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Près de 85 000 militaires américains sont déployés sur le territoire européen. [Photo d'illustration]
Les alliés européens des États-Unis craignent une réduction progressive de la présence militaire américaine sur le continent sous l'administration Trump. Après l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne pourraient être concernées, tandis que Washington envisagerait également de revoir sa participation aux exercices de l'OTAN.
Les partenaires européens des États-Unis au sein de l'OTAN s'attendent à ce que Donald Trump poursuive la diminution de la présence militaire américaine en Europe, rapporte Bloomberg. Cette inquiétude s'est renforcée après la décision annoncée de retirer 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne.
Selon plusieurs diplomates de l'Alliance atlantique, cités par le média, d'autres réductions pourraient suivre dans les prochains mois. Des discussions portent notamment sur un éventuel retrait de certaines unités présentes en Italie. En outre, Washington pourrait abandonner le projet de déploiement de missiles américains de longue portée en Allemagne, un programme validé sous la présidence de Joe Biden.
Au sein de l'OTAN, certains responsables estiment également que les États-Unis pourraient limiter leur participation à plusieurs exercices militaires organisés en Europe. Par ailleurs, une redistribution des forces américaines vers des pays jugés plus favorables à la politique de Donald Trump est envisagée. Bloomberg note que cette hypothèse rappellerait les débats apparus lors de son premier mandat, lorsqu'il avait étudié un renforcement du contingent américain en Pologne.
Les diplomates interrogés ont expliqué que ces prévisions reposeraient à la fois sur les déclarations publiques du président américain et sur des échanges entre responsables américains et représentants de l'Alliance concernant l'avenir des relations entre Washington et l'OTAN.
Trump reproche aux Européens leur manque de soutien durant le conflit avec l'Iran
Le 9 mai, dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera, Donald Trump a affirmé que la question d'un retrait des troupes américaines installées en Italie restait à l'étude.
Début mai, le président américain avait déjà indiqué que la réduction du contingent présent en Allemagne serait bien plus importante qu'un simple retrait de 5 000 soldats. L'opération pourrait durer entre six mois et un an. D'après le Pentagone, plus de 36 000 militaires américains étaient encore déployés en Allemagne en décembre 2025, auxquels s'ajoutaient environ 1 500 réservistes et 11 500 employés civils.
Des responsables du Pentagone, interrogés par CBS News, ont indiqué que cette réorganisation était liée au mécontentement de Donald Trump face au niveau de soutien apporté par certains alliés européens durant le conflit avec l'Iran.
Le président américain a également évoqué la possibilité de réduire la présence militaire des États-Unis en Italie et en Espagne. Les deux pays avaient refusé de mettre certaines bases militaires à disposition des avions américains engagés dans la guerre contre l'Iran. L'Italie n'avait pas autorisé l'atterrissage de bombardiers américains en Sicile, tandis que l'Espagne avait fermé son espace aérien aux appareils américains impliqués dans les frappes contre l'Iran le 30 mars dernier.
Le locataire de la Maison Blanche a par ailleurs critiqué Madrid pour son refus d'augmenter ses dépenses militaires à hauteur de 5 % du PIB et pour son manque d'investissement dans l'OTAN.
Aujourd'hui, environ 15 400 militaires américains sont stationnés en Italie, dont 12 700 soldats de l'armée régulière. En Espagne, les effectifs atteignent 4 330 militaires, parmi lesquels 3 800 appartiennent aux forces régulières. Au total, près de 85 000 militaires américains restent déployés sur le territoire européen.