Des organisateurs, des militants, des intellectuels et des délégués internationaux ont été arrêtés à Nairobi lors d'une manifestation anti-impérialiste contre le Sommet Africa Forward, que les critiques ont décrit comme une tentative de repositionnement impérialiste en Afrique de l'Est.
La police kényane a réprimé brutalement une manifestation à Nairobi le 12 mai contre le sommet France-Afrique, que des groupes progressistes kényans et africains dénoncent comme une manœuvre impérialiste visant à réaffirmer l'influence française sur le continent africain. Ce sommet était conjointement présidé par le président kényan William Ruto et son homologue français Emmanuel Macron.
Le sommet "Africa Forward", premier du genre organisé hors de France ou d'un pays francophone en plus de cinquante ans, a réuni lundi et mardi une trentaine de chefs d'État et de gouvernement africains, ainsi que 6 000 participants à un forum des chefs d'entreprise. Le sommet s'est concentré sur le financement du développement, la réforme de l'architecture financière internationale, la santé, la connectivité et les transitions énergétiques.
En opposition à la tenue de ce sommet Afrique-France "Africa Forward", des militants, des intellectuels, des syndicalistes et des étudiants anti-impérialistes kényans et internationaux se sont rassemblés le mardi 12 mai, afin de dénoncer la continuation de l'ingérence française dans les Affaires intérieures du continent africain.
Nairobi Erupts, resist French colonialism
Stop the imperialists' drive to war🇰🇪🇫🇷 Démonstration des Kényans contre le sommet Africa Forward, qui accueille le président français Emmanuel Macron
📍Nairobi, Kenya pic.twitter.com/iLUevsM053
- Press TV Français (@fr_presstv) May 12, 2026
Les démonstrateurs ont critiqué le rôle de la France en Afrique, exprimant leurs inquiétudes quant à la militarisation, la domination économique, la dépendance à la dette, l'extraction des ressources et la persistance d'une influence néocoloniale sur le continent.
En pleine marche pacifique à destination du centre-ville, la foule a été dispersée par la police qui utilisait des gaz lacrymogènes et tirait des coups de feu en l'air. La police a également arrêté au moins onze personnes.
Ces arrestations font suite à un incident survenu la veille, au cours duquel cinq membres de la Commission Étudiante Révolutionnaire, branche étudiante du Parti communiste Marxiste - Kenya, ont été arrêtés alors qu'ils manifestaient contre le sommet Africa Forward.
Suite aux arrestations du 12 mai, le Comité central d'organisation du Parti communiste Marxiste - Kenya a condamné, dans un communiqué, ce qu'il a décrit comme des actes d'intimidation, de harcèlement et de répression de la part de l'État kényan à l'encontre des militants anti-impérialistes.
Le communiqué précise que parmi les personnes arrêtées figurent des militants internationaux, des intellectuels et des organisateurs qui s'étaient rendus à Nairobi en solidarité avec les luttes africaines contre l'impérialisme et le néocolonialisme
"Leur seul crime est de se tenir aux côtés des opprimés. Leur seul crime est de rejeter la domination impérialiste. Leur seul crime est de déclarer que l'Afrique n'est pas à vendre", peut-on lire dans le communiqué.
Des députés français dénoncent une "attitude colonialiste" d
La visite d'Emmanuel Macron au Kenya pour le sommet "Africa Forward" marque une tentative de redéfinir en profondeur la politique africaine de la France. Après avoir promis, au début de son premier mandat, de "reconstruire" les relations franco-africaines, son bilan est largement perçu comme un échec diplomatique. Malgré des gestes de mémoire concernant la colonisation et la restitution d'œuvres d'art africaines, la position de la France sur le continent n'a jamais été aussi controversée depuis l'indépendance.
