
Par la rédaction de The Cradle, le 6 mai 2026
Le Fonds d'investissement public (PIF) de l'Arabie saoudite a ouvert un deuxième bureau en Chine continentale au début de l'année, en créant une succursale à Shanghai afin de développer ses activités de négociation et d'attirer davantage d'investissements chinois dans le royaume, a rapporté Bloomberg le 6 mai.
Le bureau a été enregistré en début d'année, relève de la succursale du PIF à Pékin et est dirigé par Lily Cong, ancienne représentante en chef de Fidelity International dans la capitale chinoise.
L'avant-poste de Shanghai aurait été créé pour renforcer la capacité de ce fonds d'un trillion de dollars à conclure des transactions internationales en Chine, tandis que les responsables cherchent à attirer davantage d'entreprises chinoises en Arabie saoudite.
Cette initiative renforce les relations d'investissement entre Riyad et Pékin, tandis que les États-Unis restent un marché majeur pour le royaume. Le bureau de Shanghai étend la présence mondiale du PIF, qui dispose déjà de bureaux à New York, Londres, Hong Kong et Paris.
L'Arabie saoudite et la Chine entretiennent déjà des liens stratégiques et financiers dans divers secteurs, notamment l'énergie et la finance, tandis que d'autres fonds souverains du Golfe cherchent également à accroître leur exposition à la Chine.
Abu Dhabi envisage également de placer les actifs chinois détenus par deux de ses fonds souverains dans une nouvelle entité, selon des informations précédentes, une initiative qui pourrait ouvrir la voie à un changement plus large de sa stratégie d'investissement.
Cette offensive d'investissement du Golfe intervient dans un contexte de bouleversements majeurs sur les marchés d'Asie occidentale à la suite de la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran, qui a entraîné des perturbations régionales pesant sur les économies du Golfe, et accéléré la transition vers un commerce énergétique moins dominé par le dollar.
L'Arabie saoudite, le Qatar et d'autres États du Golfe ont renforcé leurs liens financiers avec la Chine, fondés sur le yuan, tandis que les perturbations au détroit d'Ormuz ont aggravé la fragilité de l'" ère du pétrodollar".
Selon un rapport de Fortune, Riyad n'a pas officiellement renouvelé son engagement de 2024 de fixer le prix du pétrole exclusivement en dollars américains, un an après avoir signé un accord de swap de devises de 7 milliards de dollars avec Pékin.
La banque centrale saoudienne joue également un rôle clé dans la plateforme de paiement numérique mBridge, qui permet des échanges de devises directs via la technologie blockchain.
Les économistes cités par Fortune affirment que cette évolution reflète le poids croissant de la Chine dans le commerce saoudien, Pékin ayant supplanté les États-Unis en tant que premier client pétrolier du royaume.
"L'économie penche en faveur du yuan, tandis que les accords monétaires restent centrés sur le dollar",
a écrit Michael Harris, analyste chez EBC Financial Group.
L'Arabie saoudite continue de régler la plupart de ses transactions en dollars américains, mais le renforcement de ses liens financiers avec Pékin témoigne d'une stratégie plus large de diversification des échanges commerciaux et des sources d'investissement, alors que la Chine fait du yuan une alternative potentielle sur les marchés mondiaux de l'énergie.
Traduit par Spirit of Free Speech