19/05/2026 francais.rt.com  4min #314319

Festival de Cannes : un rendez-vous historique en péril empêtré dans la polémique Bolloré

© Getty Images Source: Gettyimages.ru

Ambiance pluvieuse à Cannes e 18 mai 2026 lors de la projection du film "Her Private Hell" au Palais des Festivals dans le cadre du 79e Festival de Cannes.

Le 79e Festival de Cannes, symbole du cinéma français, se trouve éclaboussé par une vive controverse autour de l'influence de Vincent Bolloré. La réaction ferme de Canal+ face à une tribune critique illustre les tensions entre liberté d'entreprendre et dépendance au financement privé.

Alors que la Croisette accueille traditionnellement le gratin du septième art, une polémique financière et médiatique vient troubler cette édition. La réponse de Canal+, premier financeur du cinéma français, à une pétition critiquant le groupe Bolloré met en lumière les fragilités d'un secteur dominé par la gauche, très dépendant des investissements privés et  traversant une période de crise inédite.

Une réaction légitime face à la critique

Tout commence avec une tribune publiée dans Libération dénonçant l'"emprise" de Vincent Bolloré sur le cinéma, notamment via le rachat progressif d'UGC. En marge du festival, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a clairement indiqué qu'il ne souhaitait plus collaborer avec les signataires, estimant inacceptable d'être insulté par ceux que son groupe soutient généreusement à hauteur de près de 170 millions d'euros par an. Cette position, loin d'une quelconque "liste noire", relève d'un choix entrepreneurial. Canal choisit librement ses partenaires. Comme l'a souligné le maire de Cannes, David Lisnard : "C'est une boîte privée : ils font ce qu'ils veulent avec leur argent !".

Sur l'histoire de  @canalplus et des pétitionnaires anti-Bolloré de  @libe, le maire de la  @villecannes @davidlisnard a parfaitement raison. ⤵️  pic.twitter.com/0dREubtzAT

- Jérôme Godefroy (@jeromegodefroy)  May 18, 2026

Les détracteurs de Canal+, regroupé autour du collectif "Zapper Bolloré", soutenu par le Parti Socialiste, a revendiqué 651 nouvelles signatures en une journée, portant le total au-delà de 1 200.

Une offensive très politique quelques jours seulement après que  le candidat à la présidentielle François Ruffin a affirmé qu'en cas de victoire à la présidentielle il fermerait CNews.

👏 "Zapper Bolloré" : bravo aux artistes et aux personnalités qui refusent l'emprise de Vincent Bolloré sur le cinéma.

✊ Culture, édition, cinéma, média : nous défendons partout l'indépendance et le pluralisme contre la concentration ⤵️  pic.twitter.com/3WcEX4O2Xl

- Parti socialiste (@partisocialiste)  May 18, 2026

Parmi les signataires, peu de personnalités connues si ce ne sont les actrices Juliette Binoche et Adel Haenel, le réalisateur Robin Campillo et l'acteur Nahuel Pérez Biscayart.

Sur les réseaux, de nombreuses voix dénoncent l'hypocrisie du monde du cinéma qui a longtemps profité de l'argent de Bolloré et qui se met désormais à l'attaquer.

Bolloré ne financera plus les signataires d'une pétition contre lui.

La gauche subventionnée chiale.
Le cinéma administré hurle.
Nous... on rit 🤭  pic.twitter.com/aPu2EaoiLd

- GRM (@grm_off)  May 17, 2026

Les défenseurs de l'homme d'affaire arguent de leur côté que, pour l'heure, aucun exemple concret d'ingérence dans la création artistique n'a été avancé.

Canal+ finance une large diversité de films, du cinéma d'auteur aux grosses productions, sans imposer de ligne éditoriale. Cette polémique révèle surtout la dépendance structurelle du cinéma français à un seul groupe qui agit comme un mécène moderne tout en assumant ses choix. Dans un contexte économique tendu, les attaques contre un investisseur privé qui réussit risquent surtout d'affaiblir un Festival de Cannes déjà confronté à des débats sur sa pertinence et son avenir. L'événement historique semble, cette année, plus fragile que jamais.

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