
© Getty Images
Trump et les ambassadeurs libanais et israéliens à la Maison Blanche en avril dernier. [Photo d'illustration]
Les négociations de Washington entre le Liban et Israël ont révélé de profondes divergences sur le cessez-le-feu, le retrait israélien et le désarmement du Hezbollah. Le Liban exige un arrêt des frappes et un retrait progressif, tandis qu'Israël conditionne tout accord à la neutralisation militaire du Hezbollah.
Des négociations directes entre le Liban et Israël ont été entamées le 14 mai aux États-Unis, dans un contexte régional influencé par les discussions parallèles d'Islamabad et les dynamiques diplomatiques liées au sommet de Pékin. Les deux délégations arrivent avec des positions très éloignées, notamment sur le cessez-le-feu, le rôle du Hezbollah et l'avenir sécuritaire du sud du Liban.
Selon des sources proches des discussions, les pourparlers ont débuté à 9h (heure américaine) et se sont déroulés en plusieurs sessions jusqu'à minuit heure libanaise, avec une pause en milieu de journée. Chaque délégation est restée en lien permanent avec ses capitales, notamment côté libanais avec le président Joseph Aoun, tandis qu'un second round est prévu le vendredi 15 mai.
Un coup d'épée dans l'eau
Le Liban a mis en avant la nécessité de consolider et rendre permanent le cessez-le-feu, tout en réactivant le mécanisme de surveillance avec l'ONU et l'armée libanaise pour inspecter les sites suspects avant toute frappe israélienne. Beyrouth exige aussi le retrait israélien du Sud, la fin des destructions, la libération des prisonniers et l'arrêt des assassinats ciblés sur son territoire.
Israël, de son côté, conditionne toute avancée à un processus de démantèlement de l'arsenal du Hezbollah et maintient le droit de poursuivre ses opérations militaires, qu'il justifie par la nécessité de neutraliser les menaces au nord de son territoire. Tel Aviv insiste également sur une coopération sécuritaire élargie avec le Liban, tout en continuant de réclamer une zone tampon et des garanties sur la gestion des drones.
Les discussions ont aussi porté sur des échanges de cartes et de données militaires présentées par Israël pour illustrer la présence supposée du Hezbollah au sud et au nord du Litani. Le Liban a rejeté toute négociation sous les frappes, estimant que la poursuite des opérations militaires compromet la crédibilité du processus.
Washington joue un rôle d'arbitre partial en poussant pour une simple prolongation de la trêve, sans parvenir à imposer un cessez-le-feu définitif. Les États-Unis cherchent surtout à obtenir une déclaration d'intentions incluant la poursuite des négociations, le désarmement progressif du Hezbollah et la délimitation des frontières.