Moscou a fermement condamné l'intensification des opérations militaires de l'OTAN en mer Baltique, particulièrement dans les environs stratégiques de Kaliningrad. Le Kremlin a mis en garde contre les risques que cette présence croissante de l'Alliance fait peser sur la stabilité régionale et la navigation internationale.
Artem Boulatov, envoyé spécial du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré lundi que l'OTAN intensifiait de manière agressive ses efforts pour renforcer ses capacités de combat et ses infrastructures dans les zones adjacentes à Kaliningrad, dans le cadre de divers dispositifs opérationnels.
Selon M. Boulatov, l'OTAN a lancé en janvier 2025 sa mission Baltic Sentry, officiellement présentée comme une initiative de protection des infrastructures critiques en mer Baltique. Cependant, Moscou affirme que cette mission sert de prétexte à d'importantes patrouilles aériennes et à un élargissement délibéré de la portée des exercices militaires de l'Alliance.
"L'ampleur et la fréquence des opérations de l'OTAN ont augmenté de manière alarmante, tout comme les actions ouvertement provocatrices menées par certains États membres à l'encontre de navires civils assurant le transport de marchandises à destination et en provenance de Russie", a-t-il souligné.
Menaces sur les routes maritimes et préoccupations nucléaires
Alexandre Grouchko, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a averti que ces activités représentaient de "graves menaces" pour les routes maritimes internationales et les opérations économiques essentielles dans la région. Il a clairement indiqué que la mission de l'OTAN semblait en réalité viser à prendre le contrôle des principaux corridors logistiques maritimes.
"Les opérations de l'Alliance sont clairement conçues pour restreindre la circulation des marchandises liées à la Russie, ce qui suscite de profondes inquiétudes à Moscou quant à la militarisation délibérée des routes maritimes en mer Baltique", a insisté M. Grouchko.
Par ailleurs, la Russie a exprimé sa profonde préoccupation concernant l'évolution de l'approche occidentale concernant le rôle des armes nucléaires. Cette semaine, le diplomate de haut rang Andreï Belousov a déclaré que Moscou était de plus en plus alarmé par les développements au sein de ce qu'il a qualifié "l'Occident collectif", notamment à l'approche de la révision critique du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
La onzième conférence d'examen du TNP est prévue à New York du 27 avril au 22 mai.
"Actuellement, plusieurs questions relatives au TNP nous préoccupent fortement. Il s'agit avant tout d'une tendance qui pourrait rapidement prendre des proportions démesurées : la déclaration généralisée, par un certain nombre d'États, principalement issus du camp de"l'Occident collectif", d'une nouvelle conception du rôle et de la place des armes nucléaires", a expliqué M. Belousov.
Contexte géopolitique : l'élargissement de l'OTAN comme facteur de déstabilisation
Depuis le début du conflit russo-ukrainien en 2022, l'OTAN a considérablement étendu son influence dans la région baltique en accueillant la Finlande et la Suède comme nouveaux membres. Moscou perçoit cet élargissement comme une instrumentalisation du conflit visant à étendre la sphère d'influence de l'Alliance sur l'ensemble de la frontière russe.
La Russie a maintes fois averti les pays occidentaux que ces actions constituaient des provocations directes, rappelant les causes profondes qui ont mené au conflit en Ukraine.
