12/05/2026 reseauinternational.net  3min #313647

Israël : Dix descentes signalées en deux mois dans une section de prisonnières palestiniennes, selon une Ong

par Mohammad Sio

Les prisonnières de la prison de Damon ont été confrontées à des passages à tabac, des fouilles à nu et des mises à l'isolement en mars et avril, selon la Société des prisonniers palestiniens.

Les forces pénitentiaires israéliennes ont mené au moins dix descentes dans les sections réservées aux prisonnières palestiniennes à la prison de Damon durant les mois de mars et avril, a indiqué dimanche la Société des prisonniers palestiniens.

Dans un communiqué, l'organisation affirme que ces opérations ont donné lieu à des "passages à tabac, des obligations de s'allonger au sol et des menottages dans le dos".

S'appuyant sur des témoignages de femmes récemment libérées de Damon, le groupe rapporte que des gardiens, hommes et femmes, auraient "délibérément agressé les détenues", laissant plusieurs d'entre elles avec des ecchymoses.

Selon la même source, "Israël détient la majorité des 88 prisonnières palestiniennes à la prison de Damon", tandis que d'autres sont encore réparties dans des centres de détention et d'interrogatoire.

Parmi les détenues figurent deux mineures ainsi que trois femmes enceintes, arrêtées récemment pour ce qu'Israël qualifie d'"incitation".

L'organisation affirme par ailleurs que le recours à l'isolement cellulaire s'est "intensifié" depuis la guerre à Gaza en octobre 2023, précisant qu'au moins six femmes ont été placées à l'isolement, certaines pendant plus de deux semaines.

Elle ajoute que la surpopulation carcérale s'est aggravée dans le contexte des campagnes d'arrestations en cours, certaines cellules accueillant plus de dix femmes, obligeant plusieurs détenues à dormir à même le sol.

Les "politiques de privation alimentaire" sont également décrites comme une pratique récurrente dans les témoignages, notamment lors de périodes de fêtes israéliennes. Une détenue aurait perdu environ 30 kilogrammes en quelques mois de détention.

Le communiqué évoque aussi des "fouilles à nu" devenues routinières depuis 2023, notamment lors des transferts vers la prison de Hasharon ou à l'arrivée à Damon, qualifiées de "dégradantes et humiliantes". Ces pratiques sont présentées comme une forme de violence sexuelle affectant hommes et femmes détenus.

La Société des prisonniers palestiniens affirme également que l'accès aux soins médicaux est restreint, y compris pour des détenues souffrant de maladies chroniques, et que deux femmes seraient atteintes de cancer.

La majorité des prisonnières sont détenues pour "incitation" ou placées en détention administrative sans inculpation formelle, sur la base de ce qu'Israël présente comme un "dossier secret", ajoute le communiqué.

L'organisation renouvelle ses appels à la libération des détenues qu'elle considère comme "arbitrairement arrêtées", en particulier les mineures, les malades et les femmes enceintes, et demande la fin de ce qu'elle décrit comme des "violations organisées".

En avril, Raed Abu al-Humus, responsable de la Commission des affaires des prisonniers de l'OLP, a évoqué auprès d'Anadolu une "mort lente" dans les prisons israéliennes, citant privations alimentaires, isolement, absence de soins, violences et humiliations.

Selon des organisations palestiniennes et israéliennes de défense des droits humains, plus de 9400 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes.

Elles font état de cas de torture, de privation alimentaire et de négligence médicale ayant entraîné plusieurs décès.

source :  Agence Anadolu

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