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Emmanuel Macron.
La France propose une initiative à l'ONU pour sécuriser le détroit d'Ormuz, jugé stratégique pour l'économie mondiale. Macron appelle à dissocier ce dossier du reste des tensions entre l'Iran et les États-Unis et à relancer le dialogue diplomatique. L'Iran a menacé de s'en prendre à Londres et Paris en cas de mission dans la zone du détroit.
Dans un entretien accordé à TV5 Monde, RFI et France 24, Emmanuel Macron a annoncé le 12 mai que la France allait "prendre une initiative aux Nations unies" afin de proposer un cadre pour une mission "totalement neutre et pacifique" visant à sécuriser le détroit d'Ormuz.
Le président français a insisté depuis Nairobi sur la nécessité d'une réouverture du passage maritime "sans conditions, sans péage", au cœur des tensions régionales.
"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage, d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a-t-il déclaré, estimant que "la réouverture d'Ormuz est la priorité absolue" et qu'elle doit précéder toute autre négociation régionale. Paris cherche à convaincre ses partenaires de séparer ce dossier des autres volets du conflit au Moyen-Orient.
Depuis plusieurs mois, la fermeture partielle du détroit a provoqué une hausse des prix du pétrole et des carburants. Dans ce contexte, la France et le Royaume-Uni proposent la création d'une coalition maritime destinée à sécuriser la zone, sous réserve d'un accord entre Washington et Téhéran. L'Iran a toutefois menacé de prendre pour cibles les navires français et britanniques s'approchant de la zone, accentuant les tensions.
Emmanuel Macron a également dénoncé "une escalade dans les déclarations" entre les États-Unis et l'Iran, appelant à relancer le dialogue sur le nucléaire et les missiles balistiques avec la participation des Européens. Il a enfin évoqué la situation au Liban, jugeant "inacceptable" la poursuite des violences malgré le cessez-le-feu, qui a déjà fait plusieurs centaines de victimes depuis avril. Le président français s'est bien gardé de citer Israël qui poursuit son occupation du Sud-Liban.