03/05/2026 ssofidelis.substack.com  11min #312760

Les fauteurs de guerre et la prophétie de Jack London

Par Alberto Bradanini, le 28 avril 2026

1. Israël est un État dirigé par des criminels sociopathes, qui commandent une armée d'assassins qui tuent et tuent sans relâche, se reposent quelques jours, inondent les médias de leurs mensonges éhontés, avant de recommencer à tuer. Sans parler des atrocités commises au cours de 80 ans d'occupation violente de la Palestine : rien que ces derniers temps, après avoir massacré 80 000 à 100 000 personnes à Gaza - auxquelles s'ajoutent 200 000 à 300 000 blessés et mutilés corps et âme, sans compter les milliers de victimes en Cisjordanie - une poignée de soldats israéliens, produits expérimentaux de l'IA dotés de caractéristiques déshumanisantes marquées, ont appuyé sur un bouton le 8 avril 2026, au début du soi-disant "cessez-le-feu" entre l'Iran et les États-Unis/Israël et entre le Liban et Israël, retranchés dans leurs forteresses volantes, et, sans risquer la moindre égratignure de leur précieux épiderme, ont massacré des centaines d'habitants de Beyrouth, la plupart morts sur le coup, d'autres ensevelis vivants, parmi lesquels de nombreux enfants innocents. Du 2 mars 2026 à aujourd'hui, l'armée la plus barbare de la galaxie a tué environ 2 500 personnes - et ce nombre augmente chaque jour - sans que personne sur la planète Terre n'ordonne à ces assassins de mettre fin à leurs agissements.

Il ne s'agit même pas, ça va sans dire, d'épisodes de guerre, mais de massacres délibérés et planifiés qui font la une quelques heures dans les médias mainstream à la solde du pouvoir, pour être classés sans suite en fin de journée, tandis que les responsables se remettent à planifier d'autres atrocités quotidiennes.

L'État hébreu, dirigé par le criminel de guerre Benjamin Netanyahu, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et par d'autres de ses dignes compagnons du crime, se voit autoriser toutes sortes d'horreurs : envahir, bombarder, exterminer, violer, voler des terres et des biens aux Palestiniens, aux musulmans, aux chrétiens, Libanais, Syriens, Iraniens, sans distinction entre combattants, hommes, femmes et enfants.

Seuls les anchois de la mer Cantabrique ignorent que le toutou israélien ne peut agir ainsi que grâce aux relations spéciales qui le lient au Cerbère qui le dresse et le nourrit, les États-Unis d'Amérique, gouvernés aujourd'hui par une oligarchie putride et prédatrice, indifférente aux lois et à l'éthique, uniquement soucieuse d'accumuler richesses sur richesses, à l'infini.

La décision d'attaquer l'Iran, au mépris de la Charte des Nations Unies, du droit international, des principes de coexistence entre les nations, de l'éthique des peuples et ainsi de suite, s'explique par le poids des lobbies pro-israéliens qui dominent la politique américaine, auquel s'ajoute le chantage des dossiers Epstein dont fait l'objet l'actuel locataire de la Maison Blanche en déclin cognitif, lui-même désireux de détourner l'attention de l'opinion publique de ses penchants pédophiles auxquels - selon les mauvaises langues - il avait l'habitude de céder. À l'ensemble s'ajoute l'éloquence convaincante du criminel israélien susmentionné, selon lequel cette aventure insensée n'aurait dû être qu'une balade de santé dans les parcs du quartier.

De toute évidence, il semble peu plausible qu'un pays de 345 millions d'habitants, première économie mondiale et première puissance militaire de la planète disposant de 800 bases disséminées aux quatre coins du globe, accepte de subordonner son agenda aux caprices messianiques et expansionnistes d'un petit État de sept millions d'habitants, tout en mettant dans la balance la toxicité coercitive des lobbies mentionnés et la putréfaction morale et matérielle qui sévit dans le principal État voyou de la planète Terre.

Or, même lorsque les agendas des deux pays bellicistes ne se recoupent pas (sur le papier, le colonialisme israélien ne devrait pas concerner l'agenda américain), en réalité, là aussi, les retombées impériales sont considérables : instabilité généralisée, chaos géopolitique, déstabilisation énergétique, démantèlement des économies hostiles, détournement des capitaux vers Wall Street, vente d'armes et conflits autrement voués à un équilibre, neutralisation des nations hostiles, et ainsi de suite.

Les brutalités d'Israël masquent donc l'iceberg de l'impérialisme américain, ce monstre aux mâchoires insatiables qui menace, agresse, pille les nations qui ne plient pas, et qui aujourd'hui, pressentant son propre déclin, agit avec une brutalité encore plus inhumaine, sans se soucier du risque d'escalade ni faire de distinction entre alliés, pays neutres et ennemis, n'ayant rien d'autre à l'esprit que les intérêts d'un cercle privilégié de perturbés mentaux.

Il est toujours bon de rappeler que le principal ennemi de la paix, de la coexistence entre les nations, du respect des civilisations, du progrès éthique et culturel, et même de la survie du genre humain, est constitué d'un groupe d'oligarques qui, disposant d'immenses ressources, d'armées d'espions, d'analystes du renseignement, de journalistes à leur solde, d'opérateurs d'algorithmes et de déformations médiatiques, de marchands d'armes etc, veulent dominer tout et tous, nourris par l'illusion déshumanisante que leurs maux incurables pourraient ainsi être guéris. Ces individus sont victimes d'un complexe infantile de toute-puissance, dans la conviction pathétique que leur exceptionnalité (la seule nation indispensable sur terre : M. Albright, 1996 ; W. Clinton, 1999) les autorise à se livrer à toutes sortes d'atrocités.

Nous savons que cet ennemi majeur prend des formes diverses selon les époques et les lieux. Sur le plan économique, il s'incarne dans le néolibéralisme antisocial, mondialiste et belliciste. Sur le plan des valeurs, dans la marchandisation ontologique de la société. Sur le plan politique, dans une démocratie de façade, sans substance. Sur le plan philosophique, dans un nihilisme solipsiste omniprésent, dans les relations économiques, dans le cynisme de la ploutocratie dominante, et sur le plan géopolitique, dans l'empire le plus violent de la planète.

La pratique consistant à occulter ces évidences n'est pas due à de la négligence ou à une mémoire défaillante, mais à un lavage de cerveau idéologique et médiatique systématique. Il faut préciser, pour éviter tout malentendu, que par "États-Unis", on n'entend pas le peuple américain - ces 345 millions d'habitants eux aussi exploités et asservis, en plus d'être en grande partie politiquement incultes - mais ce 0,1 % qui, telle une pieuvre, projette partout son ombre vorace. Le lavage de cerveau susmentionné aide également à comprendre la raison obscure qui empêche les citoyens européens de prendre conscience de l'affligeante médiocrité de leurs classes déprimantes, recrutées - comme le savent même les barracudas d'Amazonie - sur la base d'un seul critère : savoir porter avec dignité l'uniforme de majordome.

2. À la lumière des éléments exposés, essayons donc de déchiffrer les tragiques bouleversements actuellement en cours en Asie occidentale. Dans la mire malsaine des maîtres du monde, après avoir agressé, déstabilisé, démantelé presque tous les pays de la région (Irak, Égypte, Syrie, Libye, Soudan, Afghanistan, Yémen, bien qu'avec des résultats contrastés) et colonisé les monarchies du Golfe avec le tristement célèbre pétrodollar, c'est maintenant le tour de l'Iran, qui s'obstine toutefois à ne pas se laisser piller, tandis qu'en coulisses se profile la Turquie, pays membre de l'OTAN, qu'Israël a déjà publiquement menacé par la voix de l'ancien Premier ministre N. Bennett1.

Les pays dans le collimateur du duo mortel américano-sioniste appartiennent à deux catégories :

  • ils possèdent du gaz et du pétrole en quantités importantes (ce qui intéresse les États-Unis) ou bien
  • ce sont des pays islamiques, qui, en tant que tels, s'opposent à l'expansionnisme biblique et colonial d'Israël, c'est-à-dire (comment osent-ils !) qu'ils défendent la cause palestinienne.

Rebus sic stantibus, la guerre de Trump/Netanyahu est perdue. La rage pousse le premier à menacer de détruire la civilisation perse, peut-être même avec l'arme nucléaire, une hypothèse que le monarque du système solaire aurait caressée lorsque, dans un accès de folie plus intense que de coutume, il a été informé que la prétendue opération de sauvetage du pilote disparu - en réalité déraisonnablement destinée à dérober sur le site d'Ispahan les fameux 430 kg d'uranium enrichi à 60 % - s'était soldée par une amère perte en vies humaines, en avions et en hélicoptères2  ! Quant aux prétendues négociations en cours, les informations diffusées ne sont en vérité, comme toujours, que des mensonges. Les États-Unis font semblant de négocier, alors qu'ils entendent seulement dicter les conditions de la capitulation (celle de l'Iran, bien entendu), hypothèse plausible lorsqu'on gagne une guerre, ce qui n'est pas le cas ici. Pour Téhéran, en effet, les conditions posées sont inacceptables : pas d'enrichissement d'uranium (autorisé par le Traité de non-prolifération, sous la surveillance de l'AIEA3, comme c'était le cas jusqu'à l'agression israélienne de juin 2023), pas de missiles capables d'atteindre Israël et rupture des liens avec le Hezbollah/les Houthis (alliés politiques et religieux) et le Hamas (financé principalement par les Arabes sunnites et, par le passé, par Israël lui-même, dans un but de division). En définitive, une liste d'aberrations que seuls les deux négociateurs sionistes (Kushner et Witkoff) ont eu l'audace de proposer.

L'économie américaine est, comme chacun sait, en déclin, le dollar se déprécie, la finance domine, la production de biens matériels a été délocalisée, la société est de plus en plus violente, l'injustice sociale est immense, les riches se font plus rares mais leurs richesses augmentent. La réindustrialisation passe par l'expansion de la production d'armes (et donc la promotion d'autres guerres) et le contrôle des énergies fossiles. Heureusement, selon les lois de l'équilibre, ceci pousse encore davantage la Chine, pour échapper au chantage, vers les énergies renouvelables.

Quant à Israël, c'est bien pire. Le chef pervers du gouvernement israélien - celui-là même qui a ressuscité ces sentiments antisémites qui semblaient enterrés à jamais avec le sacrifice de millions de Juifs par les nazis allemands - entend rayer l'Iran de la carte, coupable de soutenir la cause palestinienne, de demeurer une nation souveraine, pour le transformer (comme si c'était envisageable) en une gigantesque Gaza, sans même se soucier des retombées catastrophiques (inflation, récession) pour la planète entière et donc pour les États-Unis eux-mêmes.

Mais la civilisation perse n'acceptera jamais d'être détruite. Au contraire, sa réaction pourrait causer de sérieux ennuis à l'État hébreu (personne n'est en mesure de prévoir, par exemple, ce qui se passerait si le site nucléaire de Dimona était touché par un missile balistique iranien), et Israël pourrait alors décider de recourir à la bombe, sans qu'il soit certain que l'actuel locataire instable et manipulé de la Maison Blanche soit en mesure de s'y opposer. Seules la Russie et la Chine, à ce stade, ont une chance de ramener à la raison ce clan de fous furieux.

Il faut donc trouver le moyen de contenir les délires d'un individu et, en réalité, d'un pays tout entier (en mars 2026, 93 % des Juifs israéliens approuvaient l'agression contre l'Iran4), afin de permettre à l'humanité de protéger la coexistence pacifique entre les peuples qui, bien que différents, sont en droit de vivre et de prospérer comme ils l'entendent, la Charte des Nations Unies et ce minimum de droit international que l'humanité a réussi à édifier après le massacre de la Seconde Guerre mondiale.

Pour ce faire, étant donné que dans les soi-disant démocraties occidentales (dont les gouvernements sont tous du côté d'Israël), le point de vue des populations n'est considéré que comme un bruit de fond dérangeant - tout comme les manifestations récurrentes des 25 avril à travers le monde, événements fondamentalement perturbateurs tandis que là-haut, le pouvoir dort d'un sommeil béat - ceux qui le peuvent sont appelés à manifester leur présence.

En ce moment même, les pronostics oscillent. Le rassemblement de Marines près d'Ormuz suggère que le président blond à l'esprit confus et le chevalier croisé Pete Hegseth planifient la reprise des hostilités. Les marchés, en revanche, semblent pencher pour un éventuel compromis, synonyme de cuisante défaite pour l'empire.

Nous serions sur la bonne voie si Israël était exclu de toutes les instances internationales, du commerce, des investissements et des liens de toute nature, en boycottant ses produits pour faire réfléchir son peuple, et qu'après avoir retrouvé la raison, il revienne dialoguer avec humanité et modération sur la voie de la coexistence, en gardant à l'esprit que 500 millions de musulmans, d'Arabes, de Turcs, de Perses et d'autres ethnies et religions vivent et prospèrent à ses frontières, avec lesquels il devra composer, pour autant que le monde existe encore demain.

Quant aux États-Unis, en attendant que se réalise la prophétie de Jack London, à savoir la révolution socialiste dans le repaire du loup, mettons-nous au travail pour accélérer l'avènement d'un monde pluriel, capable de contenir les lubies et la cupidité de l'empire. Nous savons que nous comptons peu, mais nous ne cesserons pas pour autant d'élever la voix vers le dieu de la paix et du bon sens retrouvé. L'existence humaine est brève, il n'est pas nécessaire d'en accélérer le cours. Unissons nos forces et entrons dans l'univers des rêves, ces espaces éthérés, les seuls dignes d'être fréquentés, car nous ne serons certainement pas en mesure de construire une société meilleure si nous ne l'avons pas d'abord rêvée en nous-mêmes.

Traduit par  Spirit of Free Speech

1  maurizioblondet.it

2 Trois avions de chasse F-15E, un C-130 ou MC-130J, un A-10 Thunderbolt, 4 hélicoptères : deux Black Hawk (HH-60), un MH-6 Little Bird et un AH-6 ou un HC-130J

3 Agence internationale de l'énergie atomique

4  search.brave.com

 lantidiplomatico.it

 ssofidelis.substack.com