15/05/2026 ssofidelis.substack.com  6min #314016

Loyauté politique et haute trahison

Par  Hans Vogel, le 14 mai 2026

Fut un temps où la loyauté politique se définissait à l'échelle personnelle. Il fallait être loyal envers le souverain de son lieu d'origine, qui était généralement aussi celui où l'on résidait. Tel était le cas dans l'Europe de l'Ancien Régime, avant la Révolution française. La loyauté envers l'empereur, le roi, le prince, le duc, le comte ou le baron était une attitude naturelle et, en fin de compte, réciproque. Le souverain local pensait et agissait conformément à l'adage de la noblesse oblige (les devoirs liés à une noble extraction). Bien sûr, il y a eu des exceptions, et tous les nobles ne se sont certainement pas comportés ainsi, mais dans l'ensemble, tel était le concept fondamental sous-jacent à l'ordre politique en vigueur.

La Révolution française a bouleversé ce système en détruisant l'ancien lien entre les gouvernants et les gouvernés. La trinité révolutionnaire (Liberté, Égalité, Fraternité) imposée par la révolution a été largement acceptée, sinon sans réserve, du moins en tant que grands principes directeurs. Aujourd'hui encore, ceux-ci constituent grosso modo le fondement de la législation dans la plupart des pays. Les tentatives de certains pour remplacer la trinité révolutionnaire par une autre plus spécifique, peut-être en raison d'une certaine résonance prérévolutionnaire, n'ont pas réussi à gagner en popularité, comme le Credere, obbedire, combattere (Croire, Obéir, Combattre) de Benito Mussolini.

Après l'abolition des valeurs politiques traditionnelles lors de la Révolution française, il devint nécessaire de rédiger des constitutions décrivant le comportement politique attendu des différents groupes et catégories sociales. Partout où la monarchie fut réintroduite ou adaptée, les nouveaux monarques furent tenus de prêter serment d'allégeance aux nouvelles lois. En Angleterre et en Écosse, cette transformation avait déjà été achevée en 1689 (Révolution glorieuse).

Depuis l'Antiquité, la (haute) trahison, connue sous le nom de perduellio chez les Romains, est un crime passible de la peine de mort (Pericles Bisoukides, Der Hochverrat. Eine historische und dogmatische Studie. Berlin : Heymann, 1903).

Pendant plus d'un siècle, le Nouvel Ordre Mondial instauré par la Révolution française a semblé fonctionner de manière satisfaisante. Les personnes accusées de trahison étaient sévèrement punies. En 1812, William Cundell et John Smith furent jugés pour avoir servi dans l'armée française. Leur

"défense a fait valoir qu'ils avaient revêtu l'uniforme français pour faciliter leur fuite vers l'Angleterre".

Ils furent pourtant pendus et décapités (Haydn's Dictionary of Dates, Londres, 1881, p. 396). Et bien sûr, beaucoup ont entendu parler du capitaine de l'armée française Alfred Dreyfus, qui fut accusé en 1894 d'avoir vendu des secrets militaires français à l'Allemagne. Il fut envoyé au bagne.

Au cours des deux guerres mondiales du XXe siècle et de la guerre froide, la haute trahison fut un enjeu central. Surtout après la Seconde Guerre mondiale, au moment du règlement des comptes une fois les combats terminés. Aux Pays-Bas, en Belgique et en France, la haute trahison (en néerlandais : hoogverraad ou landverraad) fut le crime imputé à des hommes comme Léon Degrelle, Anton Mussert et bien d'autres. Ceux qui n'avaient pas réussi à s'enfuir vers des cieux plus cléments furent capturés, jugés par des tribunaux fantômes et exécutés. Ils furent accusés de conspiration et de collaboration avec les forces d'occupation, ainsi que d'avoir tenté de nuire à l'intérêt national.

Après s'être enfui en Angleterre lors de l'invasion allemande en 1940, le gouvernement néerlandais établit son siège à Londres. Cependant, selon la Constitution néerlandaise, la fuite du gouvernement néerlandais hors du territoire national le rendait ipso facto illégitime. Mais, comme il pouvait compter sur la reconnaissance des Anglais et des Américains, il parvint à sauver les apparences et continua d'être considéré comme le gouvernement néerlandais. Le 22 décembre 1943, il promulgua un décret sur la poursuite, le jugement et la sanction de la haute trahison. Les Néerlandais qui, après la guerre, ont été accusés et condamnés pour haute trahison, ont été les victimes de ce décret illégal. Comme on peut s'y attendre, cependant, cela n'a été souligné nulle part dans l'historiographie néerlandaise d'après-guerre. Dans le même temps, la fuite de la souveraine néerlandaise, la reine Wilhelmina, vers l'Angleterre est toujours présentée comme un acte de défi et comme une preuve de son esprit combatif, en particulier telle que la dépeint son biographe officiel, plutôt flatteur, Cees Fasseur (Wilhelmina. Deel 2. Krijgshaftig in een vormeloze jas. Amsterdam, 2001)

Depuis sa "libération" en 1945, les Pays-Bas sont un État client de l'empire américain, l'équivalent d'une satrapie perse ou d'un proconsulat de l'Empire romain. La souveraineté nationale s'est évaporée, mais on fait croire à la population, en particulier aux électeurs, que, au contraire, leur pays est pleinement souverain. Ce n'est pourtant même pas le cas officiellement, puisque, comme le reste des États membres de l'UE, il a délégué la majeure partie de son pouvoir souverain à la Commission européenne à Bruxelles. Certaines compétences ont également été déléguées à l'OTAN et à l'OMS, ainsi qu'à la Banque des règlements internationaux à Bâle, en Suisse.

Comme si ce n'était pas suffisant, les membres de l'élite dirigeante mondialiste néerlandaise (je suis bien conscient de la contradiction implicite dans ces quatre mots) font traditionnellement partie de plusieurs entités mondialistes et, à ce titre, ne peuvent qu'avoir commis une haute trahison. Ces entités sont notamment le groupe Bilderberg, la Commission trilatérale, le Conseil atlantique, le Forum économique mondial et bien d'autres. Comme toutes ces entités tiennent leurs réunions selon les "règles de Chatham House", tout ce qui y est dit et exprimé reste secret pour le monde extérieur. Il va sans dire qu'une partie de ce monde extérieur comprend les électeurs néerlandais.

Inévitablement, tout ce qui est dit et fait par des citoyens néerlandais dans le cadre des groupes susmentionnés constitue de la haute trahison et est passible de la prison à vie. Que ce sujet ne soit jamais évoqué ni même mentionné dans le débat public aux Pays-Bas prouve que, tout comme l'Angleterre sous Keir Starmer, les Pays-Bas pratiquent une justice à deux vitesses. La loi est appliquée de manière sélective et les personnes jugées et condamnées ne font généralement pas partie de l'élite mondialiste au pouvoir.

Autrement dit, les véritables traîtres, les véritables criminels, ne sont jamais châtiés.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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