16/05/2026 dedefensa.org  18min #314082

Le « pire-du-pire » à l'horizon

 Analyse  

• Rassurons-nous et rassurez-vous aussitôt : nous parlons d'une situation hypothétique que rien, en aucune façon, ne nous dispose à juger avec une certaine complaisance ; la complication du titre n'est pas autre chose qu'un clin d'œil adressé à ceux qui continuent à vivre des querelles autour de l'"arrivée de l'extrême-droite" en France. • Plus complexe est le spectacle que nous offre la nature des choses, de la notion de "pire-du-pire" à celle de "le pire du 'pire-du-pire'". • Il s'agit pourtant d'une hypothèse qui nous semble assez plausible pour que nous nous y intéressions avec une sorte de sérieux ironique. • Jusqu'à nous demander si Poutine et Xi, n'auraient pas décidé de devenir un peu plus "sérieux". • Les Russes et les Chinois semblent avoir pris parallèlement des décisions de durcissement radical vis-à-vis des USA qui semblent se rejoindre malgré l'opposition de l'Axiome d'Euclide.

Dans ces temps extraordinaires par leur incertitude et l'incapacité où nous sommes d'identifier leur marche et leur but, se pose la question déjà vu : "où en sommes-nous ? ", - et dans ce cas, si vous préférez : "Où allons-nous ?".

La marche des choses (des "événements" comme phénomènes hors de notre contrôle) fait, par exemple depuis 2022 certainement,, mais même depuis 2014 (le "coup de Kiev"), que nous sommes dans l'incapacité de prévoir "le pire du pire" (disons "pire-du-pire") que nous sommes en train de vivre. A chaque instant, chaque remous, chaque soubresaut, nous annonçons : "attention, cela va éclater !". Nous n'en sommes pas au décompte de ces fausses alertes et de ces prévisions faussaires qui n'en sont pas vraiment, mais de simples réflexes naturels de la raison confrontée à quelque chose qui la dépasse... Point n'est besoin de complot dans tout cela.

Ce que nous ne mesurons pas, c'est un autre phénomène, où les attitudes et les actes humains, inutiles ou mal ajustés, jouent tout de même un rôle en attisant une pression et une tension déjà très fortes, et en les aggravant : c'est là le véritable effet du "pire du pire que nous vivons", en rendant effectivement "pire le pire courant" que nous vivons mais en aucun cas ne procurant le soulagement d'une tension expérimentée et s'apaisant une fois dépassée ou achevée la cause... Parce qu'il n'y a pas de cause avérée et directement sensible et en accord avec nos tensions. Il ressort de tout cela que nos fausses alertes continuelles (combien de fois l'attaque ultime de la Russie en Ukraine a-t-elle été annoncée ?) n'apaisent rien de la cause qu'elle croyait avoir identifiée, mais renforcent les forces continuant à transformer la situation du "pire du pire", rendant encore bien pire le pire du pire inévitable.

Donc, vous voyez bien que les innombrables erreurs que nous faisons n'ont rien des erreurs courantes des prévisionnistes mais, au contraire, travaillent à transformer le "pire en pire-du-pire", avant d'arriver à l'encore-pire...

Ouf... Soufflons un peu.

"Pire du pire", dites-vous ?

Tout cela pour introduire avec délicatesse un commentaire sur une alarme qui a eu lieu et qui perdure, et dont les effets de son absence ne sont en rien une détente. On craignait une attaque contre le défilé russe du jour de la victoire. Elle n'a pas eu lieu. Trouvez-vous une seule seconde que la situations est détendue ? Nous pas.

Par contre, pris d'un coup d'audace, il nous semble que l'on peut s'arrêter à cet avatar raté et le prendre encore plus au sérieux qu'il ne fut en avançant l'hypothèse qu'il a découvert à son occasion des positions qui se sont brusquement durcies. Ainsi peut-on s'interroger : et si ce moment n'était pas, finalement mais subrepticement, une étape capitale du "pire du pire" ?

Pour répondre à cette question, nous faisons appel à deux sources que nous connaissions bien, qui sont toute deux aussi différentes qu'on peut imaginer, avec une façon de travailler, une perception aussi éloignées l'une de l'autre dans la même mesure. Ces deux sources si différentes dans la forme, le style et l'évaluation, disent justement, lorsque nous extrapolons et symbolisions d'une façon opérationnelle, la même chose, et c'est ceci que nous sommes effectivement au "pire du pire".

Mercouris et Poutine

Il n'étonnera personne parmi nos lecteurs que Mercouris (le duo Christoforou-Mercouris) soit l'une de ces deux sources, et celle qui sera le plus abondamment citée puisqu'on y reviendra plus loin, d'après un autre texte.

Le passage qu'on lit ici, de sa causerie "du soir" du 13 mai 2026 , notamment, sinon essentiellement, à cause de ce qu'il y dit de Poutine. Mercouris, à partir du moment où Poutine a commencé à être mis en cause à cause de sa "mollesse" en Ukraine, -,en Russie sur sa droite et aussi chez nombre de commentateurs indépendants occidentaux, - a été un constant défenseur du président russe au nom de la nécessité de la primauté de la diplomatie d'une part, au nom de la quasi-"prudence pour deux" tant les USA semblaient ne pas mesurer le risque terrible (nucléaire) de la possibilité d'un affrontement direct entre eux et la Russie d'autre part. Ces deux arguments sont valables, pour la rhétorique de Mercouris comme pour la politique de Poutine, et ne nécessitent nullement les grossiers anathèmes complotistes comme ceux d'un Poutine homme de paille des globalistes, 'Russian asset' de la CIA, et autres banalités énervées de cette sorte.

Mais là-dessus, Mercouris vire de bord à l'image de la situation qu'il commente, et l'on comprend que cela est important, avec tant de chances que cela reflète la réalité des positions et des forces. Mercouris précise que la direction russe, avec l'impulsion ferme et décisive de Poutine, est désormais dans une position de dire aux USA "ça suffit" et de faire entendre raison à cet égard. Mercouris note deux points qu'on va lire dans l'extrait ci-dessus, largement explicités :
• Cette fois, c'est le ministère de la défense russe qui a menacé de pulvériser le centre de Kiev à coup d''Orechnik' en cas d'attaque de drones ukrainiens lors de la parade de 9 mai du Moscou ;
• C'est la première fois depuis la révolution orange d'Ukraine de 2004 que les USA prennent les menaces de la Russie au sérieux.

La suite va de soi...

Christoforou : " Il y a eu la grande conférence de presse de Poutine. Fiko est de retour en Slovaquie et il s'interroge sur les raisons pour lesquelles l'Union européenne veut en finir avec le gaz et le pétrole. Pourquoi font-ils une chose aussi idiote ? L'Allemagne continue de parler d'escalade. Nous avons Pistorius, le ministre de la défense qui a fait une visite surprise à Kiefvpour discuter de contrat militaire. Ouchakov dit que l'Ukraine doit quitter Donetsk. Il a maintenant dit que l'exigence est que l'Ukraine se retire militairement du Donbas. Il se passe beaucoup de choses.

Par où voulez-vous commencer ? "

Mercouris : "Bien, je pense que le meilleur point de départ en fait est la conversation que Trump et Poutine ont eu le 29 avril qui a en quelque sorte déclenché toute cette série d'événements les uns après les autres que nous avons vu jusqu'au jour de la victoire. Parce qu'il est clair que les Ukrainiens avaient bien une sorte de plan pour attaquer les cérémonies du jour de la victoire ou du moins pour tenter de le faire. Et le Russes ont pris cela très très au sérieux.

Et quand nous avons discuté précédemment de cette conversation entre Poutine et Trump, nous avons souligné que Poutine avait transmis à Trump un avertissement très clair au sujet de l'Iran et lui avait dit de ne sous aucun prétexte relancer la guerre contre l'Iran. Mais nous savons maintenant que cela concernait aussi d'autres sujets et que Poutine avait en outre dit à Trump, si une attaque ukrainienne vise le défilé du jour de la victoire, alors nous allons littéralement faire exploser, détruire le centre de Kiev et ne commencez pas à croire que nous n'allons pas le faire. Et c'est un avertissement que nous allions mettre à exécution

Et il y a toute une escalade de messages. Nous en avons parlé dans des émissions précédentes. Il y a le ministère de la défense (russe). Il y avait des indications claires qu'ils allaient utiliser des missiles Orechnik. Puis nous avons, d'autres menaces du ministère des affaires étrangères d'attaquer Kiev. Zelenski bien sûr a répondu et s'est opposé à toutes ces menaces. Il a aussi averti les dignitaires étrangers, si vous vous souvenez, de ne pas venir.

Et ce qui s'est finalement produit, c'est que les Américains, pour la première fois depuis le début de toute la crise ukrainienne, remontant selon moi jusqu'à la révolution orange de 2004, les Américains. Trump a dit à Poutine : "Écoutez, vous avez un cessez le feu de 2 jours, portons-le à 4 jours. Vous voulez faire un échange de prisonniers avec les Ukrainiens, 500 hommes de chaque côté, faisons-en 1000. Nous pourrons alors prétendre que c'est le plan de cesser le feu et d'échange de prisonniers de Donald Trump.

Poutine a accepté. En bref, les Ukrainiens ont été en gros informés sans réplique possible par les Américains : "Vous n'allez pas attaquer Moscou le jour de la victoire, point final l'affaire est close." Donc c'est la première fois que cela arrive. Maintenant, l'importance de cela et si cela changera quoi que ce soit à long terme est une toute autre question."

WDIM et Poutine-Xi

La deuxième source est WDIM ('What Diud I Mean), que nous citons épisodiquement depuis longtemps. C'est un tout autre style que Mercouris, presque complètement à l'opposé dans la forme et l'argumentation. Un site très fantaisiste qui a longtemps mélangé du "sérieux" avec des nouvelles des OVNI, des petits hommes verts d'autres planètes et autres divers complots exotiques. Mais, nous l'avons déjà noté, depuis quelques années autour de 2016, WDIM' est devenu exclusivement sérieux, citant la plupart du temps des sources ouvertes très connues et officielles, dont il donnait son interprétation. C'était un excellent signe indirect que la réalité avait largement atteint et même dépassé le niveau d'intérêt des exclusivités de l'au-delà, et la  GrandeCrise entrée en pleine activité suffisant largement à passionner les lecteurs.

Ainsi WDIM s'intéresse-t-il aux mêmes affaires que celles de Mercouris et suit, à sa façon, une ligne similaire. Ainsi, le  14 mai 2026, il publie un texte sur un sujet proche, passant du durcissement de Poutine au durcissement de Xi, tout en décrivant, - ce qui n'est en rien solliciter les faits, - les préparatifs et l'activation des forces stratégiques nucléaires russes, signifiant le sérieux considérable des Russes devant l'aggravation du climat. D'où son titre du texte de WDIM, écrit en un "style biblique" largement justifié par les motivations de guerre des uns et des antres, - des Israéliens et de Netanyahou... :

"Poutine active un arsenal apocalyptique imparable alors que la prophétie biblique de l'Armageddon se rapproche de la réalité"

On verra dans l'extrait ci-dessous que cette référence biblique est largement documentée. Dans d'autres temps, la chose aurait en bonne partie prêté à sourire ; aujourd'hui, ce n'est pas le plus cas, lorsqu'on connaît les ordres de marche et croyances diverses qui parcourent les rangs sionistes et de l'IDF.

Pour le reste, le texte, écrit avant la rencontre Trump-Xi, annonce avec force la fermeté de la position chinoise, qui rejoint celle de la Russie. On se permettra de penser que ce n'est pas pure et innocente coïncidence.

"Un nouveau rapport inquiétant du Conseil de sécurité (CS), qui circule aujourd'hui au Kremlin, indique tout d'abord que le président Xi Jinping a averti le président Donald Trump que Taïwan est la question la plus importante dans les relations sino-américaines et qu'une mauvaise gestion pourrait créer une situation très dangereuse. Il a ensuite déclaré que la question majeure pour les deux pays était de savoir s'ils pouvaient éviter le "piège de Thucydide", qui décrit une tendance à la guerre lorsqu'une puissance émergente comme la Chine menace de supplanter une grande puissance hégémonique établie comme les États-Unis.

Ce fait est aujourd'hui formellement établi : "Avant même que Trump ne descende de son avion présidentiel à Pékin, les Chinois envoyaient des signaux subtils mais clairs indiquant qu'ils le considéraient comme un dirigeant de second ordre". Ce rapport souligne que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à propos des États-Unis : "C'est une réalité fragile... Une puissance impériale en déclin cherche à remonter le temps et, dans sa chute, se déchaîne désespérément."

Dans les derniers exemples du piège de Thucydide dans lequel les États-Unis sont tombés, et qui, dans leur descente aux enfers, se livrent à des actes désespérés, poursuit ce rapport : le président Trump a proclamé de façon insensée qu'il allait faire du Venezuela le 51e État américain ; le blocus illégal qu'il a imposé à Cuba provoque d'importantes coupures de courant, l'île étant à court de carburant ; des milliers de nourrissons et d'enfants cubains hospitalisés sont déjà morts après que leurs appareils vitaux ont été débranchés - un véritable génocide qui rappelle le blocus illégal imposé à l'Irak par le président Bill Clinton, alors chef du Parti démocrate socialiste, dans les années 1990 - un blocus illégal qui a poussé la journaliste Lesley Stahl de l'émission '60 Minutes' à demander à la secrétaire d'État Madeleine Albright : "Nous avons entendu dire qu'un demi-million d'enfants irakiens sont morts... C'est plus d'enfants qu'à Hiroshima... Le prix à payer en vaut-il la peine ?" ; et Albright de répondre de façon diabolique : "Je pense que c'est un choix très difficile, mais nous pensons que le prix à payer en vaut la peine."

En réaction immédiate aux propos du président Trump, qui a démontré sa volonté de commettre un génocide de masse contre des centaines de milliers de nourrissons et d'enfants, à l'instar du président Clinton, reconnu coupable de pédophilie, ce rapport détaille comment le président Poutine a activé l'intégralité de l'arsenal russe d'armes apocalyptiques. L'armée russe a ensuite pilonné l'Ukraine avec 1 623 frappes de drones et de missiles en une seule journée. Il a également été révélé que la Russie constituerait des stocks de centaines de milliers de drones à fibre optique en vue d'une future attaque contre l'OTAN et les pays baltes. Enfin, il a été formellement établi que la Douma d'État russe, la chambre basse du parlement, a approuvé le 13 mai une loi autorisant le président russe Vladimir Poutine à envahir des pays étrangers.

Alors que le monde est au bord d'une guerre thermonucléaire mondiale, conclut ce rapport, des articles comme "Le plan d'urgence glaçant de Trump : instructions secrètes pour Vance dans le Bureau ovale paraissent aujourd'hui", et l'article récemment publié "Un fleuve biblique majeur s'assèche, comme la Bible l'avait prédit avant l'Armageddon" avertit : "Le niveau de l'Euphrate, situé dans ce qu'on appelle le 'berceau de la civilisation', baisse à un rythme inquiétant... Cette sécheresse alarmante a fait naître la crainte qu'une prophétie biblique de la fin des temps ne soit en train de se réaliser... L'Euphrate, le plus long fleuve d'Asie occidentale, qui traverse la Turquie, la Syrie et l'Irak, se rétrécit et traverse l'une des régions les plus importantes de la Bible, le Croissant fertile... Ce cours d'eau joue un rôle crucial dans le livre de l'Apocalypse, et une prophétie liée à ce rôle a suscité une vive inquiétude en ligne, car elle prédit la fin des temps et le second avènement du Christ"."

Retour à Mercouris, - avec Xi cette fois

WDIM a publié son article le 14 mai. Le 15 mai , Mercouris développait son analyse des conversations entre Trump et Xi et aboutissait aux mêmes conclusions d'un durcissement extrême de la Chine.

Mercouris reprend ce qu'il a déjà dit de Poutine face à Trump et lui donne sa dimension réelle en plaçant l'événement en parallèle avec ce que Xi dit à Trump, et qui n'est pas moins ferme. Ainsi a-t-on, en quelques paragraphes, un survol d'un événement historique sinon métahistorique de l'Amérique soudain confrontée à une menace bien réelle qu'elle ne pourra écarter qu'en abdiquant sa position d'hégémonie et en actant l'échec complet du Grand Plan des neocon de la première génération (Cheney, Wolfowitz, Perle, Krauthamer, les divers Kagan à cheval sur les deux générations, etc.) ; on parele de ceux-là qui annonçaient glorieusement un second 'American Century' et n'ont abouti qu'à un 'Burlesque of an Empire', comme  écrivait William Pfaff (en 1992 !)...

"J'ai mentionné que lors de son dernier appel téléphonique à Trump, Poutine lui a adressé deux avertissements. Ces deux avertissements impliquaient une menace implicite. Le premier concernait une mise en garde contre toute nouvelle action militaire contre l'Iran.

Comme je l'ai souligné, les Russes sont en mesure de mettre leur menace à exécution car, comme il est désormais universellement reconnu, ils fournissent activement des renseignements, du matériel militaire et d'autres ressources à l'Iran, ce que les Américains savent incontestablement. Poutine a également proféré un avertissement concernant une attaque contre le centre de Kiev si le défilé de la Victoire était attaqué par l'Ukraine. Là encore, Trump et les Américains étaient certainement conscients de l'énorme pouvoir de représailles que confère désormais le missile Orechnik aux Russes.

Ainsi, au cours des deux dernières semaines, les Russes ont adressé aux Américains des avertissements assortis de menaces, que ces derniers ont jusqu'à présent pris au sérieux. Ce qui était intéressant lors de la visite de Trump à Pékin, c'est que... Xi a lancé un avertissement similaire, assorti de menaces, à Donald Trump, et ce publiquement. Le sujet était bien sûr Taïwan.

Je tiens ces informations du compte rendu chinois de la rencontre entre Trump et Xi. Ce compte rendu est accompagné d'une photographie montrant les deux délégations réunies dans l'une des principales salles du Palais de l'Assemblée du Peuple. Xi a donc adressé cet avertissement non seulement en privé à Trump, mais aussi en présence de toute la délégation américaine, y compris Marco Rubio. Voici comment le ministère chinois des Affaires étrangères interprète les propos tenus dans le compte rendu de la rencontre entre Trump et Xi.

Le président Xi a souligné que la question de Taïwan est le sujet le plus important des relations sino-américaines. Si elle est gérée correctement, les relations bilatérales bénéficieront d'une stabilité générale. Dans le cas contraire, les États-Unis et la Chine connaîtront des affrontements, voire des conflits. Un conflit représente clairement une menace d'action militaire, une action militaire directe de la Chine contre les États-Unis, mettant ainsi en péril l'ensemble des relations bilatérales. L'indépendance de Taïwan et la paix dans le détroit sont aussi inconciliables que le feu et l'eau. Le président Xi a souligné que la question de Taïwan est le sujet le plus important des relations sino-américaines. Si elle est gérée correctement, les relations bilatérales bénéficieront d'une stabilité générale. Dans le cas contraire, les États-Unis et la Chine s'exposeront à des affrontements, voire à des conflits. Un conflit représente clairement une menace d'action militaire, voire d'une action militaire directe de la Chine contre les États-Unis, mettant ainsi en péril l'ensemble des relations. L'indépendance de Taïwan et la paix dans le détroit sont aussi inconciliables que le feu et l'eau. La préservation de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan est le principal point d'accord entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis doivent faire preuve de prudence dans la gestion de la question de Taïwan.

Le mot clé ici est "doit". Les États-Unis doivent faire preuve d'une extrême prudence dans la gestion de la question de Taïwan. Il ne s'agit pas d'une simple demande, mais de l'exigence la plus ferme formulée à l'encontre des États-Unis par un autre pays, du moins de loin."

Le "pire-du-pire", c'est sûr...

Ces deux sources qui nous disent à peu près la même chose chacune et sa façon, et dans le sens du pire-du-pire, nous signifient, vu l'extrême gravité de ce "pire-du-pire", l'extrême possibilité que nous nous trouvions à un tournant où existe d'une façon très logique et presque-irrémédiable, la possibilité d'un conflit pouvant absolument devenir mondial. Elles nous indiquent qu'il y a une égale détermination chez les deux alliés eurasiens de courir le risque d'une confrontation "pouvant devenir globale".

Il existe donc actuellement une dérive irrémédiablement suicidaire dans le parcours de l'Empire, selon la formule surpuissance = autodestruction ; parce que nous avons vécu en état de surpuissance américaniste hystérique depuis au moins le 11 septembre 2001 pour découvrir, avec l'Ukraine et l'Iran, que cette surpuissance ne fabrique plus que du toc et qu'elle se transforme donc en autodestruction, une sorte d'anti-matière à la Jean-Pierre Petit..

Qu'y a-t-il pour nous étonner ? Nous avons bien assez répété la formule de Lincoln de 1839 (référencé 72 fois par un très mauvais système, mais un record pour un personnage historique dans dde.org), - présentée en majesté le  19 juin 2013 (reprenant un texte du 13 juin 2013), peut-être ou pas pour la première fois, et pieusement répètée depuis :

"A quel moment, donc, faut-il s'attendre à voir surgir le danger [pour l'Amérique] ? Je réponds que, s'il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-mêmes. [...] Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d'hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant."

La nécessité de contenir la dérive suicidaire de l'effondrement de l'empire, illustrée par les années d'un comportement contenu de Poutine qui se trouve aux premières loges à cause de sa responsabilité de première puissance nucléaire, a cédé la place à une réaction de sauvegarde des puissances concernées devant les dégâts causés par cette "nécessité de contenir" qui n'en est plus une. La nécessité de sauvegarde prime désormais sur tout, ce qui implique paradoxalement un durcissement général et des actes brutaux si nécessaire.

Bien sûr, ce n'est pas un hasard si Russes et Chinois se trouvent brusquement et une fois de plus côte-à-côte dans ce revirement, menaçant tous les deux, chacun pour ses causes, de réagir contre les États-Unis à un niveau conventionnel extrêmement haut, juste en-dessous du nucléaire pour la valeur symbolique des armes. Ils en ont tous deux les moyens, puisqu'ayant développé des armes qui peuvent faire des dégâts ciblés (avec de faibles conséquences collatérales) largement égaux à ceux du nucléaire avec leurs armes hypersoniques.

Nous sommes donc bien entrés dans le "pire-du-pire", sans vraiment crier gare, sans bruit excessif, dans tous les cas rien qui dépasse le tintamarre habituel auquel nous nous sommes habitués. L'histoire s'est donc définitivement installée, pour pouvoir survivre ou plutôt s'imaginer revivre, dans la métahistoire. Cela n'empêchera pas les départs normaux des vacanciers et les vaines et interminables querelles autour du "danger de l'extrême-droite" sur les plateaux-télé des salons parisiens.

Mis en ligne le 16 mai 2026 à 14H00

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