en main") et que l'Iran n'a qu'à appeler s'il veut faire preuve de sérieux.

Dans des commentaires adressés aux journalistes (par exemple, à Fox News), il a réitéré qu'il n'enverra pas de responsables pour "rester là à discuter de rien" et a laissé entendre que l'Iran lui a fait par la suite une offre "bien meilleure" après l'annulation du voyage. Il a minimisé le risque d'une reprise immédiate du conflit.

Au cours des dernières 48 heures, Trump n'a cessé de se contredire. Vendredi, il a déclaré que l'offre faite avant l'annulation n'est pas satisfaisante (un "document qui aurait dû être meilleur", "une offre généreuse mais insuffisante"). Pourtant, il a également affirmé que l'Iran lui a fait parvenir une proposition "bien meilleure" dans les 10 minutes qui ont suivi l'annonce de l'annulation. Mais voici le comble... L'Iran a présenté la même liste de revendications que celle qu'il a remise à Trump il y a deux semaines. Trump a présenté l'annulation de la prétendue réunion à Islamabad comme une tactique de pression réussie qui aurait immédiatement conduit à une amélioration des termes, tout en justifiant simultanément cette annulation par l'insuffisance de l'offre initiale. Ce n'est pas une stratégie de négociation avisée, c'est tout simplement grotesque.

Traduit par  Spirit of Free Speech

Mario Nawfal m'a interviewé samedi en fin d'après-midi :

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