03/05/2026 ismfrance.org  4min #312705

Ennemis de la vie... Les sionistes interdisent la « pêche vitale » à Gaza

Centre palestinien de l'information, 3 mai 2026. Chaque année à la même période, la mer au large de Gaza s'animait au rythme de la saison de la sardine. Des bancs de poissons argentés approchaient du rivage, et les filets, suffisamment remplis, offraient à des milliers de familles une raison supplémentaire de persévérer.

Cependant, la mi-avril de cette année s'est écoulée lentement, sans saison, sans abondance et sans cet espoir saisonnier auquel les pêcheurs étaient habitués.

Pour la troisième année consécutive, les sardines sont absentes des tables, non pas parce que la mer est rare, mais parce que l'accès à celle-ci est devenu restreint.

En Méditerranée, les navires de guerre font office de ligne de démarcation entre le pêcheur et ses moyens de subsistance, tandis que la distance autorisée est réduite à quelques mètres, à peine suffisants pour apercevoir l'ombre d'un poisson.

Pilier économique

Les pêcheurs de Gaza affirment que la saison de la sardine n'est pas seulement un cycle naturel, mais aussi un pilier économique et nutritionnel pour des milliers de familles.

Ce cycle dure généralement de mi-avril au début de l'été, puis revient en automne, apportant avec lui d'abondantes espèces comme les sardines et les maquereaux. Mais ce rythme a été perturbé, et avec lui, le quotidien des pêcheurs est bouleversé.

Selon le syndicat des pêcheurs, le secteur de la pêche a subi des pertes initiales de plus de 80 millions de dollars, avec des centaines de bateaux détruits et de grands navires échoués. Les pêcheurs ne prennent plus la mer ; ils restent près du rivage dans de petites embarcations rudimentaires qui rapportent peu, à peine de quoi survivre une journée.

Il y a quelques années, la production de sardines atteignait à elle seule environ 30 tonnes par jour. Aujourd'hui, elle a quasiment disparu.

Entre ces deux chiffres se cachent des histoires tragiques : entre 200 et 230 pêcheurs sont morts au cours de la période écoulée, et des milliers d'autres ont perdu leurs outils, leurs moyens de subsistance, ou les deux.

Un peu d'espoir

À Khan Younis, Ibrahim Abu Awda est assis au bord d'une petite embarcation appelée localement "hasaka". Il l'a achetée avec quatre autres pêcheurs après que beaucoup aient été contraints de vendre leurs bateaux. L'embarcation ne consomme pas de carburant, un avantage en ces temps de pénurie, mais elle n'offre guère d'espoir.

Ibrahim explique que la saison de la sardine était autrefois leur occasion annuelle de compenser les pertes de l'année, car les poissons étaient plus proches des côtes, le trajet plus court et les gains plus importants. Désormais, chaque sortie de pêche est source d'une double angoisse : le risque, la perte potentielle et un marché impitoyable où le poisson est acheté à des prix dérisoires.

Derrière cette petite embarcation, une famille de six personnes, déplacée de chez elle, vivant près des côtes dans des conditions difficiles. La mer n'est plus seulement une source de subsistance, mais aussi un refuge fragile face à une réalité encore plus dure.

Destruction généralisée

De son côté, le directeur général de la Direction générale de la pêche, l'ingénieur Walid Thabet, a décrit les événements comme une destruction massive affectant tous les aspects du secteur. Plus de 100 vedettes ont été détruites et environ 1 800 petites embarcations endommagées, ainsi que des centaines de cabanes de pêcheurs et des infrastructures essentielles, notamment des fabriques de glace, des fermes piscicoles et des systèmes d'énergie solaire. Même les infrastructures de stockage des prises après leur sortie de mer n'ont pas été épargnées.

Quant à la mer elle-même, elle s'est rétrécie. La zone de pêche s'est réduite à seulement 200 à 300 mètres, transformant le littoral en une zone saturée de lignes et de filets de pêche, et entraînant une surpêche dans un environnement déjà fragilisé. Avant la guerre, la production de poisson de Gaza dépassait les 5 000 tonnes par an, auxquelles s'ajoutaient les centaines de tonnes issues de l'aquaculture. Aujourd'hui, ces chiffres sont en baisse, comme si la mer elle-même s'épuisait.

En effet, l'absence de sardines n'est pas seulement une perte saisonnière, mais le signe d'un déséquilibre plus profond : lorsque la mer est assiégée, la vie elle-même est assiégée. Lorsqu'un pêcheur est empêché de prendre la mer, il perd non seulement une journée de travail, mais aussi un prolongement naturel de son existence.

Source :  Centre palestinien d'information

 ismfrance.org