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Giorgia Meloni recevant Abdulhamid al-Dbeibah au Palazzo Chigi, le 7 mai 2026.
Face à la volatilité des marchés énergétiques, l'Italie renforce son partenariat stratégique avec la Libye. En recevant le 7 mai à Rome le Premier ministre libyen, la présidente du Conseil des ministres a affiché sa volonté de sécuriser les approvisionnements énergétiques et de relancer les investissements dans le secteur gazier libyen.
L'Italie et la Libye entendent renforcer leur coopération énergétique dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de hausse des prix mondiaux de l'énergie. Réunis le 7 mai à Rome, la présidente du Conseil des ministres italienne, Giorgia Meloni, et le Premier ministre du gouvernement d'union nationale libyen, Abdulhamid al-Dbeibah, ont convenu d'approfondir leur partenariat économique, avec un accent particulier sur les investissements dans le secteur énergétique.
Dépendante des importations pour couvrir ses besoins énergétiques, l'Italie cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement alors que les tensions dans le Golfe, aggravées par la guerre américano-israélienne contre l'Iran, alimentent une flambée des prix du pétrole et du gaz.
La Libye demeure le principal fournisseur de pétrole brut de l'Italie, représentant près de 20 % de ses importations totales de brut. En revanche, les exportations de gaz libyen vers la péninsule ont reculé en 2025, tombant à environ un milliard de mètres cubes contre 1,4 milliard en 2024. Cette baisse s'explique par la hausse de la demande intérieure libyenne, les perturbations répétées des infrastructures et l'instabilité politique persistante dans le pays.
Au cœur de cette coopération figure le gazoduc Greenstream, infrastructure stratégique reliant la Libye à l'Italie, mais actuellement exploitée en deçà de ses capacités. Rome pousse ainsi à un renforcement des investissements afin d'accroître la production gazière libyenne et de sécuriser davantage ses importations.
Le groupe énergétique Eni, présent en Libye depuis 1959, demeure l'acteur étranger majeur du secteur. Avec une production estimée à 162 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025, l'entreprise mène actuellement trois projets de développement, dont deux doivent entrer en service en 2026.
Au-delà de l'énergie, les deux dirigeants ont également réaffirmé leur engagement commun concernant la gestion des flux migratoires, autre dossier central des relations entre Rome et Tripoli, alors que l'Italie reste l'un des principaux points d'entrée en Europe pour les migrants transitant par les côtes libyennes.