Imbroglio labyrinthique de nos guerres
• On peut tenter de démêler l'écheveau extraordinaire des courants religieux, extrémistes ou traditionnels, qui parcourt cette guerre étrange et absurde autour de l'Iran. • L'auteur du texte ci-dessous, Leonid Savin, s'y risque. • S'il montre ses connaissances en la matière, il constate également l'impossibilité de définir précisément les adversaires. • Pour trancher, il propose de définir l'affrontement : comme étant "entre les forces de la Lumière et les forces des Ténèbres". • C'est bien plus simple et rend compte de la puissance de l'enjeu.
3mazi 2026 (19H15) - "Le XXI e siècle sera religieux [ou ne sera pas]", avait dit André Malraux au soir d'une des folles journées de mai 1968, semble-t-il selon les mémoires des anciens, après que la situation eût été redressée le 30 mai (discours à la radio du général en uniforme façon 18 juin, manif' monstre [plus de un million] sur les Champs-Élysées). Puis Malraux revint sur cette phrase qu'il avait effectivement prononcée (PhG l'entendit à la radio), disant notamment dans une interview donnée à Pierre Desgraupes pour 'Le Point' :
"On m'a fait dire :"Le XXIème siècle sera religieux. "Je n'ai jamais dit cela, bien entendu, car je n'en sais rien. Ce que je dis est plus incertain : je n'exclus pas la possibilité d'un événement spirituel à l'échelle planétaire."Puis réflexion labyrinthique, à-la-Malraux, pour son ami et traducteur japonais Tadao Takemoto : "Si le prochain siècle devait connaître une révolution spirituelle, ce que je considère comme parfaitement possible, je crois que cette spiritualité relèverait du domaine de ce que nous pressentons aujourd'hui sans le connaître, comme le XVIII e siècle a pressenti l'électricité grâce au paratonnerre. Alors qu'est-ce que pourrait donner un nouveau fait spirituel (disons si vous voulez : religieux, mais j'aime mieux le mot spirituel) vraiment considérable ? Il se passerait évidemment ce qui s'est passé avec la science."
(... Tout cela selon une citation-réflexion du journal "de référence" et de la platitude bourgeoise de Bruxelles-francophone, 'Le Soir'.)
Cette longue entrée en matière qui pourrait paraître incongrue prétend pourtant s'accorder au texte que nous présentons ci-dessous, de Leonid Savin, dans 'euro-synergies.hautetfort.com' du 2 mai 2026. Le titre et le sous-titre nous en disent plus, et il s'agit effectivement d'une affaire de religion...
""Les étoiles sont tombées sur terre": la guerre en Iran comme affrontement entre idéologies religieuses" L'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a levé un coin du voile sur la dimension métaphysique du conflit - les contours d'un affrontement entre doctrines et idéologies religieuses y sont clairement apparus."
Peut-on dire que la guerre des Amérisraéliens contre les Iraniens est la première véritable"guerre de religion"d'une importance et à une échelle quasiment mondiale, depuis les guerres de religion du XVIème et du XVIIème siècle ? Aventurons-nous à le dire, car c'est l'impression que l'on ressent (une"guerre de religion d'importance et à une échelle mondiale") en suivant ce texte de Savin qui détaille l'extraordinaire imbroglio des"partis religieux"engagés dans la bataille, avec comme perspective des gâteries telles que la venue du Messie ou l'Apocalypse de la fin des temps, et ce genre de choses.
Au reste, le sujet prétendant avoir tout de même un rapport certain avec la guerre en cours, ne traite que des textes du Livre, ses interprétations, les visions des religions monothéistes ramenés aux alentours de la vie et de la mort de J.C., etc. Effectivement, tout le monde semble concerné, sauf la Chine, l'énigmatique et éternelle Chine, qui semble observer ces agitations avec un léger sourire sibyllin et un imperceptible haussement d'épaule.
L'auteur convient indirectement lui-même, comme on le lit dans ses deux derniers paragraphes de conclusion, de l'aspect labyrinthique des conditions qu'il vient de nous exposer, - au point qu'il suggère de dire qu'il s'agit, plutôt que de nommer les ennemis,"d'une lutte entre les forces de la Lumière et celles des Ténèbres". Et s'il convient également que les adversaires diront, selon leur point de vue, où se trouve la Lumière et où se trouvent les Ténèbres, on convient, nous, de constater que lui-même a fait son choix qui ne serait pas très éloigné du nôtre.
"En d'autres termes, si l'on considère la guerre actuelle au Proche-Orient à travers le prisme des doctrines éthiques, sans interprétations religieuses, on peut conclure que les États-Unis et Israël sont coupables - mais il n'y a personne pour les juger. Or, avec l'ajout de telles interprétations, le conflit prend l'ampleur d'une lutte entre les forces de la Lumière et celles des Ténèbres."Cette cosmogonie métaphysique, où un scénario précis est inscrit, est interprétée par chaque partie en fonction de sa propre vision du monde et de ses traditions. Bien que le massacre de 165 écolières iraniennes au tout début de la guerre, tout comme celui de la population civile au Liban et en Palestine, ressemble davantage aux agissements de la civilisation de Baal."
D'une façon très caractéristique et symbolique, et aussi comme s'il s'agissait d'un signe indubitable que nous adresse le Ciel, cet enchevêtrement extraordinaire de toutes les nuances de ces religions ayant une croyance similaire pour ce qu'on suppose être le même dieu nous conduit à juger, - pour nous faciliter la tâche et tenir compte de notre épuisement intellectuel - que nous sommes face à un événement colossal qui, comme tout événement de cette sorte, se définit en termes simples et universels. Certes, la Lumière contre les Ténèbres, quoi de plus simple et de plus universel ? Mais aussi, quoi de plus haut, de plus fondamental, de plus métaphysique et de plus spirituel, - de plus évident enfin pour illustrer et définir notre GrandeCrise ? Ainsi, cette guerre et cette GrandeCrise, que l'on qualifie souvent d'étranges et d'absurdes ("qui parcourt cette guerre étrange et absurde autour de l'Iran"), deviennent au contraire aisées à appréhender et à comprendre.