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[Photo d'illustration]
Face aux tensions qui affectent les marchés énergétiques mondiaux, l'Algérie intensifie l'exploration de ses ressources offshore en Méditerranée. Les premières études menées avec des groupes internationaux laissent entrevoir un potentiel jugé prometteur.
À l'occasion des workshops organisés avec l'Association européenne des géologues et ingénieurs à Alger du 11 au 13 mai, le président de l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bekhti, a mis en avant l'important potentiel de l'Algérie, qui dispose d'un domaine minier de 1,7 million de km², dont 131 000 km² dans l'offshore.
Ce potentiel d'exploitation prend une dimension particulière dans le contexte des tensions internationales perturbant les voies d'approvisionnement en hydrocarbures, d'où l'intérêt croissant des géants énergétiques pour le développement de leurs actifs dans des régions situées en dehors des zones de conflit.
L'événement a réuni plusieurs grands acteurs énergétiques internationaux, parmi lesquels des responsables et experts de TotalEnergies, d'Eni, du thaïlandais PTTEP, d'OXY, de Pertamina, de Halliburton, de Baker Hughes, du groupe malaisien An Nur, spécialisé dans les services offshore, ainsi que du groupe SLB, entre autres entreprises intéressées par la prospection et l'exploitation des ressources énergétiques maritimes en Algérie.
Un potentiel "prometteur"
Si les résultats définitifs des études en cours dans le bassin offshore de la Méditerranée occidentale demeurent inconnus, leur potentiel est jugé prometteur par les participants aux workshops.
Selon Khaled Saidi, responsable Afrique du Nord-Algérie du groupe SLB, qui pilote les travaux d'une étude sur le potentiel des hydrocarbures offshore en Algérie, les premiers résultats disponibles laissent entrevoir l'existence d'"un potentiel d'exploration important qui reste encore à exploiter".
Pour mener à bien ce projet d'exploration, baptisé Exalt, le groupe SLB collabore avec l'ALNAFT depuis 2022 afin de réimager 15 000 kilomètres linéaires de données sismiques marines 2D sur l'ensemble du littoral algérien, fournissant ainsi un premier aperçu du potentiel offshore à explorer, rapporte la presse algérienne.
Des réformes pour attirer les investisseurs étrangers
Afin de consolider son rôle sur le marché énergétique international et de concrétiser son ambition de devenir un hub énergétique régional, l'Algérie cherche également à adapter son cadre réglementaire aux exigences du marché.
Cette stratégie vise notamment à attirer davantage d'investissements étrangers afin de bénéficier des expertises et des moyens techniques nécessaires au développement de son potentiel minier.
Selon les autorités et les experts présents lors des workshops, cette politique commence à produire ses effets, comme l'illustrerait l'intérêt manifesté par plusieurs grandes compagnies pétrolières lors des Bid Rounds de 2024 et 2026.
Les spécialistes estiment également que l'intégration future de blocs offshore dans les prochains appels d'offres algériens n'est pas exclue. Selon eux, le recours aux nouvelles technologies devrait jouer un rôle central dans la mise en valeur des ressources offshore du pays.