11/05/2026 french.presstv.ir  6min #313603

La proposition de Téhéran est « généreuse », Washington insiste sur ses « exigences déraisonnables » (Baghaï)

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que la proposition de l'Iran visant à mettre fin à la récente guerre est raisonnable, alors que les États-Unis continuent d'insister sur des "exigences déraisonnables" dictées par le régime israélien.

Ces remarques ont été formulées, ce lundi 11 mai, lors de sa conférence de presse hebdomadaire qui s'est tenue à Téhéran, en réponse aux questions des journalistes, qui ont porté sur la réaction de l'administration américaine à la proposition iranienne.

"Nous n'avons exigé aucune concession. La seule chose que nous avons réclamée, ce sont les droits légitimes de la nation iranienne", a précisé M. Baghaï, ajoutant qu'il n'existe rien de déraisonnable dans l'exigence iranienne de mettre fin de la guerre dans la région, de stopper la piraterie maritime contre les navires iraniens et de débloquer des avoirs qui appartiennent au peuple iranien et qui sont injustement gelés depuis des années.

"Notre proposition qui cherche à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz est-elle déraisonnable ? Établir la paix et la sécurité dans toute la région est-il irresponsable ?" a-t-il demandé.

Qualifiant de "raisonnable" et "généreux" tout ce que l'Iran a proposé dans sa réponse, M. Baghaï a indiqué que cela va dans l'intérêt de la région et du monde. Toutefois, il a déploré le fait que la partie américaine, sur la base d'une mentalité façonnée par le régime israélien, continue d'insister sur des exigences déraisonnables.

D'après ses mots, tous les points soulevés par l'Iran étaient censés être discutés, cependant, la partie américaine a jusqu'à présent refusé de s'y engager de bonne foi.

 Le ministère de la Défense affirme que les États-Unis et le régime israélien doivent reconnaître les droits du peuple iranien pour qu'on puisse mettre fin à la guerre.

Ces propos ont été prononcés après que le président américain Donald Trump a réagi avec colère à la réponse officielle de Téhéran, la qualifiant de "totalement inacceptable".

Trump a également déclaré à Axios, dans une interview, avoir discuté de la réponse iranienne avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La République islamique d'Iran a soumis plus tôt dimanche sa réponse au texte proposé par la partie américaine. Téhéran a, à plusieurs reprises, souligné qu'à ce stade, les négociations ne porteraient que sur la fin de la guerre dans la région.

 Dans la perspective de mettre un terme définitif à la guerre d'agression non provoquée de l'alliance américano-israélienne contre l'Iran, Téhéran a officiellement transmis sa réponse à la dernière proposition américaine de parvenir à un accord.

Ailleurs dans ses remarques, Esmaïl Baghaï a réagi aux accusations américaines contre l'Iran, en soulignant que Téhéran a prouvé être une puissance responsable dans la région qui s'oppose à toute forme d'intimidation.

"Il suffit d'observer le bilan de l'Iran. Étions-nous ceux qui ont déployé des troupes ? Sommes-nous ceux qui intimident des pays dans l'hémisphère occidental ? Étions-nous ceux qui ont commis des assassinats à deux reprises pendant des négociations ?", a-t-il ajouté, avant de mettre l'accent sur le fait que la présence des États-Unis dans la région constitue en soi un exemple de création d'un cycle de violence.

 Le Parlement iranien a averti que toute nouvelle agression contre des navires iraniens à travers le golfe Persique entraînera une riposte lourde et décisive, visant les navires et les bases militaires américaines dans toute la région.

Au sujet du déplacement de Trump en Chine, M. Baghaï a déclaré qu'il s'agit d'une affaire bilatérale et relève de leur propre ressort.

"Nous sommes en contact avec la Chine en tant que partenaire stratégique. Notre ministre des Affaires étrangères s'est rendu en Chine, et les Chinois connaissent nos positions", a-t-il poursuivi, avant d'indiquer que Pékin sait que l'agression américano-israélienne contre l'Iran n'est pas un simple incident, mais qu'elle s'inscrit dans un processus mondial visant à intensifier l'unilatéralisme des États-Unis.

"La sécurité dans le golfe Persique et en Asie de l'Ouest est aussi importante pour la Chine que pour nous", a-t-il dit, ajoutant que les amis chinois savent certainement comment saisir les occasions de mettre en garde contre l'anarchie.

 Le chef de la diplomatie chinoise qualifie d'"illégitime" la guerre américano-israélienne contre l

En ce qui concerne la volonté de certains pays européens de déployer des navires de guerre dans la région, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré : "Nous avons clairement fait savoir que l'Europe ne doit pas se laisser entraîner, à son insu, par les tentations des États-Unis et du régime israélien dans une crise dont elle ne tirera aucun profit".

Il a souligné que les pays européens ne doivent pas laisser les pressions américaines devenir, au moins ouvertement, partie intégrante d'actions contre la paix et la sécurité internationales.

Dans la foulée, le diplomate iranien a déclaré que tout pays soucieux de préserver la paix et la sécurité internationales doit exercer des pressions sur la partie qui a perturbé la navigation dans le détroit d'Ormuz.

 L

Dans un autre volet de ses propos, M. Baghaï a fait référence à la révocation de la citoyenneté de ressortissants bahreïnis en indiquant que les mesures prises par Bahreïn au cours des deux derniers mois contre ceux qui ont manifesté de la sympathie envers l'Iran constituent une violation flagrante des droits de l'homme.

Il a rappelé que la révocation de la citoyenneté est "une punition médiévale, obsolète depuis des années et contraire aux principes fondamentaux des droits de l'homme".

"Nous avons clairement exprimé nos positions dans le respect de la dignité humaine, et les mesures de Bahreïn sont contraires aux droits de l'homme", a-t-il réaffirmé.

 Des dizaines de personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur soutien à l'Iran, selon Human Rights Watch.

 french.presstv.ir