10/05/2026 francais.rt.com  3min #313489

Madagascar : référendum constitutionnel et élection présidentielle annoncés en 2027

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Cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres du bureau permanent de la Commission électorale nationale indépendante à la Cour suprême de Madagascar, le 7 mai 2026.

La Commission électorale nationale indépendante de Madagascar a fixé le calendrier de la transition politique ouverte après la chute de Andry Rajoelina. Un référendum constitutionnel est annoncé pour juin 2027, suivi d'une présidentielle en octobre, malgré une méfiance persistante envers les institutions électorales.

La transition politique malgache entre dans une nouvelle phase. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a officialisé le calendrier des prochaines échéances électorales : un référendum constitutionnel en juin 2027, suivi d'une élection présidentielle en octobre de la même année.

Cette annonce marque le début du compte à rebours institutionnel, près de huit mois après la chute du président Andry Rajoelina en octobre dernier, à l'issue d'un soulèvement populaire mené en grande partie par une jeunesse mobilisée.

Un chantier électoral colossal

Avant ces échéances, la Céni s'est fixé un objectif majeur : reconstruire entièrement le fichier électoral en moins d'un an. L'institution prévoit d'effacer l'ensemble des bases de données existantes afin de repartir de zéro, en s'appuyant sur les plus petites subdivisions administratives du pays.
Un chantier d'envergure, présenté comme indispensable pour restaurer la crédibilité du processus électoral. Son président, Thierry Rakotonarivo, promet une méthode plus inclusive et transparente.

A son initiative, des comités locaux de recensement seront mis en place dans chaque quartier, avec la participation des partis politiques et des représentants de la société civile, afin de garantir la fiabilité des nouvelles listes électorales.

Une confiance à reconstruire

Dans un pays encore marqué par l'instabilité politique et les contestations ayant conduit au renversement du précédent pouvoir, la Céni fait face à une profonde défiance d'une partie de la population.

Conscient de cette fragilité, Thierry Rakotonarivo affirme vouloir regagner la confiance des citoyens en respectant strictement le cadre légal et en renforçant la transparence à chaque étape du processus. L'enjeu est de taille : garantir des élections crédibles dans un contexte de transition sous haute surveillance.

La jeunesse et la société civile restent sceptiques

Du côté du mouvement Gen Z, fer de lance de la mobilisation d'octobre dernier, les annonces de la Céni sont accueillies avec prudence.
Si la refonte du fichier électoral et l'ouverture d'une concertation sur le futur code électoral sont perçues comme des avancées, les jeunes militants réclament davantage de garanties sur la transparence réelle du processus.

Même scepticisme au sein de la société civile. Pour le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes, les réformes annoncées restent insuffisantes.
Sa secrétaire générale, Hony Radert, estime que le problème dépasse la simple réorganisation interne et concerne la structure même de la Céni, appelant à une réforme institutionnelle plus profonde de la gouvernance électorale.

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