11/05/2026 dedefensa.org  4min #313580

 Les « manières de faire la guerre » sont en pleine métamorphose

La guerre est une énigme « pour les nuls »

• Les conflits se succèdent, n'est-ce pas : l'Ukraine, l'Iran, la situation intérieure aux États-Unis, la situation des pays européens. • Le Pentagone est plus énorme que jamais, Israël est l'armée "la plus morale du monde". • Nous menaçons quiconque n'est pas démocratique des plus dures punitions. • Partout, nous sommes les plus forts, surveillés, encadrés, conduits vers des lendemains qui chantent par une presseSystème qui nous enivre. • Pourtant, rien ne marche, mais vraiment rien du tout : c'est une énigme qui nous laisse cois.

11 mai 2026 (18h30) - Un autre commentateur, parmi les plus prestigieux et que nous suivons régulièrement, s'est attardés cette semaine à la guerre en Iran. Alastair Crooke décompte avec calme et rigueur tous les domaines où notre échec (celui de l'Occident-compulsif, avec Trump et Netanyahou, en plus de Zelenski et l'UE de La Hyène dans un autre domaine) est une évidence extraordinaire, qui nous éclate à la figure comme un feu d'artifice lorsqu'on en arrive au bouquet final.

Nous sommes pourtant imbattables dans la guerre de l'information, cette espèce d'immense bataille dystopique où nous décrivons avec délice des conflits inventés que nous remportons haut la main. L'école du mensonge s'est transformée en une sorte d'art du simulacre, si bien fait que même les auteurs et les acteurs ont fin par croire qu'il s'agissait de la belle et bonne réalité retrouvée enfin dans l'ère de la postvérité. Et puis, il y a quelque chose qui cale. Tout se passe comme nous l'avions prévu et le décrivons, mais à l'envers. Dans un ordre parfait, exactement comme nous faisons nos guerres, nos adversaires progressent, nous grugent, nous culbutent, manœuvrent comme si nous n'étions rien, en fait totalement irrespectueux pour ce que nous sommes. Crooke trouve le bon mot : "insurrection", un peu comme on dit "refus d'obéissance" :

"Bien que la guerre en Iran ait été largement analysée sous l'angle de la guerre conventionnelle occidentale, ses enseignements sont tout sauf conventionnels. Ils relèvent en réalité de l'insurrection."

Nous avons toujours été les premiers à annoncer une "révolution" dans l'art de la guerre, l'annonce que toutes les règles étaient changées parce que nous avions décelé le phénomène et, par avance, nous y étions adaptés. Cela se passait toujours de la même façon : toujours plus d'argent pour le budget de la défense, toujours plus de technologies, toujours plus de technologies innovantes, toujours plus de généraux, toujours plus d'experts, toujours plus de fuites vers le NYT et le WaPo, - et au bout du compte, la victoire ! Ce n'était même pas la peine de la faire, c'était plié comme du papier à musique dans le sens des aiguilles d'une montre.

Mais depuis l'Ukraine, quelque chose s'est brisé ; depuis l'élection de Trump et depuis celle de Macron, même chose. On dirait que les dieux de la guerre et de l'esprit nous ont abandonnés, sans doute soudoyés par les néo-poutinistes-fascistes russes et les pseudo-islamistes iraniens. Et nous n'avons rien vu venir : ce n'est pas sympa ! Enfin, rappelez-vous l'enthousiasme juvénile de ce ministre français se précipitant, le 25 février 2022 dans les studios de RTL pour annoncer que "Nous sommes en train de mettre l'économie russe à genoux" (je cite de mémoire, ne me reste que sa grande peine inconsolable qui le poussa à émigrer chez les Helvètes).

Comment est-il possible d'écrire ceci et de ne pas être aussitôt démenti par les faits, les cris d'horreur, la colère de l'honnêteté inébranlable des plus grands esprits de la civilisation, comment donc ?!

"Le deuxième point est que l'Occident demeure un géant lourd et encombrant, incapable de comprendre - et encore moins d'anticiper - la nouvelle guerre asymétrique. L'innovation a été entravée par la consolidation du complexe militaro-industriel entre les mains de quelques monopoles bureaucratiques.

" Le modèle occidental de guerre est voué à l'échec face à un adversaire asymétrique et sophistiqué."

Comment est-ce possible ? C'est une énigme... Et celui qui ajoute"pour les nuls"devra en rendre compte devant le Tribunal de la Vérité Révolutionnaire et Globalisée... C'est plutôt cette réalité qui est totalement"nulle": nous sommes tellement les meilleurs, les plus brillants, les plus scintillants, les plus exceptionnellement humanistes capables de pulvériser une classe de petites jeunes filles dont les locaux étaient vétustes, de façon à obliger à en construire une flambant neuve.

Et encore est-on capable d'ajouter en conclusion, sans la moindre vergogne ni la moindre attention pour notre sensibilité de foules hyper-civilisées :

"L'Occident peut s'attendre à voir ces leçons [de ka guerre en Iran] ressurgir sous différentes formes dans ses autres conflits.

"Les élites européennes pourraient bien constater que leur soutien aux frappes de drones ukrainiennes en profondeur en Russie pourrait entraîner une riposte (cinétique) différente dans un avenir proche. Les avertissements  ont été lancés. Seront-ils entendus ?"

Nous sommes pourtant les meilleurs... Le texte de Alastair Crooke est publié sur son site du 'Conflict Forum' le 9 mai 2026, sous le titre. "'Ways of War' are in metamorphosis -- Lessons from the Iran War"

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