
par Dirk W.
Source: https://zannekinbond.org/1-mei-2026-van-buitenlandse-agressiepolitiek-naar-binnenlands-afbraakbeleid/
La question centrale que nous devons nous poser aujourd'hui, en ce 1er mai, plus que jamais, est la suivante : "Qui contrôle l'économie qui détermine ma vie ?". Les attaques incessantes contre les acquis sociaux dans notre pays sont une conséquence structurelle de l'accumulation capitaliste à l'échelle mondiale. La modération salariale, la flexibilisation (promotion des flexijobs, réduction du coût du travail de nuit, contrats temporaires, économie des plateformes, etc.) sont autant de manifestations de la pression que subit la classe ouvrière en Flandre et en Wallonie sous l'effet de la concurrence mondiale et de la mondialisation.
Dans ce modèle, où les élites riches et puissantes n'ont plus de patrie, il y a un fort transfert financier vers des comptes bancaires gérés à l'échelle mondiale (comprendre: dans des paradis fiscaux) par le centre impérialiste. Le lien entre l'impérialisme occidental et la pression exercée sur les droits sociaux et les acquis en Belgique n'est ni une coïncidence ni une "adaptation à la mondialisation", mais une conséquence structurelle de l'accumulation capitaliste à l'échelle mondiale. Il existe un lien direct entre, d'une part, les attaques de la N-VA contre les mutuelles, le syndicalisme, les chômeurs, etc. et, d'autre part, la politique de guerre et la militarisation auxquelles le ministre belge de la Guerre Francken (N-VA) contribue fortement. La politique des partis politiques libéraux, avec en tête la N-VA et le MR, s'inscrit dans une logique de compétitivité plus large, façonnée notamment par les rapports de force mondiaux (par l'impérialisme).

Trump a tout de même le mérite - probablement son seul - d'avoir rendu l'impérialisme occidental beaucoup plus visible aux yeux de l'ensemble de l'opinion publique européenne. Les États-Unis ne s'avèrent pas être ce soutien et ce refuge toujours prêts à garantir "l'ordre mondial libéral" dans lequel l'UE aime se profiler. Trump a mis en évidence le coût de la sécurité européenne au sein du système impérialiste occidental, confirmant ainsi d'emblée le déclin de l'évidence de l'hégémonie américaine. Ceci, conjugué à l'agression de l'État voyou israélien contre l'Iran, le Liban et les Palestiniens, a ravivé le débat sur l'"impérialisme" et quelque peu relégué au second plan l'accent exclusif mis sur la "politique identitaire" en Europe (tant à gauche qu'à droite).
L'impérialisme se manifeste également en Flandre lorsque la concurrence mondiale et les rapports de force se traduisent par une pression quotidienne sur le travail, les salaires et la protection sociale. Le système économique actuel est dominé par les grandes entreprises et les groupes financiers. Trusts, holdings, formation de monopoles... autant de manifestations de la concentration du capital, avec des élites au pouvoir qui utilisent l'État pour défendre leurs intérêts à l'échelle mondiale (conflits commerciaux, contrôle des matières premières...) et jugent nécessaire d'investir dans des moyens militaires à cette fin. La concurrence internationale avec les pays à bas salaires, un capital bien plus mobile que la main-d'œuvre et des politiciens qui veulent rester "compétitifs" conduisent tout droit à une pression sur la formation des salaires, à des tentatives de restreindre la lutte syndicale et à des coupes budgétaires persistantes dans la sécurité sociale.

La politique d'armement, le débat sur l'indépendance économique, l'autonomie stratégique... ont mis fin aux rêves naïfs de mondialisation des élites libérales. Tout cela devient également plus clair pour la classe ouvrière, le débat sur l'impérialisme perd de son caractère abstrait. La population en ressent les conséquences: hausse des prix de l'énergie due à la dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz étrangers, suite à la coupure des approvisionnements russes et à la guerre d'agression illégale contre l'Iran. Augmentation de la charge de travail et délocalisation, car les entreprises transfèrent leur production vers des pays à bas salaires ou les pays européens s'alignent eux-mêmes sur ce niveau. Hausse des prix alimentaires due à la dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux et à la spéculation sur les matières premières, qui s'accompagne d'une politique anti-agricole en Flandre. Renforcement de l'armement et politique de guerre pure et simple par l'implication belge ou européenne via la contrainte de l'OTAN, le lobbying de l'industrie de la défense, etc.
L'impérialisme (et la résistance qui s'y oppose) n'est donc pas une "politique lointaine" ; il est lié aux flux commerciaux dans nos ports (routes commerciales plus instables, sanctions géopolitiques et réactions en chaîne, déplacement de la production mondiale, coûts logistiques et risques accrus, etc.), à l'augmentation des budgets de défense alors qu'ailleurs, partout, on fait des économies au détriment des services sociaux et publics, aux sanctions de l'UE qui ont des répercussions sur les emplois dans l'industrie et l'exportation, aux flux migratoires et de réfugiés résultant des guerres que l'Occident déclenche dans d'autres parties du monde. Il devient de plus en plus évident pour un nombre croissant de personnes qui sont les gagnants dans tout cela (les multinationales, le secteur financier privé, l'industrie de la défense), qui paie pour tout (la classe ouvrière via les impôts, les hausses de prix et les mesures d'austérité) et qui décide de tout : Washington, les élites libérales de l'UE, l'OTAN et les grands acteurs économiques.
Lorsque les matières premières sont pillées dans les pays du Sud, lorsque des guerres sont menées pour conquérir des marchés et des sphères d'influence, lorsque des travailleurs sont exploités ailleurs pour des salaires de misère, nous le ressentons ici. À travers la pression concurrentielle, la modération salariale, la précarité de l'emploi, les coupes dans la sécurité sociale... L'impérialisme là-bas est synonyme de pression et d'incertitude ici. Pour les travailleurs flamands et wallons, c'est clair : ce système ne fonctionne pas pour nous. Alors que nous travaillons, produisons et faisons tourner la société, le pouvoir est exercé par une élite belge qui est très éloignée de nous. Une élite libérale qui s'inscrit dans un système impérialiste plus large, où les multinationales, les puissances financières et les institutions internationales pro-occidentales déterminent la direction à suivre. La Flandre et la Wallonie ne sont pas des communautés libres de travailleurs. Elles sont enfermées dans une structure étatique belge qui ne part pas des besoins de la population, mais de compromis, de jeux de pouvoir et de la protection des intérêts capitalistes établis. Plus que jamais, il est clair que le militarisme et la politique d'agression à l'étranger vont de pair avec une politique de démantèlement intérieur au détriment de la classe ouvrière.
Le Zannekinbond soutient la transformation révolutionnaire du système politique et économique, et rejette toute collaboration avec la politique partisane réformiste qui sert le statu quo institutionnel et idéologique. C'est pourquoi nous affirmons aujourd'hui encore :
Pas de politique néolibérale, mais une combativité militante de la classe ouvrière !
Pas de concurrence entre les travailleurs, mais la solidarité des travailleurs flamands et wallons contre le système belge et européen !
Pas d'austérité pour nous et de cadeaux pour les riches !
Pas de politique de guerre en notre nom !