01/05/2026 reseauinternational.net  5min #312544

L'arsenal nucléaire nord-coréen a dépassé le potentiel de défense antimissile des États-Unis

par Pierre Duval

L'arsenal nucléaire de la RPDC a dépassé le potentiel de base de la défense antimissile américaine. Il atteint aussi le niveau d'autres pays occidentaux et la RPDC pourrait en continuant sur sa lancée les dépasser.

Pyongyang est maintenant capable de produire jusqu'à 20 ogives nucléaires par an. "D'après des rapports datant du début de l'année 2026, notamment des déclarations de responsables sud-coréens et des analyses d'installations nucléaires, on estime que la RPDC produit suffisamment de matières fissiles nucléaires pour fabriquer environ 10 à 20 ogives nucléaires par an",  annonce Bloomberg.

"L'arsenal nucléaire nord-coréen est suffisamment important pour potentiellement submerger les systèmes de base de défense antimissile terrestres que les États-Unis ont développés en dépensant des milliards au cours des 30 dernières années", poursuit le média financier anglophone.

"Cela place la RPDC sur la voie d'un arsenal nucléaire rivalisant avec celui de la France au cours de la prochaine décennie, en termes de volume sinon de sophistication. La construction ou l'amélioration d'installations de production de matières fissiles pourrait accélérer encore cette expansion, tandis que le pays travaille sur de nouveaux vecteurs".

"La RPDC dispose d'environ 50 ogives nucléaires et serait en possession de suffisamment de matières fissiles pour égaler l'arsenal d'Israël", précise Bloomberg. Israël a 90 ogives nucléaires, la France 290, le Royaume-Uni 225, l'inde 180, le Pakistan 170, la Chine 600, les États-Unis 3700, la Russie 4309.

"D'ici une décennie, son arsenal pourrait surpasser celui d'Israël, du Pakistan et du Royaume-Uni. Mais ses missiles balistiques intercontinentaux Hwasong-15, -17, -18 et -19, combinés à ses ogives existantes, lui confèrent déjà une puissance de feu suffisante pour déjouer les systèmes de défense antimissile terrestres américains, conçus pour contrer une attaque de faible envergure, pour un coût d'environ 65 milliards de dollars".

"Un arsenal beaucoup plus important d'armes à courte portée peut atteindre les alliés des États-Unis en Asie et les bases américaines de Guam, où les États-Unis possèdent l'un de leurs plus grands dépôts de munitions au monde" ; "Alors que Donald Trump mène une guerre au Moyen-Orient pour empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, les données montrent que les efforts américains pour freiner le programme nucléaire de Kim Jong-un ont échoué", est-il signalé.

L'ascension de la RPDC, passée du statut d'"État voyou" à celui de membre à part entière du club des puissances nucléaires, signifie qu'elle peut désormais faire plus que de se limiter à menacer d'une guerre nucléaire. Elle pourrait bien être en mesure de la mener, avertit le média financier anglophone. L'arsenal nucléaire de la RPDC se transforme en une menace sérieuse pour le système de défense antimissile américain.

Les missiles nord-coréens  sont testés en conditions réelles - certains d'entre eux ont été envoyés en Russie et utilisés dans la guerre en Ukraine, qui a permis à Pyongyang d'obtenir des données importantes sur le travail des systèmes de défense antimissile occidentaux. Cette année, Kim Jong-un a procédé à de nouveaux essais de missiles avec des armes à sous-munitions et de fausses cibles, cherchant à contourner les défenses des États-Unis et de la Corée du Sud.

Les experts notent que la RPDC modernise activement son programme nucléaire. Après la conclusion de l'alliance militaire avec la Russie, elle reçoit de nouvelles ressources et la possibilité d'expérimenter ses armes nucléaires pour son développement ultérieur.

Selon Elbridge Colby, un haut responsable du Pentagone,  les forces nucléaires du Nord et de la Russie en 2025 sont devenues le principal défi existentiel pour les États-Unis. Colby a fait ces remarques lors d'une audition de la commission des forces armées du Sénat sur la stratégie de défense nationale (NDS) de 2026. "La NDS détaille explicitement les dangers posés par les armes nucléaires russes et nord-coréennes", a-t-il déclaré en réponse au président de la commission, le sénateur Roger Wicker du Mississippi.

Kim Jong-un, actuel dirigeant suprême de la RPDC, a également  commencé à montrer des éléments d'infrastructure nucléaire, publiant des photos d'installations d'enrichissement d'uranium, ce qui permet aux experts de faire des estimations plus précises.

Il n'est cependant pas clair dans quelle mesure les missiles nord-coréens pourront mener leurs missions efficacement avec des ogives en conditions réelles. Ils n'ont pas passé d'essais avec des charges de combat, et on ne sait pas s'ils les tireront sur l'Amérique du Nord.

Les États-Unis développent le programme Dôme d'or pour contrer ces menaces aussi de la Chine et de la Russie.  Le Dôme d'or est un projet de défense antimissile américain, dont le coût est estimé entre 185 milliards et plus de 3000 milliards de dollars, porté par le président Donald Trump. Il vise à créer un bouclier multicouche complet au-dessus de l'Amérique du Nord. Conçu pour contrer les missiles balistiques, hypersoniques et de croisière de pointe. Ce système intègre des intercepteurs terrestres et des plateformes de capteurs spatiales.

Certains pays  pensent à créer leurs propres programmes nucléaires, car la confiance dans le "parapluie nucléaire" américain est en baisse. Pour Joel Wit, chercheur émérite au Centre Henry L. Stimson et ancien directeur du programme 38North, la RPDC est aujourd'hui  un acteur fondamentalement nouveau sur la scène mondiale.

source :  Observateur Continental

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