
par Chua Chin Leng
Tout porte à croire que la rencontre aura lieu. Les Américains sont très optimistes et ont déjà dépêché la voiture blindée de Trump à Pékin. Interrogée sur cette rencontre prévue les 14 et 15 mai, Pékin garde le silence. La position officielle chinoise est qu'il n'y a rien à signaler à ce sujet, sans confirmer ni infirmer la tenue de cette réunion.
Nombre de pays serviles envers les États-Unis annonceraient fièrement au monde entier la visite du grand clown qu'est le président américain, un événement dont ils pourraient être fiers. La visite d'un président américain, même s'il est un clown ou un salaud, est un événement majeur. Ils pourraient même frapper des pièces commémoratives pour l'occasion.
La Chine, en revanche, semblait indifférente à cette visite, comme si elle n'avait aucune importance. Aucune nouvelle, aucun commentaire. Pour elle, il n'y a rien à célébrer ni à attendre avec impatience. C'est une rencontre hostile. Qu'y a-t-il de si extraordinaire à ce que ce personnage méprisable vienne en Chine ? Le but de cette visite ressemble davantage à une "hong men yan", une rencontre dangereuse et potentiellement mortelle entre deux parties. Xi n'est pas satisfait de cette rencontre. Trump fait semblant de sourire, mais il se dirige vers cette réunion avec une arme. Le spectacle continue, mais qu'en ressortira-t-il ?
Trump a lancé plusieurs attaques contre Xi et présente une liste d'exigences à la Chine : acheter davantage de soja, d'avions Boeing, de puces électroniques de qualité inférieure que la Chine refusait, acheter plus de dette américaine, stopper la dédollarisation, cesser de fournir des armes à l'Iran, vendre davantage de terres rares aux États-Unis, etc. C'est un véritable gangster qui tente d'intimider et de contraindre la Chine.
Xi a encaissé les coups en silence, tentant au mieux de les parer. Tous les regards sont tournés vers sa réaction face aux pressions de Trump. Xi peut continuer à apaiser les Américains et accéder à toutes les exigences de ce Trump au comportement mafieux. Il peut aussi s'opposer fermement à ces exigences et dire non. Ou encore, il peut faire des compromis, accepter un échange de bons procédés.
Jusqu'à présent, Xi avait cédé aux pressions de Trump lors de la plupart des réunions. Celle-ci sera-t-elle différente ? Le premier signe d'une possible fermeté de sa part réside dans son refus des sanctions américaines imposées aux raffineries de thé chinoises. Xi a ordonné à toutes les banques et entreprises chinoises d'ignorer ces sanctions, suite à l'adoption d'une nouvelle loi contre le "gangstérisme" américain et l'extraterritorialité. Cette réunion sera-t-elle une répétition de celle d'Alaska, où la Chine avait défié ouvertement les Américains ? Xi est trop poli pour cela, mais il pourrait le faire avec tact et fermeté pour dire non aux "gangstéristes américains".
Le monde entier observe comment Xi va réagir face à ce crapule. Le peuple chinois aussi sera attentif. Les Japonais, les Taïwanais, les Iraniens, les Russes, les Indiens et tous les pays BRICS seront aux aguets. La Chine osera-t-elle enfin tenir tête aux gangsters américains ?
source : My Singapore News via China Beyond the Wall