Le département du Trésor américain a imposé des sanctions à dix personnes et entreprises, dont plusieurs sont basées en Chine et à Hong Kong, pour leur implication présumée dans l'aide apportée à l'Iran pour obtenir des armes et les matières premières nécessaires à la fabrication de ses drones Shahed et de ses missiles balistiques.
Selon des informations relayées par Reuters, cette décision intervient quelques jours seulement avant une rencontre attendue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, et dans un contexte de tensions diplomatiques concernant le conflit avec l'Iran.
Dans un communiqué, le département du Trésor a affirmé que ces mesures économiques visaient à entraver la capacité de production d'armements de la base militaro-industrielle iranienne.
Le ministère a également indiqué qu'il prendrait des mesures contre toute entité étrangère soutenant ce qu'il a qualifié de commerce iranien illicite, y compris les compagnies aériennes.
Il a en outre précisé que des sanctions secondaires seraient appliquées aux institutions financières étrangères aidant l'Iran, y compris celles ayant des liens avec les raffineries de pétrole indépendantes chinoises.
Selon Brett Erickson d'Obsidian Risk Advisors, ces sanctions visent à limiter la capacité de l'Iran à menacer les navires dans le détroit d'Ormuz et les alliés régionaux des Etats-Unis.
Le trafic maritime à travers ce passage stratégique, crucial pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel, a connu une diminution notable depuis le début de la guerre, contribuant ainsi à une hausse significative des prix de l'énergie.
M. Erickson a toutefois émis des réserves quant à l'efficacité actuelle des sanctions, les jugeant trop ciblées. Selon lui, cela pourrait accorder à l'Iran un délai supplémentaire pour adapter ses méthodes d'approvisionnement et diversifier ses sources.
Il a également souligné que les banques chinoises, d'une importance capitale pour l'économie iranienne, n'avaient pas encore été visées par ces mesures.
Parmi les entités sanctionnées figurent : la société chinoise Yushita Shanghai International Trade Co Ltd, accusée d'avoir facilité les achats d'armes iraniens en provenance de Chine; la société dubaïote Elite Energy FZCO, soupçonnée d'avoir transféré plusieurs millions de dollars à une entreprise de Hong Kong pour soutenir ces acquisitions; les sociétés de Hong Kong HK Hesin Industry Co Ltd et biélorusse Armory Alliance LLC, accusées d'avoir joué un rôle d'intermédiaire; la société de Hong Kong Mustad Ltd, impliquée dans l'aide apportée au Corps des gardiens de la Révolution islamique d'Iran pour l'acquisition d'armes; la société iranienne Pishgam Electronic Safeh Co, accusée d'avoir acquis des moteurs de drones et la société chinoise Hitex Insulation Ningbo Co Ltd, soupçonnée d'avoir fourni des matériaux utilisés dans la fabrication de missiles balistiques.
Dans un geste de défiance, la Chine a réagi la semaine dernière aux sanctions imposées par Washington aux raffineurs chinois achetant du pétrole brut iranien. Pour la première fois, elle a invoqué une "règle de blocage", ordonnant aux entreprises de ne pas se conformer aux sanctions américaines.
De manière similaire, le mois dernier, la Chine s'est jointe à la Russie pour opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU visant l'Iran.
