14/05/2026 francais.rt.com  5min #313914

« Ils ne cessent de nous mentir » : des sénateurs américains agacés par les révélations sur les origines du Covid-19

© Anna Moneymaker Source: Gettyimages.ru

Le directeur de Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci, et le 46e président des États-Unis, Joe Biden, le 29 novembre 2021 à la Maison Blanche [Photo d'illustration].

Lors d'une audition au Sénat américain, un lanceur d'alerte de la CIA a affirmé que l'ensemble des documents concernant les liens entre le laboratoire de virologie de Wuhan et le Covid-19 n'ont pas été déclassifiés comme l'exigeait le Congrès. Par ailleurs, Anthony Fauci, conseiller médical de Joe Biden, aurait "fortement influencé" les enquêteurs.

"Si ce n'est pas de la dissimulation, je ne sais pas ce que c'est", a fulminé Joshua Hawley, sénateur républicain du Missouri, le 13 mai lors de la  longue audition de James Erdman III, présenté par le sénateur Rand Paul (Kentucky, Rep.) à la tête de la commission sénatoriale portant sur la gestion de la pandémie, comme un lanceur d'alerte de la CIA.

Hawley, ex-procureur général de son État, venait d'interroger Edman sur la véracité des affirmations que lui avait adressées, en juin 2023, la directrice du renseignement national, Avril Haines, dans le cadre d'une déclassification des informations concernant les origines du Covid-19 exigée par le Congrès.

En mars de cette même année, les membres des deux chambres avaient adopté par 419 voix contre 0 un texte exigeant d'elle - sous 90 jours - la déclassification de "toute information sur les liens potentiels entre l'institut de virologie de Wuhan et l'origine du coronavirus". Exigence à laquelle son bureau avait répondu par l'envoi d'un document d'une dizaine de pages.

"Ce ne sont pas toutes les informations", lui confirme James Erdman, qui avance le chiffre de "2000 pages", qui auraient fait partie d'un "premier lot". "Il y en a beaucoup, beaucoup plus que ça", ajoute-t-il concernant le volume total de documents qui intéressent Joshua Hawley. "Ainsi, le gouvernement des États-Unis a d'abord délibérément violé une loi adoptée par le Congrès et signée par le président, qui leur ordonnait de divulguer toutes les informations relatives au laboratoire de Wuhan, point numéro un", a commencé à égrener cet élu à l'origine du texte unanimement adopté par le Congrès des États-Unis.

"Le rôle du docteur Fauci dans la dissimulation était intentionnel"

"Point numéro deux, ils ont ensuite violé la loi à nouveau en dissimulant des milliers et des milliers de pages qu'ils avaient en leur possession à l'époque, tout en sachant qu'elles tombaient sous les dispositions de cette loi. Point numéro trois, les soi-disant conclusions qu'ils ont rendues publiques sont fausses", a-t-il poursuivi.

Celui-ci a ensuite renvoyé vers le propos liminaire de James Erdman - auquel une partie de la presse américaine s'est limitée - et dans lequel il accuse sans détour Anthony Fauci, Conseiller médical en chef de Joe Biden de janvier 2021 à décembre 2022, d'avoir tenu un rôle décisif dans l'orientation des efforts du renseignement américain concernant les origines du Covid-19.

"Le rôle du docteur Fauci dans la dissimulation était intentionnel", a-t-il ainsi asséné, après avoir pris davantage de formes à l'encontre de ses anciens collègues au sein du Bureau du directeur du renseignement national, dont les "motivations sont difficiles à cerner". "Intentionnelles ou non, les actions de l'IC [la Communauté du Renseignement des États-Unis, ndlr.] ont entraîné une dissimulation, un gaspillage de ressources et un défaut d'information adéquate des décideurs politiques", a estimé Erdman devant les sénateurs. Toujours selon cette source, Anthony Fauci aurait ainsi "fortement influencé" les conclusions de la CIA en suggérant de consulter des experts qui s'avéraient partager son avis.

"Le docteur Fauci a influencé le processus d'analyse et les conclusions en utilisant sa position pour s'assurer que les services de renseignement consultent une liste d'experts, de responsables de la santé publique et de scientifiques triés sur le volet et présentant des conflits d'intérêts", a-t-il poursuivi, évoquant des scientifiques gravitant depuis parfois "plus de vingt ans" dans l'"orbite" de l'immunologue de la Maison Blanche.

"Nous n'avons plus de démocratie"

"Il nous a fourni une liste de scientifiques et d'experts avec lesquels nous devrions discuter", a argué Erdman, relancé sur la manière dont l'immunologue en chef de Joe Biden serait intervenu. "La bureaucratie en place à l'époque était tout à fait disposée à donner suite à ces recommandations", a-t-il poursuivi après avoir précisé que Fauci n'avait pas le pouvoir d'imposer quoi que ce soit au renseignement américain.

"Il a donc les mains sales dans cette affaire", a asséné Joshua Hawley, lui qui en juin 2021, déjà sur cette thématique des origines du Covid-19, avait Anthony Fauci  dans le collimateur,  l'appelant à démissionner de son poste de directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses. Poste qu'il a occupé de fin 1984 à fin 2022.

"Comme s'il ne suffisait pas qu'il continue à tromper le public, il tente en coulisses d'intervenir pour empêcher nos propres services de renseignement, censés travailler pour le peuple, d'évaluer correctement les preuves. C'est tout simplement incroyable", a-t-il fustigé, après avoir renvoyé à l'audition d'Anthony Fauci où celui-ci avait défendu mordicus sa conviction que le virus est d'origine naturelle. "Il le croit toujours", a abondé Erdman.

"Et après, on s'étonne :"Pourquoi le peuple américain ne fait-il pas confiance à nos élus ?"", a poursuivi le sénateur du Missouri : "je me demande bien pourquoi ! Je vais vous dire pourquoi : parce qu'ils ne cessent de nous mentir, nous sommes constamment trompés par ces gens-là !". "Si nos élus et nos fonctionnaires non élus [...] peuvent s'en tirer en violant ouvertement les lois de ce pays et en mentant au peuple américain, je suis désolé, mais nous n'avons plus de démocratie", a-t-il dénoncé.

Anthony Fauci figure parmi ceux qui ont bénéficié des grâces "préventives" signées dans les tous derniers instants de la présidence de Joe Biden, le 20 janvier 2025.

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