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Donald Trump et Mohammed ben Salmane. [Image d'illustration]
L'Arabie saoudite aurait mené des frappes non revendiquées contre l'Iran, selon Reuters. Une implication militaire saoudienne inédite dans le contexte de la guerre américano-israélienne contre Téhéran, désormais élargie à plusieurs États du Golfe.
L'Arabie saoudite aurait mené plusieurs attaques aériennes contre le territoire iranien sans les revendiquer officiellement, selon des informations rapportées le 13 mai par Reuters et attribuées à des responsables occidentaux et iraniens. Ces opérations, effectuées en représailles à des frappes visant le royaume durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, constitueraient une première action militaire directe connue de Riyad sur le sol iranien.
D'après ces sources, les frappes auraient été réalisées par l'armée de l'air saoudienne fin mars, dans un contexte de fortes tensions régionales. L'un des responsables occidentaux évoque des "frappes de représailles" sans préciser les objectifs visés. Aucune confirmation officielle n'a été fournie par le ministère saoudien des Affaires étrangères, tandis que Téhéran n'a pas réagi publiquement à ces révélations.
Vers une implication directe des monarchies du Golfe
Traditionnellement, l'Arabie saoudite s'appuie sur son partenariat militaire avec les États-Unis pour assurer sa sécurité. Mais la récente guerre, marquée par des frappes multiples contre ses infrastructures, aurait conduit le royaume à adopter une posture plus offensive et plus autonome. Plusieurs États du Golfe auraient également été impliqués dans des actions similaires, selon des médias américains.
Depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran fin février, Téhéran a riposté par des frappes de missiles et de drones visant plusieurs pays du Conseil de coopération du Golfe. Ces représailles ont touché des bases militaires américaines ainsi que des infrastructures pétrolières, provoquant des perturbations majeures du trafic maritime, notamment avec la fermeture du détroit d'Ormuz. Dans ce climat d'escalade, Riyad a maintenu une partie de ses exportations pétrolières grâce à la mer Rouge, relativement épargnée.
Riyad et Téhéran entre dialogue et confrontation
Sur le plan diplomatique, les relations entre Riyad et Téhéran, longtemps adversaires, avaient connu un rapprochement en 2023 sous médiation chinoise. Mais la nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran a ravivé les tensions, malgré des canaux de communication encore actifs entre les deux capitales.
En mars, les autorités saoudiennes avaient averti qu'elles se réservaient le droit de répondre militairement aux attaques subies. Quelques jours plus tard, des mesures diplomatiques d'expulsion de représentants iraniens avaient été prises, avant qu'un début de désescalade ne s'enclenche fin mars.