
Par Hans Vogel, le 2 mai 2026
Il y a deux mois, l'un de mes anciens camarades de fac est mort d'une crise cardiaque. Il n'est pas rare de mourir d'une crise cardiaque, et encore moins pour une personne de plus de soixante-dix ans. Mon ami était un médecin réputé et professeur d'université.
En 2021, alors que la "covid-pandémie" battait son plein, il nous avait envoyé à tous un e-mail annonçant fièrement que le vaccin contre le covid tant attendu de Pfizer était enfin arrivé et qu'il s'estimait chanceux de faire partie des premiers du pays à pouvoir se faire vacciner. Il nous avait tous incités à le faire dès qu'il serait accessible au grand public.
Sceptique quant au discours officiel sur le covid, j'ai envoyé un e-mail au professeur aujourd'hui disparu et aux autres compagnons de promo qui étaient également médecins. Je leur ai demandé à quel point le virus du covid était réellement grave ou mortel, s'il était garanti que le vaccin ne soit pas plus dangereux que la maladie, et s'il existait d'autres traitements contre le virus. J'ai envoyé le même e-mail aux médecins de notre famille. Après une longue attente, j'ai finalement reçu une réponse. Pas de la part des deux professeurs, ni de mon propre frère ou de mon beau-frère, mais d'un de mes anciens camarades qui était médecin de famille en province : "Oui, le virus est très grave et les gens peuvent tomber très, très malades. Certains en meurent même".
Bien que pertinentes et d'actualité, mes questions sont restées sans réponse. Au contraire, la réponse que j'ai reçue était certes bien intentionnée, mais tout à fait absurde. N'importe quelle maladie peut être grave et entraîner la mort. La principale conclusion à tirer était que, à une exception près, aucun des médecins de mon entourage n'avait daigné ou osé répondre à des questions simples et rationnelles !
Cet épisode a surtout ébranlé le peu de confiance qui me restait dans le corps médical. Si même mes amis et les membres de ma famille ne répondaient pas à des questions simples, qui d'autre allait le faire ?
Comme on l'a vu par la suite, des centaines, voire des milliers de médecins dans l'UE ont tenté d'informer leurs patients et le public en toute honnêteté, mais leurs voix n'ont pas été entendues dans les médias, tandis que les réseaux sociaux étaient drastiquement censurés sur tout ce qui concernait le covid. Les médecins qui ont néanmoins osé aborder la question d'une manière divergeant du discours officiellement autorisé et des protocoles imposés par la hiérarchie ont été sévèrement rappelés à l'ordre et sanctionnés. Certains ont été envoyés en prison.
Selon les données officielles, l'UE compte 1,82 million de médecins en exercice, soit environ quatre pour mille habitants. Si l'on inclut les médecins à la retraite, on compte au moins deux millions de médecins pour 450 millions de personnes. À cela s'ajoutent 456 000 pharmaciens, 365 000 dentistes et 3,6 millions d'infirmiers. Dans l'ensemble, on compte pas moins de sept millions de professionnels de santé, auxquels il convient d'ajouter les milliers de personnes travaillant dans les différents ministères de la Santé, dans l'administration des hôpitaux, les compagnies d'assurance maladie, les services d'ambulance et l'industrie pharmaceutique, de sorte que le nombre total de personnes employées dans le "secteur de la santé" pourrait se situer entre huit et dix millions. Si l'on y ajoute le nombre de personnes à charge et de membres de la famille, on peut dire qu'environ vingt millions de citoyens de l'UE dépendent entièrement ou partiellement des revenus générés par le secteur de la santé. Selon les chiffres officiels, les dépenses de santé dans l'UE en 2022 ont représenté 10 %du PNB, un chiffre astronomique, tandis que le marché pharmaceutique de l'UE était estimé à plus de 500 milliards d'euros en 2024.
Étant donné ces chiffres, il n'est pas très surprenant que les gouvernements et les entreprises veuillent s'assurer que les médecins prennent le genre de décisions (c'est-à-dire posent des diagnostics et rédigent des ordonnances selon des directives strictes) permettant de maintenir le système et d'en assurer la rentabilité. En un sens, les quelque deux millions de médecins constituent les soldats de première ligne du système. Tant qu'ils prescriront les pilules et les vaccins fabriqués par l'industrie pharmaceutique, le système prospérera. On peut aussi se dire que ces presque deux millions de médecins sont des trafiquants de drogue au même titre que les revendeurs de rue de marijuana, de cocaïne et de fentanyl. Ce dernier marché en Europe est estimé à 30 milliards d'euros (2019), et est exonéré d'impôt.
Dans tous les États membres de l'UE, les médecins sont regroupés au sein de fédérations nationales qui contribuent à maintenir la cohésion professionnelle. Ce cadre juridique et professionnel est nécessaire pour garantir l'unanimité, également appelée "consensus" médical. On attend de tous les médecins européens qu'ils pensent de la même manière et partagent les mêmes convictions sur leur profession et la manière de l'exercer. Néanmoins, ils prêtent tous le serment d'Hippocrate, qui, à première vue, laisse à chaque médecin la liberté de se forger sa propre opinion, d'établir son propre diagnostic pour chaque patient et de décider de la conduite à tenir. Le "Grand Show du Covid" a pourtant démontré que, au contraire, tous les médecins de l'UE ont dû se plier aux décisions thérapeutiques prises au niveau gouvernemental ("protocole") et appliquées par la bureaucratie d'État, la police et les autorités judiciaires. Il était strictement interdit de prescrire des remèdes alternatifs tels que l'hydroxychloroquine et l'ivermectine, et les rares médecins qui ont osé le faire ont été sévèrement sanctionnés. De même, les médecins qui ont remis à leurs patients une attestation signée les dispensant de l'obligation de porter un masque facial pendant le Grand Spectacle Covid ont été pénalisés.
Conformément à la médecine centralisée, les étudiants en médecine de toute l'UE sont formés à penser de la même manière et à se comporter comme des membres loyaux de l'establishment médical dirigé par l'État. En d'autres termes, l'establishment médical de l'UE (qui fait déjà partie d'un réseau mondial contrôlé et géré par l'OMS) fonctionne comme l'Église catholique romaine ou un parti communiste traditionnel à l'ancienne. Le "consensus" médical (imposé d'en haut) est aux médecins ce que le dogme est au clergé catholique romain et la ligne du parti aux communistes. Tous les médecins sont tenus d'adhérer au consensus médical et ceux qui ne le font pas en paient le prix. Ce qui signifie qu'en pratique, le serment d'Hippocrate n'est rien de plus qu'une tradition folklorique pittoresque, sans contenu ni véritable sens.
Allez donc consulter votre médecin. Et s'il (ou elle, car de nos jours, de plus en plus de médecins sont des femmes) a moins de 60 ans, vous vous retrouverez face à un médecin qui ne vous regarde pas, les yeux rivés sur son écran. Les mains sur le clavier, il tape tout en vous posant les questions d'une arborescence décisionnelle affichée à l'écran. Puis, après quelques questions et réponses, il vous lira son diagnostic affiché à l'écran. Ensuite, le médecin vous prescrira des médicaments et vous devrez partir pour laisser la place au patient suivant. Si ces médicaments ne fonctionnent pas, vous serez opéré et les parties de votre corps qui ne fonctionnent pas seront coupées ou retirées, après quoi vous aurez à prendre d'autres médicaments. C'est ainsi que fonctionne le système et il est très difficile pour les médecins et les patients d'y échapper. Les médecins doivent payer leur hypothèque et leurs factures, et les patients continuent de faire confiance à leur médecin et au système.
Le système actuel s'est développé au cours du 20e siècle, et à un rythme accéléré après la fin de la Seconde Guerre mondiale. On peut donc affirmer que le secteur de la santé qui prévaut actuellement dans l'UE est d'origine américaine.
Au milieu des années 1880, alors que l'Europe (c'est-à-dire le territoire occupé aujourd'hui par les États membres de l'UE) comptait 200 millions d'habitants, la France comptait 15 000 médecins et plus de 6 000 pharmaciens. En 1873, on recensait 15 000 médecins en exercice en Allemagne. Ainsi, environ 60 000 médecins étaient probablement en activité. Au début des années 1900, il y avait 7 500 étudiants en médecine en France, près de 9 000 en Allemagne et 4 500 en Autriche. Comme il fallait environ sept ans à un étudiant en médecine pour terminer ses études et obtenir son diplôme, on peut estimer qu'environ un millier de jeunes médecins rejoignaient chaque année la profession, tant en France qu'en Allemagne. Compte tenu des départs à la retraite et des décès annuels, on peut en conclure que le nombre total de médecins augmentait à un rythme très modéré. En gros, on comptait entre trois et quatre médecins pour 10 000 habitants, soit dix fois moins qu'aujourd'hui.
À l'époque, la plupart des gens n'avaient pas les moyens de consulter un médecin lorsqu'ils étaient malades. Ils suivaient en général les conseils d'une grand-mère ou d'une herboriste, ce qui suffisait très souvent à résoudre le problème. Certains allaient à la pharmacie pour demander conseil au préparateur local. Jusqu'à récemment, c'était encore une pratique courante en Europe du Sud et en Amérique latine. Les médecins étaient alors encore essentiellement des individus et non les rouages d'un système géré de manière centralisée. On pourrait rétorquer que l'espérance de vie à la naissance était bien inférieure à celle d'aujourd'hui et que les gens vivaient globalement moins longtemps, mais cela tient davantage aux taux élevés de mortalité infantile et à l'absence de moyens efficaces pour lutter contre les microbes et les parasites. C'est sans lien avec l'accès aux soins médicaux et aux médecins.
Le pire fléau du système de santé actuel est l'imposition rigide d'un seul type de médecine, dont les fondements ont été posés par des personnalités douteuses telles que Louis Pasteur et Robert Koch. La plupart des médecins suivent les diktats de l'orthodoxie médicale dominante et méprisent les autres traditions médicales. Wikipédia répertorie une centaine de variétés de "médecine et science marginales", mais celles-ci incluent des approches telles que l'acupuncture, la réflexologie (toutes deux issues de la tradition médicale chinoise) et l'homéopathie.
C'est l'adhésion stricte à l'orthodoxie médicale dominante qui explique pourquoi les médecins n'ont pas protesté massivement contre la pulvérisation de toutes sortes de substances, contre l'utilisation généralisée d'additifs toxiques dans l'industrie alimentaire, contre le fait que certains taux de cholestérol soient déclarés dangereux pour la santé humaine (ce qui est nécessaire pour la commercialisation des statines nocives) et contre des dizaines d'autres pratiques courantes et hypothèses erronées fondées sur un "consensus" médical.
On peut également s'interroger sur l'absence de tollé massif de la part des médecins contre les excès de la folie du genre et tout le cirque hautement rentable des opérations de transition et de changement de sexe. Ou contre la légalisation de l'avortement jusqu'à la veille de la naissance (comme c'est désormais légalement autorisé dans certains pays de l'UE). Ainsi, l'expérimentation médicale et la mort, lorsqu'elles sont commises sous couvert de "soins de santé", sont désormais autorisées dans l'UE.
On ne peut qu'en conclure que le corps médical s'est moralement perverti sans même s'en rendre compte. La philosophie déformée du corps médical moderne de l'UE et de la plupart des médecins a désormais atteint un point où les médecins se mettent eux-mêmes en danger sans s'en rendre compte. Bien qu'il n'y ait aucune preuve que mon camarade d'université soit mort des suites du vaccin Pfizer, de nombreuses preuves statistiques et médicales viennent étayer l'hypothèse d'un lien de causalité entre ces vaccins et les maladies cardiaques.
Peut-on encore faire confiance à son médecin de famille ? Peut-on se fier au chirurgien, au dentiste, aux infirmières, au personnel hospitalier ? Peut-on être sûr que l'industrie pharmaceutique s'intéresse à autre chose qu'à réaliser des profits faciles ? Peut-on faire confiance au ministère de la Santé ? Je dirais que la réponse à toutes ces questions est "non". On peut affirmer qu'aujourd'hui, le diagnostic posé par un médecin est en réalité celui d'un bureaucrate anonyme de l'État dépourvu des connaissances médicales les plus élémentaires.
Et il est grand temps de procéder à une réorganisation en profondeur du système de santé de l'UE.
Traduit par Spirit of Free Speech