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Donald Trump.
Le pétrole dépasse les 104 dollars après le rejet américain des propositions iraniennes. Le blocage du détroit d'Ormuz continue de menacer l'approvisionnement mondial. Les tensions militaires et diplomatiques restent extrêmement fortes dans le Golfe.
Les marchés pétroliers ont fortement réagi le 11 mai après le rejet par Donald Trump de la réponse iranienne du 10 mai aux propositions américaines visant à mettre fin à la guerre déclenchée fin février. Le président américain a qualifié la position de Téhéran de "totalement inacceptable", ravivant immédiatement les inquiétudes autour du détroit d'Ormuz, toujours bloqué par l'Iran et par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.
Dans la foulée, les prix du brut se sont envolés. Le baril de Brent a dépassé les 104 dollars, les investisseurs craignant un enlisement durable du conflit et une aggravation des perturbations énergétiques mondiales. Malgré plusieurs semaines de discussions indirectes via le Pakistan, aucun accord clair ne semble émerger entre Washington et Téhéran.
Paris et Londres dans le viseur de Téhéran
Selon plusieurs médias américains, l'Iran proposerait une réouverture progressive du détroit d'Ormuz en échange d'une levée du blocus naval imposé à ses ports. Téhéran serait également prêt à transférer une partie de son uranium enrichi vers un pays tiers, tout en conservant son programme nucléaire civil. Israël, de son côté, exige toujours le démantèlement complet des installations d'enrichissement iraniennes.
Sur le terrain, les tensions restent extrêmement élevées. De nouvelles attaques de drones ont visé des navires dans le Golfe, tandis que l'Iran menace désormais de frapper directement les intérêts américains et leurs alliés régionaux en cas de nouvelles opérations militaires. Les monarchies du Golfe, déjà touchées depuis le début de la guerre, redoutent une escalade incontrôlable.
Face au risque d'une crise énergétique mondiale, la France et le Royaume-Uni travaillent à la mise en place d'une coalition internationale chargée de sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel cessez-le-feu. Mais Téhéran a déjà averti que toute présence militaire occidentale supplémentaire dans la région entraînerait une "réponse immédiate et décisive".