09/05/2026 mondialisation.ca  5min #313293

Iran - Usraël ou la quadrature du cercle

Par  Daniel Vanhove

Nonobstant les déclarations aussi insensées qu'erratiques de la part du président américain, le suivi régulier de ce dossier ne trompe aucun observateur. Dans une situation aussi complexe pour différentes raisons, le régime israélien a piégé la stupide administration américaine, et celle-ci est désormais prise à revers. Malgré des menaces répétées et le déploiement d'une armada massive dans la région, elle a compris ne pouvoir atteindre aucun des objectifs militaires visés par ses forces conventionnelles tout en s'isolant d'une majorité d'États ne la suivant pas dans cette aventure absurde. C'était la guerre à ne pas faire !

Le retour à la diplomatie semble donc la seule issue pour le gouvernement Trump, afin de trouver une porte de sortie lui permettant de ne pas être totalement humilié et se présenter avec un message quelque peu positif, même s'il ne dupera personne. Le temps joue contre l'administration républicaine qui doit impérativement tenter de sauver les meubles avant les élections de mi-mandat, et soulager l'économie mondiale d'une crise énergétique qui s'annonce d'ores et déjà désastreuse pour les mois à venir.

Sauf que cela constitue le pire dénouement imaginable pour le régime israélien qui ne veut en aucun cas desserrer son étau sur l'Iran maintenant qu'il en a saisi l'occasion, et comprend bien qu'une telle opportunité ne se représentera plus avant longtemps, sinon jamais.

La question est donc de savoir si le gouvernement du criminel de guerre Netanyahu, de plus en plus décrié et qui ne tient que par les fronts divers contre ses voisins, restera indifférent devant le pire des cauchemars pour lui : un retrait de la menace américaine contre l'Iran, la perte de son soutien majeur sur le terrain des opérations et une victoire iranienne évidente. En d'autres mots, l'horreur absolue pour ce régime de terreurs, habitué à faire ce qu'il veut, vu l'impunité totale dont il bénéficie par la lâcheté de nos États complices.

Connaissant l'esprit belliqueux des différents gouvernements israéliens depuis toujours, cette option semble improbable. Et l'on peut donc s'attendre à différents scénarios. Soit le régime colonial possède les leviers pour contraindre les États-unis à poursuivre leur offensive militaire avec des moyens massifs pour dévaster l'Iran de manière irréversible, mais avec les risques annoncés d'une réponse sans appel de ce dernier dont on a vu les capacités redoutables. Soit, il poursuit sa propre offensive, sans l'appui américain affiché, ayant alors l'excuse de recourir à des armes prohibées dont Dimona pourrait être envisagé. Mais avec, la aussi, les risques d'une réponse fulgurante de l'Iran qui le sait, ne se laissera pas intimider et a déjà averti que des réponses inédites seraient utilisées.

Dans tous les cas, une issue diplomatique plutôt que militaire verrait le projet du "Grand 'Israël'" sérieusement compromis pour ne pas dire réduit à néant, dans la mesure où l'Iran a plusieurs fois averti que le régime sioniste devait retourner à ses frontières d'origine et libérer les terres volées tant au Liban, qu'en Syrie et en Palestine. Bref, une régression complète des plans expansionnistes israéliens qui n'ont eu de cesse de s'étendre tout au long de la courte histoire de cet État colonial.

Les intérêts des uns et des autres se trouvent ainsi à l'extrême opposé, laissant penser qu'en ces termes, une sortie de crise n'est acceptable pour aucun des protagonistes. Le régime génocidaire israélien n'est certainement pas prêt pour renoncer à ses projets d'expansion ; celui des États-unis largement soutenu par des fonds sionistes ne peut ignorer ses donateurs sans provoquer une crise majeure au niveau de sa pérennité ; et l'Iran ne peut se contenter d'un retour à la case départ. Il vient de marquer des points et n'entend rien céder de ses exigences en matière de contrôle sur le Détroit d'Ormuz, ni de ses revendications à propos de la justice qu'il entend imposer à une communauté internationale faillie sur la question au centre de laquelle figure la Palestine.

Nous nous trouvons donc à la quadrature d'un cercle, bien plus vicieux qu'il n'y paraît, et outre les incessants atermoiements du président Trump, tout indique que l'issue de cette guerre d'entre les plus aiguës de la région, ne semble pas se dessiner pour demain. Les enjeux sont vitaux pour les parties. Il y faudra beaucoup de doigté pour en sortir, ce qui ne semble pas être la qualité première du président fantasque américain. Ni celle de Netanyahu et consorts, toujours animés par leur suprémacisme maladif. Alors que chaque jour qui passe alourdit un peu plus l'ardoise que l'économie mondiale finira par payer pour les crimes de cette caste mafieuse et des gouvernements complices qui y participent, laissant se dérouler l'innommable sous leurs yeux, et qu'un nombre toujours plus grand de citoyens du monde décrient et abhorrent.

Daniel Vanhove

08.05.26

Image en vedette : Capture d'écran. Source :  Middle East Monitor

*

 Daniel Vanhove, France / Belgique : observateur civil en Palestine 2001 - 2004. Il est l'auteur de plusieurs livres : co-auteur de "Retour de Palestine", 2002 - Ed. Vista ; "Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes", 2004 (Préface de Ilan Halevi - Ed. M. Pietteur) ; co-concepteur du DVD "Au bord de la mort, nous cultivons l'espoir", Témoignages in situ accompagnant le livre, La Démocratie Mensonge, 2008 - Ed. Marco Pietteur - coll. Oser Dire. Administrateur du blog Mouvement Citoyen Palestine (MCP). Il est associé de recherche du CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright ©  Daniel Vanhove, Mondialisation.ca, 2026

Par  Daniel Vanhove

 mondialisation.ca