28/04/2026 francais.rt.com  3min #312335

Guerre contre l'Iran : les prix des métaux de base vers des records historiques, alerte la Banque mondiale

© Monty Rakusen Source: Gettyimages.ru

Un ouvrier dans une fonderie d'aluminium. [Photo d'illustration]

Deux mois jour pour jour après le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, qui a débouchée sur le blocage du détroit d'Ormuz, la Banque mondiale a publié des prévisions alarmantes sur la hausse des prix de l'énergie et des matières premières.

En moyenne, les prix des matières premières devraient augmenter de 16 % cette année,  a estimé ce 28 avril la Banque mondiale, renvoyant à la "flambée" des prix de l'énergie et des engrais ainsi que des métaux de base, dont l'aluminium, le cuivre et l'étain, qui devraient "atteindre des plus hauts historiques". Du côté des métaux précieux, leur prix moyen devrait augmenter de 42 % en 2026.

Un "bond" des prix clairement imputé par l'institution washingtonienne au conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran, et à ses répercussions directes sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

"Les attaques contre les infrastructures énergétiques et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz [...], ont provoqué le plus important choc d'offre pétrolière jamais enregistré, avec une réduction initiale de l'offre mondiale de pétrole d'environ 10 millions de barils par jour", peut-on ainsi lire dans ce rapport.

Énergie, alimentation... l'économie frappée "par vagues successives"

La même source souligne que le Brent "devrait s'établir à 86 dollars le baril en 2026, en forte hausse par rapport aux 69 dollars le baril de 2025". Des prévisions qui, est-il précisé, "reposent sur l'hypothèse que les perturbations les plus aiguës prendront fin en mai et que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz retrouvera progressivement son niveau d'avant-guerre d'ici la fin de 2026".

"La guerre frappe l'économie mondiale par vagues successives : d'abord par la hausse des prix de l'énergie, puis par celle des produits alimentaires, et enfin par une inflation galopante, qui fera grimper les taux d'intérêt et renchérira encore le coût de la dette", a alerté Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale.

Une crise énergétique d'un niveau "historique", d'autant plus menaçante que les États ont vu se réduire "considérablement" leurs "marges de manœuvre budgétaires" au fil des "chocs" subis au cours de la dernière décennie, a alerté Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale.

Mi-avril, le ministère français de l'Économie avait revu à la hausse sa prévision d'inflation, planchant sur une hausse des prix de 1,9 % sur l'année 2026. En parallèle, Bercy avait abaissé sa prévision de croissance à 0,9 %, également pour 2026. Malgré tout, l'exécutif tricolore a maintenu sa trajectoire budgétaire avec un déficit public à 5 %.

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