Abracadabrantesque imbroglio jusqu'au terme
• Une autre appréciation, cette fois d'un homme de très grande qualité, à la grande finesse psychologique. • Alastair Crooke envisage la rencontre entre Trump et Xi sous l'angle de l'évident effondrement de la puissance américaniste, homme de plus en plus seul (quand on est allié et prisonnier d'Israël, on est seul), homme de plus en plus errant dans sa folie. • Le sort du monde confié successivement, par droit d'effondrement des USA, à deux présidents impotents et tout entiers emportés par la démence sénile, ou bien la sénilité démente. • La messe est dite et redite.
19 mai 2026 (17H50) - Les avis sont assez unanimes : le tristement flamboyant président Trump s'est rendu en Chine pour s'entendre signifier qu'il était sur la bonne voie pour achever la tâche historique à lui confiée par le Ciel. Sa rencontre avec Xi a bien semblé cêler le terme du voyage historique et à ridicule prétention métahistorique de l'Amérique dans le rôle-peplum de "l'Empire". Sans en rien laisser paraître puisque totalement ignorant de la chose, Trump a ramené chez lui la dépouille de "l'Empire". Il était furieux dans l'avion, dit 'Air Force One' devant ces crétins de journalistes, traîtres de surcroît, qui refusait d'accepter la vérité-vraie qu'il leur dispensait, d'une "victoire totale" des United Trump of America sur les abracadabrantesques barbares iraniens.
Alastair Crooke a écrit son article juste avant que ne débute l'entretien Trump-Xi au cours duquel ont été plantés les derniers clous du cercueil. Ainsi parle-t-il au futur de tous les sujets, sur lesquels il voyait la victoire de Xi. Il aurait pu employer le temps présent, voire le passé, puisque tout s'est passé ainsi qu'il l'avait prévu, comme à peu près l'unanimité de tous les pronostics. L'article est modestement présenté avec ce titre :
"La"guerre jusqu'à la racine"menée par Israël pourrait déstabiliser l'Amérique" ("Israel's 'War to the Root' May Unravel America")
'To unravel' ('déstabiliser', ou 'démêler' ou 'défaire' enfin et réduire en poussières) est un verbe à l'effet bien modeste (suite) pour désigner ce qui est symboliquement la fin, l'ultime équipée, l'autodestruction, le suicide à-la-Lincoln. Quoi qu'il en soit, pour nous la messe est dite, et l'article de Crooke détaille d'une façon intéressante un événement symbolique d'une portée inouïe à bien des égards ; la fin de l'Amérique intervient alors que d'autres événements décisifs pour notre équipée cosmique apparaissent, exactement en même temps, comme par exemple l'extraordinaire survenue dans notre destin de ce qu'on nomme l'IA, dont le philosophe et métaphysicien (nous tenons dans cette occurrence à insister sur ces deux titres) Alexandre Douguine dit dans une interview-fleuve sur laquelle nous reviendrons :
"Notre réaction est superficielle, alors que les enjeux entourant l'IA ont une signification métaphysique et civilisationnelle colossale. Pouvoir, sujet, vie, pensée, vérité, langage - toutes les grandes questions de l'humanité se trouvent désormais imbriqués dans le contexte de l'intelligence artificielle."
C'est dans ce cadre qu'il faut considérer la fin de "l'Empire" qui a bien plus d'importance et de valeur cosmique que l'invasion de Rome par les barbares, en 412 après I.C (d'ailleurs pas la première "invasion de Rome", d'ailleurs des "barbares" qui ne l'étaient pas tant que ça, - enfin, faisons comme Saint-Augustin et prenons le symbole pour ce qu'il est).
Une catastrophe psychologique
En passant par simple inadvertance du destin de l'Amérique à celui de l'IA, nous avons montré, par simple inadvertance, l'ampleur formidable de cette séquence métahistorique où les "événements" venus d'ailleurs prennent des dimensions absolument inconnues jusqu'alors. Pour en revenir à l'Amérique et son terme, c'est le cas. Nous avons déjà beaucoup parlé de cet événement dans sa candide dimension humaine, bien avant qu'il ait lieu, et pour les mêmes circonstances :
""La perspective apparaît alors, du point de vue de la communication, extrêmement importante et sérieuse, et elle rejoint une possibilité qu'avait évoquée un néo-sécessionniste du Maine, Thomas Naylor, en 2010, à propos de la crise iranienne : 'Il y a trois ou quatre scénarios possibles de l'effondrement de l'empire [les USA]. Une possibilité est une guerre avec l'Iran'..."Après tout, certes, ce serait une bonne manière de régler la"guerre civile"qui fait rage à Washington D.C."
Les protagonistes, eux, ils s'en foutent. L'un des principaux et des plus fins d'entre eux, sorte de Talleyrand post-moderne qui imagine l'art de la négociation à l'image de la fameuse charge des 10 000 cavaliers de Murat à Eylau, - il s'agit de 'Bibi', l'on s'n doutait - a d'autres chats à fouetter que le destin de l'Amérique ; lui, c'est du sérieux, la Bible, Moïse, l'Antichrist & Cie, voilà des prises de choix pour résoudre avec humanité et douceur les problèmes de perturbation qui agite sa région. 'Bibi' nous fait le 'Grand Israël', bien entendu pour que les choses aillent bien mieux et que les génocides se déroulent dans le calme et l'apaisement. Il faut être fier de lui, et ne ménager pas ses 'standing ovations' subventions par l'AIPAC et Miriam Adelson au Congrès des États-Unis.
"Il s'en fiout." Netanyahu se moque des conséquences pour l'économie américaine (Trump semble partager cet avis), ainsi que de l'instabilité politique qui pourrait en résulter aux États-Unis. Il se moque également des États du Golfe qui souffriront et seront peut-être anéantis si les États-Unis reprennent la guerre à grande échelle.
Il ne se soucie que d'une hégémonie hébraïque (et de sa survie politique) - même si l'Amérique (gentille) doit en payer le prix en termes de réputation et d'économie."
Alors, nous citons quelques observations écrites in illo tempore, autour de 2009, lorsque les grandes crises de 2007-2008 nous firent douter des capacités de l'Amérique de résister à la force et à la puissance de sa stupidité et des erreurs qui en découlent...
"Pour notre compte, nous profitons de cette présentation pour rappeler notre position qui est d'affirmer l'impossibilité où nous nous trouvons tous de développer quelque hypothèse que ce soit à cause de facteurs psychologiques et communicationnels sans précédent dans l'histoire, - ce qui fait parler effectivement de fin d'un cycle métahistorique seul capable de faire sauter...
"...un verrou [psychologique] d'une puissance inouïe, qui complète d'une façon tragique la"fascination de l'américanisme pour sa propre destinée catastrophique"pour former une situation totalement bloquée empêchant de chercher une autre voie tout en dégringolant vers la catastrophe."
"Ce verrou dont les événements feront qu'il sautera, est d'une telle force que le faire sauter représentera effectivement une sorte de "bombe nucléaire de notre psychologie collective". Dans un texte que nous avions écrit le 5 février 2009("Notes sur la fragilité extrême de l'Amérique"), nous décrivions cette "bombe nucléaire de notre psychologie collective" :"
"Peut-on sauver l'Amérique ? (C'est-à-dire : sauver l'Amérique en tant qu'entité prétendument nationale, - plutôt et de façon très différente, qu'"en tant que nation".)" C'est une question que nous devrions juger d'actualité; de même, c'est la principale question de notre crise générale, parce que nous tenons comme un fait avéré que notre civilisation et sa crise vivent depuis près d'un siècle sous l'empire psychologique d'une fiction virtualiste répandue et entretenue par le phénomène de la communication, qui est la "vertu américaniste", - idée traduite par les publiciste, nom US pour "propagandiste", par l'expression si populaire dans notre conscience et surtout dans notre inconscient de American Dream. Le jour où cette pression psychologique terrible cessera, en même temps que s'effaceront les USA sous leur forme actuelle, il s'agira du plus formidable événement de notre temps moderne, une sorte de "bombe nucléaire de notre psychologie collective"."
"Ensuite, le 14 octobre 2009 ("Notes sur l'avenir des USA"), - également de 2009 parce que la crise boursière de 2008-2009 nous avait paru être le dernier avatar contrôlé par des réflexes pavloviens des cerveaux reptiliens de Wall Street pour sauver l'américanisme et le Système, - nous décrivions plus en détails cette force fantastique parvenue à son apex pour maintenir en vain l'artifice suprême, force fournie par la communication et d'une telle ampleur, semblable à la force hydraulique d'un barrage géant ou à l'énergie cinétique d'un missile hypersonique heurtant sa cible à Mach 12 : "
"Nous l'avons déjà écrit et nous le répétons avec force : il ne peut y avoir, aujourd'hui, d'événements plus important pour la situation du monde qu'une dynamique de dislocation des USA. Nous pensons que la crise actuelle est à la fois, et contradictoirement, formidablement amplifiée et formidablement bloquée dans sa compréhension par la puissance de la communication. Ce phénomène ne cesse de dramatiser et d'attiser les conditions de la crise tout en renforçant la pression du conformisme de la pensée dominante pour ne pas mettre en cause les éléments qui sont les fondements de cette crise."L'un des fondements est psychologique, avec le phénomène de fascination - à nouveau ce mot - pour l'attraction exercée sur les esprits par le"modèle américaniste", qui est en fait la représentation à la fois symbolique et onirique de la modernité. C'est cela qui est résumé sous l'expression populaire mais très substantivée de American Dream. Cette représentation donnée comme seule issue possible de notre civilisation (le facteur dit TINA, pour"There Is No Alternative") infecte la plupart des élites en place; elle représente un verrou d'une puissance inouïe, qui complète d'une façon tragique la"fascination de l'américanisme pour sa propre destinée catastrophique", pour former une situation totalement bloquée empêchant de chercher une autre voie tout en dégringolant vers la catastrophe. La fin de l'American Dream, qui interviendrait avec un processus de parcellisation de l'Amérique, constituerait un facteur décisif pour débloquer notre perception, à la fois des conditions de la crise, de la gravité ontologique de la crise et de la nécessité de tenter de chercher une autre voie pour la civilisation - ou, plus radicalement, une autre civilisation."
"Après cela, après cette explosion nucléaire, nous aborderions, ou nous aborderons sur une terra incognita, venus à bout du ' Kali Yuga' de la fin du cycle. Comment savoir la place qu'y occupera l'Europe ?"
L'Europe précède tout cela
... Cette dernière question, venue de l'obscurantisme d'octobre 2009, est totalement inutile sinon déplacée puisque, comme le disent nos linguistes de plateau, "elle fait le job". L'Europe a précédé tout le monde en s'offrant, la première, comme une fille qui espère encore servir malgré son corps dissolu et chaotique, à l'holocauste fondamental de tous les principes et fondements de cette chose que l'on a encore le courage et l'entrain de nommer "civilisation".
Alors, certes et sans attendre, nous revenons à Alastair Crooke et à son texte sur 'UNZ.com' du 16 mai 2026.