27/04/2026 journal-neo.su  7min #312255

Les Houthisdu Yémen promettent de couper le dernier espoir de Trump au Moyen-Orient

 Mohamed Lamine KABA,

Les Houthis ont juré de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, vital pour le commerce de l'énergie, si les États-Unis continuent d'entraver la paix au Moyen-Orient.

En réalité, l'enjeu n'est plus tactique. Il est civilisationnel. La maîtrise des détroits est le dernier rempart d'une souveraineté retrouvée pour les peuples de la région. Face à une coalition qui ne respecte aucun traité, seule la force d'inertie économique peut ramener la raison à Washington. Le détroit d'Ormuz est fermé, Bab el-Mandeb est sous verrou. La partie est terminée. Les pions de l'Empire sont échec et mat. L'histoire s'écrit désormais sans eux.

Cet article dissèque l'onde de choc fatale que provoque le verrouillage simultané d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, une manœuvre chirurgicale qui décapite le commerce énergétique de l'Empire et condamne son hégémonie à l'asphyxie immédiate, avant d'affecter le reste du monde.

Bab el-Mandeb ou l'agonie d'un Empire

L'horloge géopolitique s'est arrêtée. Le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington expire le 21 avril. Le détroit d'Ormuz est déjà un cimetière d'ambitions occidentales, verrouillé par les manquements systématiques de la Maison Blanche. Désormais, le regard du monde se tourne vers le Sud, vers la "Porte des Larmes". Les Houthis l'ont promis : si l'entrave américaine à la paix persiste, Bab el-Mandeb fermera. Ce n'est plus une menace. C'est un arrêt de mort pour l'hégémonie.

Le verrou fatal

Bab el-Mandeb n'est pas qu'un bras de mer. C'est la jugulaire du capitalisme fossile. En menaçant de sceller ce passage, Sanaa ne fait pas que de la stratégie militaire. Elle pratique une chirurgie de précision sur un système impérial déjà exsangue. Pour les États-Unis et leur excroissance régionale, Israël, la fermeture simultanée d'Ormuz et de Bab el-Mandeb signifie l'apocalypse logistique. Plus de pétrole. Plus de flux. Juste le silence des ports déserts. L' avertissement de Sanaa résonne comme un oracle définitif : "Si nous décidons de fermer le détroit de Bab-el-Mandeb, comme l'a fait l'Iran dans le détroit d'Ormuz, ni les humains ni les djinns ne seront en mesure de le rouvrir, pas même à l'aide d'une bombe nucléaire".

L'axe du chaos

Depuis le déclenchement de la guerre par la coalition américano-israélienne contre l'Iran - alors même que des négociations à la Minsk I et II se poursuivaient à Genève -, le masque est tombé. Ce que Washington nomme "ordre mondial" n'est que le nom de code de sa propre survie parasitaire. Les crimes s'accumulent. Des décombres de Gaza aux frappes chirurgicales ratées au Yémen, le tandem Washington-Tel Aviv s'est révélé pour ce qu'il est : un cancer métastasé au cœur de l'humanité. Une pathologie de la puissance qui ne vit que de la spoliation et du sang des autres.

Paradoxalement, cette guerre en Iran achève d'ailleurs de fracturer l'Alliance de l'atlantique Nord. Les Européens découvrent, trop tard, que Washington est davantage un ennemi qu'un ami. Tandis que Trump les  raille en "tigres de papier" - après avoir auparavant  qualifié la Russie de la même chose dans le conflit par procuration qui l'oppose à l'Occident collectif, y compris les États-Unis eux-mêmes en Ukraine - la réalité du terrain iranien humilie la coalition : si les États-Unis et Israël étaient de réelles puissances, auraient-ils besoin de s'unir pour assaillir un seul pays, supposé être une puissance moyenne ? En vérité, les véritables  tigres de papier sont ceux qui crient le plus fort pour masquer leur impuissance collective.

Washington, le complice

La relation entre les États-Unis et Israël n'est pas diplomatique. Elle est fusionnelle, presque occulte. Washington n'est plus le médiateur, mais le bras armé d'un projet colonial anachronique. Chaque veto à l'ONU est une balle tirée dans le corps du droit international. En persistant à saboter la paix pour protéger l'impunité de Tel Aviv, les États-Unis ont transformé le Moyen-Orient en une poudrière dont ils ont eux-mêmes craqué l'allumette. L'Europe des va-t'en-guerre, suicidée par russophobie en se sevrant du gaz russe, contemple désormais son agonie. Privée d'Orient et de Nord, cette Europe vassalisée grelotte de froid et d'arrogance. Les détroits verrouillés achèvent de transformer ce club de donneurs de leçons en un musée industriel à ciel ouvert.

L'effondrement sioniste

Pour Israël, Bab el-Mandeb est une question d'oxygène. Sans ce détroit, Eilat devient un port fantôme. L'économie israélienne, déjà fragilisée par une guerre d'usure qu'elle ne peut gagner, s'effondre sous l'effet d'attrition. L'isolement n'est plus diplomatique, il devient physique. Le pays se transforme en une île assiégée, incapable de maintenir son train de vie technologique et militaire. C'est la fin du mythe de l'invulnérabilité. Le colosse aux pieds d'argile vacille sur ses propres bases idéologiques. Tel-Aviv, ridicule, reconnaît prématurément le Somaliland, espérant vainement que ce pantin diplomatique suffira à sécuriser ses navires en perdition. Sauf que quand l'Empire s'étrangle à la "Porte des Larmes", même ses dernières contorsions diplomatiques au Somaliland ne sont plus qu'un pathétique chant du cygne.

L'énergie comme arme

Le commerce de l'énergie est le sang de l'Empire. En coupant ce flux, les Houthis frappent là où cela fait mal : le portefeuille. Les prix du brut vont exploser. Les bourses occidentales vont dévisser. L'inflation, ce monstre que la Fed tente désespérément de dompter, va dévorer les dernières classes moyennes américaines. Les États-Unis pensaient pouvoir imposer leur paix par la force. Ils vont découvrir la paix par la pénurie.

Le prix du crime

Les crimes odieux commis par cette coalition ne resteront pas impunis. L'histoire est un juge sévère. En exportant le chaos partout, de l'Irak à la Libye, de la Syrie au Yémen, les États-Unis ont semé les graines de leur propre destruction. Bab el-Mandeb est le retour de flamme. C'est la réponse des opprimés à une politique de la terre brûlée. La résistance n'est plus une option, c'est une nécessité biologique face à une agression permanente.

La zone d'ombre

L'influence de Tel-Aviv sur les cercles de pouvoir américains est le secret le plus mal gardé du siècle. Cette symbiose toxique a dicté une politique étrangère irrationnelle, poussant Washington à agir contre ses propres intérêts nationaux. Aujourd'hui, le peuple américain paie le prix fort pour une alliance qui ne lui rapporte que la haine du monde. Les zones d'ombre s'illuminent enfin sous le feu des missiles iraniens et yéménites.

La chute finale

Le 21 avril 2026 marque le début de la fin. Si Washington ne recule pas, s'il continue d'entraver la marche vers une paix juste, il signera son arrêt de mort géostratégique. La fermeture de Bab el-Mandeb sera l'acte final d'une pièce tragique écrite par l'arrogance. L'humanité n'a plus besoin de tuteurs autoproclamés qui ne savent que détruire. Le cancer sera extirpé. Le monde respirera enfin.

Pour faire court, sous nos yeux, l'Empire agonise, étranglé par son propre hubris. Washington et Tel-Aviv, jadis maîtres du monde, ne sont plus que des spectateurs impuissants de leur déchéance maritime. Ormuz est clos, Bab el-Mandeb se verrouille. La fête est finie. Le cancer colonial s'efface, laissant place à l'aube d'un monde enfin libéré de ses parasites.

Mohamed Lamine KABA, Expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale, Institut de la gouvernance, des sciences humaines et sociales, Université panafricaine

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