Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi 16 mai à Paris à l'occasion du 78ᵉ anniversaire de la Nakba, dans un contexte de poursuite des bombardements israéliens à Gaza, des attaques meurtrières en Cisjordanie occupée, ainsi que des frappes menées par Israël au Liban et en Syrie.
La Nakba - "catastrophe" en arabe - fait référence au déplacement massif des Palestiniens en 1948, à la suite de la guerre ayant accompagné la création de l'entité sioniste.
La députée française Mathilde Panot, présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front populaire" à l'Assemblée nationale, a participé au rassemblement aux côtés d'Olivia Zemor, présidente du collectif EuroPalestine. L'élue française a rappelé que les manifestants étaient mobilisés "comme chaque semaine, depuis plus de 2 ans et demi, parce que le peuple de France refuse de laisser faire un génocide, toujours en cours à Gaza".
Mathilde Panot a accusé le Premier ministre israélien d'extrême droite, Benjamin Netanyahu, de mener "sa guerre illégale au Liban, mais aussi contre le peuple iranien", tout en dénonçant la proposition de loi israélienne qu'elle estime susceptible "d'institutionnaliser l'apartheid jusqu'à la peine de mort".
Cette proposition de loi israélienne, soutenue par des partis de l'extrême droite sioniste, vise à permettre l'application de la peine de mort contre des Palestiniens détenus par Israël, notamment dans des affaires qualifiées de "terrorisme". Des organisations de défense des droits humains et plusieurs responsables politiques dénoncent un texte discriminatoire, qui renforcerait un système judiciaire déjà accusé de traiter différemment les Palestiniens et les Israéliens vivant dans les territoires occupés.
"Il est important de dire que la Nakba n'est pas un simple événement historique que nous commémorons", a-t-elle déclaré. Selon elle, la Nakba constitue également "un événement du présent qui continue toujours avec le génocide, avec le nettoyage ethnique en Cisjordanie".
La députée LFI a indiqué que la mobilisation visait à défendre "le droit à l'autodétermination du peuple palestinien" ainsi que "le droit au retour des réfugiés palestiniens".
Les manifestants ont défilé dans les rues de la capitale, Paris, avec des drapeaux palestiniens, des keffiehs et des pancartes réclamant un cessez-le-feu immédiat, un embargo sur les armes et des sanctions contre Israël. Plusieurs slogans dénonçaient également le soutien occidental à un régime dirigé par Benjamin Netanyahu, à la tête d'une coalition d'extrême droite incluant des figures extrémistes accusées d'incitation à la violence contre les Palestiniens.
Mathilde Panot a dénoncé "une situation de répression des voix pour la paix du peuple palestinien" en France. Elle a évoqué les poursuites visant "des centaines et des centaines de militants", ainsi que certains responsables politiques, "pour délit d'apologie du terrorisme".
L'élue a également critiqué la position des autorités françaises, estimant que Paris devait passer "non pas seulement des mots (...) mais vraiment des actions". "Nous exigeons qu'il y ait enfin un embargo sur les armes, une suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, des sanctions", a-t-elle déclaré.
Mathilde Panot a enfin accusé le gouvernement français de ne pas être "à la hauteur de son histoire" et a affirmé avoir "honte de ce que fait le pouvoir français", tout en estimant que cette position "n'est pas représentative de ce que pense le peuple de France".
Un chirurgien ayant exercé à la fois au Liban et à Gaza a vivement fustigé Israël pour sa politique de cibler systématiquement le personnel médical.
