
La reconstruction de l'Ukraine, une affaire eurasiatique?
Cristi Pantelimon
Source: facebook.com
La guerre en Ukraine approche de sa fin. Tout comme la guerre du Golfe.
Les deux conflits ont pour conséquence principale une diminution de l'influence occidentale, principalement américaine, dans ces régions.
Une analyse russe récente affirme que la Russie n'a pas intérêt à ce que l'influence américaine dans la région du Golfe diminue de façon drastique. C'était une manière indirecte de dire que la Russie ne souhaite pas que le vide géopolitique laissé par les Américains soit comblé par une alliance purement asiatique, à la façon sino-turque, impliquant éventuellement aussi les États arabes du Golfe.
Il est vrai qu'une telle alliance ne poserait pas de problème de sécurité immédiat pour la Russie, ce qui, à long terme, lui serait avantageux. Peut-être que "ménager les États-Unis" dans le Golfe n'est qu'une expression diplomatique...
Face au rejet évident de l'idée d'une intégration européenne de l'Ukraine (le message le plus récent venant de l'Allemagne de Merz), des plans se trament, avec en toile de fond la Turquie, qui a la Chine en arrière-plan.

D'ailleurs, la Chine est la seule puissance économique à conserver sa capacité d'investissement et à s'intéresser à prendre en charge l'agonisante B9 (Bucharest Nine ou l'ancien bouclier anti-russe des Américains en Europe de l'Est) (1), pour résoudre aussi le problème de voisinage avec l'UE!
Une Union européenne de plus en plus incertaine de ses propres forces, incapable de s'opposer à ce projet, bien au contraire, ayant intérêt à le soutenir.
Un accord américano-russe mènera automatiquement à un resserrement des relations entre l'UE et la Chine.
La raison ? Tandis que les États-Unis et la Russie sont des champions dans l'énergie et le domaine militaire, l'UE et la Chine sont des puissances manufacturières dépourvues de capacités énergétiques et militaires de haut niveau.
Une alliance virtuelle 2 contre 2, en miroir, n'est pas inconcevable dans ces conditions.
Ainsi, lorsque les armes se tairont, il est possible que la route de la soie fasse le tour de l'Ukraine par la Roumanie et la Pologne, afin d'alléger la tâche de l'UE en Ukraine et pour que la Russie ne voit plus dans le fameux Flanc Est un adversaire, mais une zone tampon, flanquée d'éléments chinois.
Les investissements chinois dans le Donbass seront poursuivis par ceux du Flanc Est, y compris en Ukraine...
Nous verrons.
"Des sources proches de Prometeu Intelligence affirment que l'on discute déjà de manière informelle de développer des méga-projets régionaux intégrés: corridors ferroviaires à grande capacité entre le port de Constanța et l'ouest de l'Ukraine, hubs énergétiques régionaux en mer Noire, infrastructures civiles-militaires duales et centres logistiques qui pourraient transformer la Roumanie en une plateforme stratégique de reconstruction pour l'ensemble de l'espace de l'Est.
Cette nouvelle architecture régionale ne dépendra pas seulement de Bruxelles ou de Washington, mais de la capacité des dirigeants du format Intermarium, B9 et d'un partenariat élargi avec la Turquie à créer un environnement économique fonctionnel et compétitif pour le capital mondial".
Note:
(1) Les trois pays baltes, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie.